La municipalité de Pontiac a déclenché ses mesures d’urgence, vendredi, devant la hausse du niveau de la rivière Outaouais.

Inondations: Pontiac déclenche les mesures d'urgence

Face à la hausse prévue du niveau de l’eau de la rivière des Outaouais, qui pourrait augmenter de plus de 55 cm d’ici les cinq prochains jours, la municipalité de Pontiac a déclenché vendredi son plan de mesures d’urgence.

La mairesse Joanne Labadie et le coordonnateur des mesures d’urgence, Benedikt Kuhn, ont pris cette décision au terme d’une rencontre avec le comité consultatif de sécurité civile.

La municipalité durement affectée par les inondations du printemps 2017 affirme que selon les données fournies par la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais, le niveau de la rivière devrait grimper de 30 centimètres d’ici dimanche.

On estime que le sommet de la crue printanière devrait être atteint le 9 mai alors que le niveau de l’eau devrait être à 59,95 mètres au-dessus du niveau de la mer. 

Si le tout se concrétise, il s’agirait alors d’un seuil semblable à celui de la crue printanière d’avril 2017, moment où le niveau d’eau avait atteint 59,91 mètres. Par contre, de telles données sont encore bien loin du sommet franchi en mai dernier, soit 60,44 mètres. 

En guise de prévention, des sacs de sable seront à la disposition des résidents des rues Bélisle, Bergeron, Bord-de-l’eau, Dion, Frazer, du Ruisseau, Saphir et Vieille pompe, de 16 h à 20 h vendredi à l’hôtel de ville. 

Du sable sera également disponible pour les citoyens à compter de 17 h vendredi à l’hôtel de ville, de même qu’aux intersections des rues Stanley et River ainsi que Vieille pompe et Dollard.

La distribution se poursuivra tout au long du week-end, de 10 h à 16 h les deux jours. 

La mairesse, qui affirme que ces mesures sont d’abord et avant tout préventives, précise que 10 000 sacs supplémentaires sont disponibles en cas de besoin.

« Il y a quelques secteurs inondables, c’est certain, car il s’agit d’une zone 0-2 ans. Nous nous sommes dit qu’avec la fin de semaine, alors que les gens ne travaillent pas, c’est le temps idéal pour eux de protéger leur maison s’ils le souhaitent. Mais il n’y a pas de comparaison à faire avec l’an dernier. D’un autre côté, on comprend bien que la situation est encore difficile pour plusieurs citoyens. Les plaies ne sont pas toutes guéries. Les événements de l’an passé ont eu des impacts psychologiques et les dossiers de plusieurs sinistrés ne sont pas encore réglés avec le ministère », dit-elle, ajoutant qu’une soixantaine de maisons ont été condamnées à la démolition. 

Mme Labadie indique par ailleurs que le post mortem au sujet de la gestion des inondations du printemps 2017 aura lieu le 11 mai. L’ex-maire de Chelsea et expert en changement organisationnel et planification stratégique, Jean Perras, a conseillé la municipalité dans ce processus. 

Statu quo à Gatineau et Ottawa

Par ailleurs, la situation est relativement stable autant à Gatineau qu’à Ottawa, où le niveau d’eau a légèrement haussé sans toutefois susciter d’inquiétude pour l’instant.

« C’est une crue qu’on observe chaque printemps, qui se compare aux autres années, exception faite de l’an dernier bien sûr », de dire Hélène Lachance, porte-parole au service de communications de la Ville de Gatineau.

À l’endroit le plus étroitement surveillé depuis le début de la semaine, soit à la hauteur du parc Britannia, l’eau atteignait vendredi après-midi 59,43 mètres au-dessus du niveau de la mer, dépassant donc le seuil d’inondation mineure (59,42 m). 

Des sacs de sable sont toujours à la disposition des citoyens riverains.