Il y a dix ans, le Blackout

Philippe Orfali
Philippe Orfali
Le Droit
Il y a dix ans aujourd'hui, le Blackout. Le 14 août 2003, près de 50 millions de personnes - plus de neuf millions en Ontario - étaient plongés dans le noir, affectés par une panne d'électricité sans précédent en Amérique du Nord.
L'Ontario ainsi que les états de l'Ohio, du Michigan, de la Pennsylvanie, de New York, du Vermont, du Massachusetts, du Connecticut et du New Jersey ont tous été affectés par la panne. 
Dans la région d'Ottawa-Gatineau, alors que la capitale était paralysée par l'incident, tout se déroulait comme à l'habitude, dans la ville voisine. 
«Des erreurs humaines, des défaillances des équipements et un manque de contrôle sont à l'origine de la panne», résume le ministère de la Sécurité publique du Canada, dans un bilan dressé au sujet de la panne monstre. 
Un contact entre des lignes de transmission affaissées et des arbres non élagués auraient déclenché cette défaillance.
La panne a commencé quelques minutes après 16 h, le 14 août 2003, privant d'électricité pendant quatre jours certaines parties des États-Unis. En Ontario, le service fut rétabli en moins de deux jours. Deux chaudes journées d'été pendant lesquelles les hôpitaux et les autres services d'urgence ont dû multiplier les efforts afin de répondre à la demande.
Le retour à la normale de l'alimentation électrique pour tous les clients de l'Ontario a été atteint le 22 août. 
Les estimations des coûts totaux que la panne a engendrés aux États-Unis se situent entre 4 et 10 milliards $. 
Au Canada, le produit intérieur brut a baissé de 0,7 % en août, il y a eu une perte nette de 18,9 millions d'heures de travail et les livraisons du secteur manufacturier de l'Ontario ont baissé de 2,3 milliards $.
LeDroit, comme une majorité d'entreprises ottaviennes, avait lui aussi été durement affecté par la panne. Le 15 août, le quotidien de la rue Clarence titre: «Le chaos dans le noir».
Tous les scénarios avaient été envisagés pour produire cette édition matinale. En fin de compte, la direction du journal avait convenu qu'il était impossible de produire une édition normale. «On a même songé sauter une édition. Pour quelques instants seulement», explique Marc André Joannisse, alors chef des nouvelles, dans une note au lecteur.
«Ne restait plus qu'une édition spéciale. Vraiment spéciale. Sans publicité. Sans éditorial. Sans tribune libre.»
Le journal était parvenu à effectuer la mise en page grâce à deux génératrices trouvées à Gatineau.