Les femmes de l’ombre

Joanne Desjardins et Claude Simard, employées du Droit depuis plus de 30 ans.

Derrière les journalistes, les photographes, les webmestres et les cadres du Droit se cachent des piliers indispensables, ces femmes sans qui rien ne va plus.


«J’aime être capable d’être touche-à-tout. Je ne sais pas si c’est mon côté “germaine“, mais j’aime pouvoir mettre mon grain de sel [rires]», a lancé à la blague Claude Simard, employée du Droit depuis pas moins de 34 ans.

Adjointe à la direction générale, Claude Simard a mis les pieds au Droit en 1989, alors qu’elle n’avait que 19 ans.

Claude Simard a mis les pieds au Droit en 1989, alors qu’elle n’avait que 18 ans. Elle était affectée à temps partiel aux annonces classées comme boulot étudiant.



Dans les dernières années, les idéologies ont beaucoup changé. Et la directrice générale, Sylvie Charette, et la rédactrice en chef, Marie Claude Lortie, prônent la place des femmes et la diversité.

—  Claude Simard

Mme Simard ne se dirigeait pas du tout dans une carrière dans le monde des médias. Après avoir étudié au Cégep en sciences pures, puis à l’université en physique pendant un an, elle a étudié en technologies du génie mécanique au collège La Cité. «Alors les annonces classées du Droit, ce n’était pas mon but de carrière [rires]. Ça n’avait aucun rapport, c’était un travail le temps que j’étais aux études. Je suis rentrée ici et je me suis dit que je ne resterais pas longtemps.»

La pieuvre

Mais qu’à cela ne tienne, son poste à temps partiel s’est transformé en emploi à temps complet. En 1996, elle a œuvré au sein du service fusionné des abonnements et services à la clientèle, avant d’être gestionnaire aux abonnements jusqu’en 2012.

Par la suite, son poste d’adjointe au président s’est transformé en adjointe à la direction générale lors de la formation des Coops de l’information. «Les ressources humaines du Droit, c’est moi. Si tu ne sais pas quelque chose, le réflexe c’est “je vais demander à Claude“. Je fais le travail de ressources humaines, de secrétariat, d’adjointe, ce que la direction n’a pas le temps de faire. Je crois que je suis la mémoire du journal [rires].»

Et encore, à ce jour, elle est comme «la pieuvre» du journal. «C’est un peu dans ma nature. Chez moi, tout le monde doit être dans sa case pour que je sois bien. Ici, il y a beaucoup de cases [rires]. J’ai une patte partout. Il y a beaucoup de choses que je fais que je me dis personne d’autre ne sait c’est où ou comment faire ça. Ce qui n’est pas le travail officiel de personne, ça tombe dans ma cour.»



La reine du service client

Depuis près de 35 ans, les abonnés sont traités aux petits oignons. Tout ça grâce à la reine du tirage, Joanne Desjardins.

«J’ai fait tous les postes qu’il y avait au service des abonnements, à part le poste de directeur et de directeur adjoint, explique-t-elle. Pour moi, Le Droit c’était prestigieux. J’ai été élevée par ma grand-mère et elle me disait ‘tu as eu une job au Droit, c’est quelque chose!’ Je suis rentrée au Droit à 19 ans, je ne me voyais pas travailler ailleurs. Je voulais terminer ma carrière au Droit.»

Joanne Desjardins

La gestion des plaintes et le service à la clientèle, ça a toujours été son dada. «Les opportunités je les ai toujours prises, je voulais toujours apprendre plus.»

Passée maître dans la gestion des abonnements papier du samedi, de la distribution, des distributeurs, des dépositaires, etc., elle a au fil du temps su s’adapter à la nouvelle réalité des abonnements numériques, depuis leur mise sur pied. «J’ai toujours été une fille rattachée à l’abonnement papier. Là, j’ai évolué, je suis dans un autre environnement.»

Je suis rentrée au Droit à 19 ans, je ne me voyais pas travailler ailleurs. Je voulais terminer ma carrière au Droit.

—  Joanne Desjardins

Ces changements ont d’ailleurs été nécessaires pour la santé du Droit, soutient Joanne Desjardins, qui croit s’être bien adaptée. «On n’avait pas le choix de les faire ces changements, sinon on ne serait plus là», souligne-t-elle, non sans avoir une pensée pour les abonnés de longue date qui perdront leur journal papier à la fin de l’année. «Je pense aussi que les gens sont rendus là.»

Les femmes du Droit

En tant que femme qui a évolué dans un milieu plus masculin, Claude Simard avoue avoir senti un vent de changement au Droit, depuis les cinq dernières années. «On a une rédactrice en chef et une directrice générale, chose qu’on n’avait pas avant. Avant, les promotions en ressources humaines, ça ils laissent ça aux femmes. Mais les autres postes de gestion c’était un milieu d’hommes. Dans les dernières années, les idéologies ont beaucoup changé. Et la directrice générale, Sylvie Charette, et la rédactrice en chef, Marie Claude Lortie, prônent la place des femmes et la diversité.»



La présence de plus en plus accrue de femmes dans le milieu apporte un certain équilibre, croit-elle. «Je pense que les femmes apportent une mentalité différente.»

Mais avant tout, ce qui a permis au Droit de souffler 110 bougies, de rester debout contre vents et marées, c’est l’équipe qui compose le quotidien, croit Joanne Desjardins. «Malgré la faillite, malgré les changements de propriétaire, malgré tout, on a toujours été une bonne équipe, on s’est toujours tenus serrés, affirme-t-elle. Je pense que ça a clairement pesé dans la balance. On s’est toujours soutenus, que ce soit l’équipe de la pub, les journalistes, l’équipe aux abonnements. Même aujourd’hui, je ne sais pas si c’est l’effet Coop, mais je nous trouve plus unis que jamais. On s’est toujours relevé les manches et on s’est toujours dit qu’on était capables de passer à travers les épreuves.»