Au début du printemps, les réservoirs sont vides et peuvent accumuler les apports en eau de la crue printanière.

Inondations de 2017 et 2019: la gestion des réservoirs n’est pas en cause, selon les autorités

Hydro-Québec et la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais (CPRRO) maintiennent que la gestion des réservoirs le long des rivières en Outaouais a été faite selon les règles aux printemps de 2017 et de 2019, et que les quantités d’eau exceptionnelles causées par les précipitations importantes et la fonte des neiges sont à l’origine des inondations records qu’a connues l’Outaouais ces deux années.

De nombreux sinistrés des crues printanières se sont présentés dans un hôtel de Gatineau mercredi soir pour assister à une session d’information sur la gestion des débits d’eau et des réservoirs. Une vidéo explicative d’une dizaine de minutes était diffusée, et les gens pouvaient ensuite discuter avec des experts d’Hydro-Québec, de la CPRRO et du ministère de l’Environnement.

Il existe 13 principaux réservoirs sur le bassin versant de la rivière des Outaouais qui permettent de contrôler en partie les apports en eau. Des quantités d’eau exceptionnelles comme en 1974, 1976, 2017 et 2019 limitent la possibilité de contrôler les inondations, a-t-on précisé. Et seulement 40 % de la superficie du bassin de la rivière des Outaouais peut être contrôlée par les principaux réservoirs.

Au début du printemps, les réservoirs sont vides et peuvent accumuler les apports en eau de la crue printanière. Pierre-Marc Rondeau, ingénieur à la planification de la production chez Hydro-Québec, a toutefois rappelé qu’il y a eu des quantités énormes d’eau à gérer aux printemps 2017 et 2019.

« Pour nous, ça n’a pas été un enjeu associé à la gestion des réservoirs, mais plutôt une crue qui a été malheureusement exceptionnelle », a-t-il fait valoir.

Même son de cloche du côté de la CPRRO. « Lorsque l’apport en eau de la fonte des neiges avec les précipitations de pluie est énorme, c’est impossible d’empêcher les inondations. C’est la mauvaise nouvelle. C’était la mauvaise nouvelle en 2017, ça s’est répété en 2019. Le travail au niveau de la gestion des réservoirs s’est bien fait », a assuré Manon Lalonde, ingénieure en chef à la CPRRO.

Rappelons que des élus à Gatineau et à Ottawa ont exprimé le souhait de voir une enquête indépendante sur la gestion des réservoirs et des barrages hydroélectriques lors des inondations printanières.

Une sinistrée du boulevard Hurtubise n’était pas convaincue des explications à sa sortie de la soirée d’information.

« J’aimerais qu’ils gèrent les barrages comme du monde. Qu’ils prennent des actions, pas seulement faire de la prévention », a-t-elle suggéré.

Un autre citoyen qui a assisté à l’événement croit que d’autres mesures devront être prises par les autorités.

« Les barrages ont la fonction primordiale de fournir de l’électricité aux Québécois à un coût moindre. Si ça commence à affecter la qualité de vie des Québécois, il faudra que les barrages aient une autre vocation, ce qui implique de modifier les structures. Ce qu’on nous dit ici n’est pas que les barrages seront modifiés, mais qu’on fera le mieux qu’on peut avec ce que l’on a. Mais si ça se répète fréquemment, il faudra que les barrages aient une deuxième mission, soit de protéger les gens des inondations. Et ça, ça veut dire, j’imagine, des investissements majeurs en infrastructure de barrage », a indiqué l’homme.

Une autre soirée d’information a lieu jeudi à compter de 18 h à la salle communautaire d’Angers.