Le commissaire de police de New York John A. Leach, à droite, regarde des agents en train de vider des barils d’alcool lors d’une descente au moment le plus fort de la prohibition, au début des années 1920.
Le commissaire de police de New York John A. Leach, à droite, regarde des agents en train de vider des barils d’alcool lors d’une descente au moment le plus fort de la prohibition, au début des années 1920.

Il y a 100 ans, la prohibition: tu seras bootlegger, mon fils 

Jean-Simon Gagné
Jean-Simon Gagné
Le Soleil
Il y a 100 ans, un spectre hante l’Amérique du Nord : celui de l’alcool. Les uns après les autres, tous les États du continent interdisent la boisson maudite. Tous? Non! Car dans le nord, le Québec résiste encore et toujours à la prohibition. Une véritable aubaine pour les contrebandiers, qui font de la «Belle Province» leur base arrière. Suivez-nous sur les chemins oubliés de la prohibition, où nous croiserons des célébrités comme Conrad le «tsar» Labelle, Lilian Miner, alias «Queen Lilly», et bien sûr, le plus redoutable de tous, le gangster Al Capone.

17 janvier 1920. À minuit pile, la prohibition triomphe aux États-Unis. L’alcool est interdit. Partout. L’Amérique «sèche» [Dry] jubile. À Norfolk, en Virginie, 10 000 personnes en liesse acclament le prêcheur Billy Sunday, l’une des figures de proue du mouvement anti-alcool. Même à jeun, l’orateur semble plus euphorique qu’un garçon de cinq ans ayant respiré une bonbonne d’hélium au complet. «Le Mal est vaincu, assure-t-il. Les bidonvilles appartiendront bientôt au passé. Les prisons seront transformées en usines. L’Enfer deviendra un désert. Il restera à louer pour toujours...»(1)

Juste avant l’heure fatidique, l’Amérique des buveurs ressemble à une armée en déroute. Dans les grandes villes, les bars vendent leurs derniers verres de bière ou de whisky sur le trottoir, à des prix ridicules. En Californie, dans la vallée de Napa, des cultivateurs arrachent leurs vignes, pour les remplacer par des arbres fruitiers jugés moins «subversifs». À Pittsburgh, les librairies retirent des tablettes les livres qui contiennent des passages sur la fabrication de l’alcool ou qui font l’apologie des beuveries.(2)

On dira que l’entrée en vigueur de la Prohibition est annoncée depuis des mois. Les plus riches ont fait des provisions, d’autant que la loi permet de conserver l’alcool acheté avant le 17 janvier 1920. Joseph Kennedy, le père du futur président, a vendu les stocks du magasin familial. Mais pas avant de se réserver plusieurs milliers de bouteilles de vin et de whisky, qu’il fait entreposer chez lui. Monsieur pourra tenir 10 ans. Peut-être plus…

Ici et là, des farceurs font jouer une chanson populaire intitulée «Je ne savais pas que j’avais une épouse merveilleuse jusqu’à ce que la ville devienne sèche. [I Never Knew I Had a Wonderful Wife Until the Town Went Dry](3) Pour écouter la chanson: ici

Sur cette photo datant de 1929, des policiers déchargent d’un camion des caisses de whiskey identifiées comme des tomates vertes, à Washington.

Une mine d’or

En ce mois de janvier 1920, rien ne semble arrêter la marche triomphale de la prohibition en Amérique du Nord. Les États-Unis ne sont pas les seuls à s’imposer un régime sec. Au Canada, toutes les provinces ont banni l’alcool ou s’apprêtent à le faire.(4) Seul le Québec fait bande à part.(5) Et encore, ça se discute. Environ 90 % des municipalités québécoises interdisent l’alcool sur leur territoire. C’est le cas de Lévis, par exemple. Mais il est vrai que les citoyens n’ont qu’à traverser le fleuve pour aller boire à Québec, où l’alcool coule à flots.

Derrière son triomphe, la prohibition est pourtant un colosse aux pieds d’argile. Le 17 janvier, deux heures à peine après son entrée en vigueur, les premiers camions de contrebandiers sont arrêtés, quelque part dans l’Illinois.(6) Ceux-là ne sont que l’avant-garde. D’autres, bien plus nombreux, vont suivre. Très vite, le commerce illégal d’alcool va devenir un torrent, une vague, un tsunami qui submergera le continent.

Le 20 janvier 1920, quelques jours après le début de la prohibition aux États-Unis, Le Soleil donne déjà un aperçu des profits faramineux qui s’offrent aux contrebandiers, surnommés les «bootleggers». À Québec, un litre de whisky de contrebande coûte environ 1,28 $. Rendu à Detroit, sa valeur passe à 4,40 $, voire à 7,04 $ le litre.(7) Nul besoin de détenir un diplôme en comptabilité pour faire le calcul. La contrebande d’alcool devient une vraie mine d’or.

Moi, Conrad Labelle, tsar de la contrebande

Conrad Labelle fait partie de ceux qui tentent l’aventure. En 1920, Labelle est propriétaire d’une pâtisserie à Champlain, dans l’État de New York. Durant ses livraisons, il remarque des automobiles chargées d’alcool qui franchissent la frontière. Monsieur va bientôt les imiter. À sa manière. Pour éviter les ennuis, il roule à 130 km/h sur des routes forestières à peine carrossables. Il fait aussi remplacer le parechoc de sa voiture par un rail de chemin de fer, pour mieux foncer dans le tas...

Les rares douaniers ne peuvent pas le rattraper. Surtout que des complices de Labelle dégonflent les pneus de leur voiture dès qu’ils ont le dos tourné.

«Les officiers des douanes de Rouses Point [dans l’État de New York] me poursuivaient sans arrêt, expliquera Labelle, dans une entrevue au magazine Perspectives. Pour mieux me protéger, j’ai acheté une Cadillac et j’ai fait blinder le réservoir d’une plaque d’acier. Quand ils déchargeaient leurs revolvers dans mon réservoir, ils s’imaginaient que j’étais pour m’arrêter à 100 pieds de là, mais moi je ne m’occupais pas de ça. Je continuais! Ils ne comprenaient pas ce qui se passait!»(8)

Pour Labelle, le point tournant survient en 1922. Près de Lacolle, des douaniers acceptent de fermer les yeux durant une heure, tous les jours. En échange, on leur remet 1000 $ par jour, l’équivalent de 15 000 $ en argent d’aujourd’hui. La seule exception, c’est le samedi. Ce jour-là, les contrebandiers prennent congé parce que les douaniers doivent faire semblant de travailler. Il faut bien sauver les apparences.(9)

Soudain, le «tsar» Labelle nage dans l’argent. Chaque nuit, il récolte l’équivalent d’un million $ en argent d’aujourd’hui. Devenu célèbre, Monsieur côtoie les célébrités. En 1922, c’est lui qui fournit le champagne et le whisky lors d’un bal donné à Plattsburgh en l’honneur du président américain, Warren Harding. Labelle est invité à la table d’honneur. Un grand moment pour celui persiste à se considérer comme un «petit»!(10)

Dix ans plus tard, Conrad Labelle aura tout perdu. Mais ça ne l’empêchera de mener une vie bien remplie. Ni d’atteindre l’âge vénérable de 98 ans. Jusqu’au bout, il répétera qu’il ne regrette rien. À l’image du sportif britannique qui disait : «J’ai dépensé beaucoup d’argent pour l’alcool, les femmes et les voitures de luxe. Le reste, je l’ai gaspillé».

Bienvenue au Palais du Péché

On raconte qu’avant même l’entrée en vigueur de la prohibition, de grandes quantités d’alcool avaient déjà été stockées dans les forêts du Maine. La frontière entre les États-Unis et le Québec est immense. Mal gardée. À la blague, on dit qu’il est plus difficile de trouver un poste-frontière que de passer à côté, par un petit chemin. Dès le mois d’avril 1920, les États-Unis estiment que 90 % de l’alcool saisi dans les États de la Nouvelle-Angleterre provient du Québec.10

Dans les Cantons-de-l’Est, la proximité de la frontière simplifie les choses. Le plus célèbre bordel de l’époque, le Palace of Sin [Palais du péché], est situé près de Sutton, à cheval sur la frontière avec le Vermont. Sa propriétaire, Lilian Miner, alias Queen Lilly, est connue jusqu’à Boston! Dès que la police débarque, la distinguée clientèle se déplace du côté québécois de l’établissement, pour siroter son verre en toute légalité!(11)

L’imagination des contrebandiers ne connaît pas de limite. On signale de l’alcool caché dans des calorifères de train. Ou dans de faux réservoirs d’essence. À East Hereford, des bootleggers utilisent une corde à linge passant au-dessus de la rivière Hall, qui sert de frontière entre le Canada et les États-Unis.(12) Pour ceux qui traversent la frontière à pied, on conseille le soulier avec des semelles imitant l’empreinte des sabots d’une vache. Idéal pour brouiller les pistes.

Selon l’historien consultant Laurent Busseau, les plus organisés préfèrent le passage en force, à bord d’un véhicule circulant à vive allure. «Au besoin, ils ajoutent une substance dans l’essence, pour laisser derrière eux une fumée très dense, qui rend les poursuites difficiles, explique-t-il. La fumée produit un peu le même effet que les gaz lacrymogènes.»(13)

Même les animaux sont mis à contribution. Selon la Société d’histoire de Coaticook, les contrebandiers achètent des chevaux aux États-Unis et ils les amènent du côté québécois de la frontière pour les atteler à une charrette remplie d’alcool. On sait que les vieux chevaux retrouvent eux-mêmes le chemin de la maison. Pas besoin de conducteur. Si, par malheur, l’attelage est saisi par les douaniers, les contrebandiers se consolent. La plupart du temps, ils rachètent les chevaux un peu plus tard, lors d’un encan public!(14)

La vie est une très longue partie de poker

Au début, les contrebandiers sont peu organisés. Souvent, il s’agit de cultivateurs qui ont transformé leur surplus de patates en «whisky blanc», grâce à un alambic de fortune.(15) Dans le Bas-Saint-Laurent, un ferblantier célèbre réussit à fabriquer 300 alambics au cours d’un hiver!(16) Il va sans dire que l’alcool produit se révèle d’une qualité variable. On le rebaptise parfois le «vernis de cercueil»...

Avec le temps, les grandes structures criminelles s’emparent du marché. Le crime s’organise. Au Québec, chaque région possède son roi de la contrebande. Dans l’est, on se souvient des exploits d’Alfred Lévesque, du village de Rivière-Bleue, près de la frontière avec le Maine. Monsieur est le spécialiste des caches secrètes et des tunnels. Au faîte de sa gloire, on raconte qu’il dirigeait 800 employés, à la tête d’une organisation possédant une flotte de 500 voitures. Sans oublier trois goélettes...(17)

Mine de rien, on retrouve un bootlegger québécois jusque dans l’entourage d’Al Capone, le plus célèbre criminel de l’époque. Né à Lévis, Paul Lafrenais, alias «Frenchie», se fait remarquer par sa débrouillardise. Il propose notamment que les camions de livraison d’alcool clandestin portent les noms d’entreprises ou de produits «inoffensifs». Grâce à lui, des véhicules annonçant «une boulangerie, des services de plomberie ou du Ginger Ale» sillonnent les rues de Chicago, chargés de cargaisons de whisky et de bière.(18)

Paul Lafrenais expliquera qu’Al Capone, «c’était […] le rêve américain personnifié, la seule loterie qui pouvait un jour vous sortir de la misère d’une vie, cette misère considérée comme normale par le gouvernement, l’Église et les autres institutions». Mais il découvrira que la vie de criminel n’est pas de tout repos. «Frenchie» reviendra chez lui l’esprit hanté par le souvenir de crimes atroces.

Il n’oubliera jamais le soir où il a vu un Noir se faire écorcher vivant sous ses yeux...

«La vie n’est rien d’autre qu’une très longue partie de poker, philosophe Lafrenais. Le seul avantage, c’est que tu peux aller pisser quand tu veux.»

Souliers avec semelles imitant des traces de pas de vache.

L’entrepôt de l’Amérique

À partir de 1922, le petit archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon, au milieu du golfe du Saint-Laurent, devient une plaque tournante de la contrebande. On le surnomme «l’entrepôt d’alcool de l’Amérique du Nord». Là-bas, en territoire français, la prohibition n’existe pas. Les contrebandiers peuvent venir chercher l’alcool importé légalement de l’Europe, du Canada ou des Caraïbes. Le bar est ouvert. Gin et whisky du Canada? Champagne et Cognac de France? Scotch écossais? Rhum des Antilles? Vin de Bordeaux?(19)

Les États-Unis protestent. Ils exigent que la France intervienne. Le trafic saute aux yeux, for God’s sake! Des centaines de goélettes suspectes sont amarrées dans le port. Les entrepôts poussent comme des champignons. Des millions de caisses d’alcool se promènent. Des importateurs se sont même construit une villa avec le seul bois des caisses de whisky! 

Le gouvernement français laisse traîner. Au début des années 20, les importations d’alcool à Saint-Pierre rapportent des centaines de millions de francs par année au trésor de la République, ruinée par la Première Guerre mondiale. Pas question de tuer la poule aux œufs d’or. On dit que le président Alexandre Millerand s’informe discrètement des résultats du commerce dans son lointain archipel des Amériques...(20) 

Pour les habitants pauvres de l’archipel, la contrebande constitue une manne inespérée. Le «temps béni de la fraude», diront-ils. Plusieurs se risquent à bord de vedettes rapides pour livrer les cargaisons au large des États-Unis ou sur les rives du Saint-Laurent. En 1925, le gangster Al Capone débarque en personne. À Chicago, Capone est un tueur. Ici, c’est un gentleman. Avec lui, on fête toute la nuit. Grands seigneurs, Mister Capone et ses gardes du corps refusent de dévaliser la trésorerie locale!(21)

Quand la prohibition est abolie, le 5 décembre 1933, on raconte que les drapeaux de Saint-pierre auraient été placés en berne! On veut bien le croire.

Finie la bagosse

Au Québec, la prohibition totale n’est jamais instaurée. L’Église n’aime pas l’alcool, mais elle voit la prohibition comme un projet étranger. Une affaire de protestants. Pour sa part, le gouvernement ne veut pas renoncer aux taxes. En dehors des transferts plus ou moins fiables d’Ottawa, cela représente jusqu’à 25 % de ses revenus! Entre nous, le Québec se fiche un peu qu’une partie de son alcool se retrouve aux États-Unis, du moment que les droits et les taxes sont payés.(22) 

En 1921, pour mettre un peu d’ordre, le Québec vote une loi créant la Commission des liqueurs, l’ancêtre de la Société des alcools. Dès lors, le gouvernement détient le monopole sur l’importation, la vente et la distribution. «La loi est assez avant-gardiste, explique l’historien Laurent Busseau. Elle s’inspire d’un modèle suédois. Bien sûr, elle n’empêche pas la propagande. Mais les revenus tirés de l’alcool deviennent la vache à lait du gouvernement. Dès la première année, cela représente plus d’un million $! Une somme considérable, pour l’époque.»(23)

Au passage, on note que la Loi crée aussi une police des liqueurs. Ses 35 agents, surnommés les «liqueurs», héritent d’une tâche gigantesque.(24) Avec le temps, on retrouve des caches d’alcool sur de nombreuses îles du Saint-Laurent. Les alambics se multiplient. Plusieurs n’ont rien à voir avec les petites fabriques de «bagosse» d’antan. En janvier 1931, à Mont­réal, on saisit une «usine» capable de produire 1300 litres d’alcool par jour.(25) Autant dire que la contrebande est passée à la vitesse supérieure. À certains endroits, pour livrer la marchandise, les bateaux des contrebandiers lancent sur la côte des torpilles remplies de whisky...

À travers le Québec, la prohibition produit des effets insoupçonnés. Bien sûr, il y a de la violence. Des règlements de compte entre bandes rivales. En 1928, le chef de police de Coaticook meurt au Vermont, dans des circonstances suspectes.(26) Mais on remarque aussi que de nombreux touristes américains prennent des vacances au Québec. Montréal devient une capitale du jazz, des bars et du jeu. Tout le monde connaît l’adresse d’une «barbotte», pour jouer aux dés. Les Américains qui veulent prendre un p’tit coup se rendent jusque dans Charlevoix, où l’on trouve encore de nos jours une «maison du bootlegger», près de La Malbaie.(27)

Lilian Miner, alias Queen Lilly, propriétaire du Palace of Sin, près de Sutton, est connue jusqu’à Boston

Épilogue: jamais sans mon alcool

Avec le recul, la Prohibition se révèle un échec retentissant. Une douche froide pour les idéalistes qui voulaient réinventer le monde. Non seulement la société n’est pas devenue plus vertueuse, mais la prohibition a surtout profité aux grands criminels. La corruption a explosé. L’enfer ne s’est pas transformé en désert, comme l’avait prédit le prêcheur Billy Sunday. Une fois de plus, il était pavé de bonnes intentions...

Au Canada, la plupart des provinces lèvent l’interdiction de l’alcool dès le milieu des années 20. la prohibition a coûté au gouvernement fédéral des centaines de millions $ en taxes. Du coup, il a même fallu envisager un impôt sur le revenu!(28) On constate que l’ampleur du commerce d’alcool avait été grossièrement sous-estimée. De 1924 à 1929, des cargaisons de whisky canadien totalisant plus de 100 millions $ sont exportées aux États-Unis, principalement via Saint-Pierre-et-Miquelon. Un milliard et demi en argent d’aujourd’hui.(29) 

Aux États-Unis, la prohibition perdure jusqu’en 1933. À la longue, elle se transforme en farce. Les bars clandestins poussent comme des champignons. Les exceptions à la loi sont exploitées au maximum. Beaucoup de buveurs se font prescrire de l’alcool pour des raisons médicales. Le cognac devient une «boisson remontante», vendue en pharmacie!(30) En 1932, lors d’un séjour aux États-Unis, le futur premier ministre britannique Winston Churchill obtient un billet du médecin l’autorisant à se procurer de l’alcool, «en particulier pour les repas».(31)

En 1929, lors d’une visite à New York, le maire de Berlin, Gustav Boess ne cache pas son étonnement en voyant l’alcool couler à flots, à tous les coins de rue. Le plus naïvement du monde, il demande à ses hôtes à quel moment la prohibition va entrer en vigueur. Un peu gênés, ces derniers lui expliquent que le régime sec existe depuis presque 10 ans!(28)

Une vieille blague résume à merveille la morale élastique de l’époque. Elle raconte l’histoire de deux copains qui marchent dans une rue de Chicago. Soudain, un voleur surgit en brandissant un revolver. Il veut tout leur argent.

À ce moment, l’un des hommes se tourne vers son copain et il lui tend un billet.

— Tiens, voilà le 20 $ que je t’avais emprunté...

Notes

(1) Daniel Okrent, Last Call : The Rise and the Fall of Prohibition, Simon & Schuster, 2010.

(2) «One Hundred Years Ago, “Dry January” Was the Law», Pittsburgh Post-Gazette, 16 janvier 2020.

(3) https://www.youtube.com/watch?v=2n4Ccr0Z--8

(4) Beer Wars, canadashistory.ca, 13 décembre 2016.

(5) L’île du Prince Edward bannit l’alcool depuis 1901. Entre 1916 et 1921, toutes les provinces et les territoires font de même.

(6) Daniel Okrent, Last Call : The Rise and the Fall of Prohibition, Simon & Schuster, 2010.

(7) «La boisson n’a pas encore fini de faire parler d’elle», Le Soleil, 20 janvier 1920.

(8) «Conrad Labelle, le gentleman-bootlegger de la Prohibition», Perpectives, 29 mars 1975.

(9) «Le roman vrai de Conrad Labelle», La Presse, 10 avril 1994.

(10) «La boisson de Québec en contrebande aux États-Unis», Le Soleil, 6 avril 1920.

(11) «Palace Of Sin» : le Palais des péchés sur la frontière québécoise 1910-1929, http://www.historien-sans-frontiere.com, 16 janvier 2017.

(12) «La prohibition décortiquée par deux passionnés d’histoire de Coaticook», Le Progrès de Coaticook, 20 mars 2019.

(13) «À la frontière de la prohibition», Le Devoir, 13 septembre 2013.

(14) «Cantons-de-l’Est : crimes et contrebande au temps de la prohibition», ICI Radio-Canada, 13 juin 2019.

(15) «De la patate à la Commission des liqueurs : histoire de boisson», La Tribune, 14 septembre 2015.

(16) «L’est du Québec et la contrebande d’alcool», Cap-aux-Diamants, numéro 28, hiver 1992.

(17) Le bootlegging au transcontinental, La vieille gare de Rivière bleue, 2020.

(18) Dan Gosselin, Frenchie : un Québécois dans le gang d’Al Capone, Les éditions de l’Homme, 2018.

(19) «Comment Al Capone a rapporté des millions de francs à l’État et aux armateurs bordelais», La Tribune, 14 mars 2019.

(20) Une histoire française de la prohibition [documentaire], Freddy Thomelin et Carl Carniato, 55 minutes, 2019. https://www.youtube.com/watch?v=Zt8mJSvBAIk

(21) «Ah! que la vie était belle sous le règne de ce bon monsieur Al Capone», Le Monde, 5 mars 1984.

(22) «À la frontière de la prohibition», Le Devoir, 13 septembre 2013.

(23) «Un siècle de finances publiques québécoises (1867-1969)», L’Actualité économique, Volume 64, numéro 4, décembre 1988.

(24) Les cahiers d’histoire : la police des liqueurs : 1921-1961, Volume 3, numéro 1, mai 2012.

(25) «Un alambic de 350 gallons saisi à Montréal», Le Soleil, 20 janvier 1931.

(26) «Cantons-de-l’Est : crimes et contrebande au temps de la prohibition», Ici Radio-Canada, 13 juin 2019.

(27) www.maisondubootlelegger.com

(28) «Il y a 100 ans, la prohibition», Associated Press, 18 janvier 2020.

(29) «L’affaire Bronfman, contrebandiers ou industriels de génie», La Presse, 6 décembre 1992.

(30) «Quand le cognac se paraît de vertus médicinales», Sud Ouest, 5 avril 2020.

(31) «S’hydrater à la bière de Washington ou à l’alcool médicinal de Churchill?», ActuaLitté, les univers du livre, 31 juillet 2019.

(32) «Prohibition : Unintended Consequences», Public Broadcasting Service (PNS), 2011.

Le gangster Al Capone en 1931

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LA PROHIBITION EN CINQ DATES

  • 29 septembre 1898

Plébiscite sur la prohibition de l’alcool au Canada. Toutes les provinces se prononcent en faveur de la prohibition, sauf le Québec, qui vote contre à plus de 81 %. Pour des raisons politiques, la prohibition ne sera pas instaurée. Mais de nombreuses municipalités vont interdire l’alcool sur leur territoire.

  • 10 avril 1919

Lors d’un référendum, les électeurs du Québec se prononcent à 78,6 % en faveur de la vente de bière, de vin et de cidre. Au Québec, la prohibition ne touchera que les spiritueux, durant une période d’environ deux ans.

  • 17 janvier 1920

La prohibition entre en vigueur aux États-Unis. Entre 1916 et 1921, l’alcool est aussi interdit dans toutes les provinces canadiennes, à l’exception du Québec. 

  • 1er mai 1920

Au Québec, le gouvernement adopte la Loi sur les boissons alcooliques. L’État se réserve le monopole sur l’importation, la vente et le transport de l’alcool. La loi prévoit aussi la création d’une police des liqueurs.

  • 5 décembre 1933

Aux États-Unis, la prohibition prend fin. Jean-Simon Gagné