Un convoi d’Albertains et d’autres citoyens de l’ouest en colère est arrivé sur la colline du Parlement mardi.

Importante manifestation de camionneurs pro-oléoduc au centre-ville d'Ottawa

Un convoi d’Albertains et d’autres citoyens de l’ouest en colère est arrivé sur la colline du Parlement mardi pour protester contre les politiques énergétiques et environnementales du gouvernement Trudeau.

Les manifestants étaient estimés entre « 400 et 500 personnes », selon les forces policières. Nombre d’entre eux portaient le fameux gilet jaune fluorescent, et quelques-uns portaient des casquettes barrées du texte : « Make Canada Great Again » (rendons au Canada sa grandeur), en référence au slogan du président américain.

Certains étaient arrivés sur la colline parlementaire à bord d’une centaine de camions et de pick-ups, klaxonnant à tue-tête.

Le convoi de véhicules « United We Roll » s’était ébranlé à Red Deer, en Alberta, il y a cinq jours, à la Saint-Valentin. Il s’est dirigé vers l’est pendant quatre jours, avec des arrêts sporadiques pour des manifestations.

« Tout au long du chemin, tout le monde nous aidait, nous nourrissait, on a été très soutenu », s’est félicité l’un des participants, Dwayne Patton, 60 ans et propriétaire d’une petite compagnie pétrolière « qui souffre » en Alberta. Cette province est assise sur la troisième réserve de pétrole de la planète, mais pâtit des cours modérés du baril.

Les manifestants demandent que davantage d’oléoducs soient construits pour résoudre l’engorgement actuel des pipelines canadiens, et ainsi relancer les cours de l’or noir. Ils réclament également que le gouvernement libéral de Justin Trudeau supprime la « taxe sur le carbone » et abandonne deux projets de loi présentement à l’étude au Parlement : le premier resserrerait les évaluations environnementales de projets énergétiques, et le second interdirait le passage de pétroliers au large de la côte nord de la Colombie-Britannique.

« Nous sommes fatigués que notre secteur énergétique ne soit pas pris au sérieux », a expliqué à Glen Carritt, l’un des organisateurs du convoi de camions.

Les revendications des manifestants incluent également un renforcement des frontières et la réduction de l’immigration au Canada.

« Je ne me sens pas en sécurité avec la manière avec laquelle le gouvernement gère les frontières en ce moment, c’est mauvais », a dit Butch Shaw, cinquantenaire originaire de l’Alberta. Propriétaire d’une petite entreprise de Stony Plain, aussi en Alberta, Jerry Fetting, a expliqué mardi qu’il avait été durement frappé par la chute des prix du pétrole ces dernières années.

Venu leur apporter son soutien, le chef de l’opposition conservatrice Andrew Scheer leur a promis de « se battre » pour construire davantage d’oléoducs, ainsi que « pour leur redonner du travail », s’il est élu premier ministre en octobre. Selon les derniers sondages, M. Scheer a une légère avance devant M. Trudeau.

Les manifestants demandent que davantage d’oléoducs soient construits pour résoudre l’engorgement actuel des pipelines canadiens, et ainsi relancer les cours de l’or noir.

Le maître de cérémonie, Ron Barr, a répété à maintes reprises à la foule, mardi matin, de laisser les journalistes faire leur travail, en leur disant qu’ils essayaient simplement de rapporter la nouvelle.

Un cordon de policiers séparait ces pro-pétrole d’une cinquantaine de contre-manifestants. « Il existe des alternatives énergétiques, le pétrole est une matière première sans avenir », a déclaré Crystal Samaganis, autochtone venu de la Saskatchewan.

Le convoi a attiré un temps des éléments d’extrême-droite. Glen Carritt avait d’abord nommé son groupe le « convoi des gilets jaunes », mais il s’est ravisé lorsque son mouvement a été lié à des gens propageant de la haine envers les musulmans et les immigrants. Les appels à se mobiliser pour ce convoi s’étaient multipliés depuis le début de l’année sur les groupes Facebook des « gilets jaunes » canadiens. L’un d’eux, « Yellow Vests Canada » compte plus de 100 000 membres.

Les gilets jaunes fluorescents sont devenus le symbole d’une fronde sociale qui agite la France depuis plus de trois mois et qui a désormais essaimé à l’étranger.

Les camionneurs seront de retour sur la colline parlementaire, mercredi, à compter de 11 h. Ils comptent quitter la capitale vers 15 h 30, au début de l’heure de pointe. 

Avec Agence France-Presse