L’Ottavienne Ruth Hurst a participé une sixième fois à la Course de l’Armée.

Honneur et famille à la Course de l’Armée [PHOTOS]

La Course de l’Armée du Canada permet, depuis 12 ans maintenant, de rendre hommage aux militaires canadiens. Pour l’ancienne militaire ottavienne Ruth Hurst, cet évènement, qui a eu lieu au Musée de la guerre dimanche, est synonyme d’honneur et de famille.

« C’est important pour moi d’être ici. C’est la sixième fois que je participe à l’évènement et chaque fois je le fais en l’honneur de ma famille. Mon père était lieutenant pour l’Aviation royale du Canada durant la Deuxième Guerre mondiale, malgré un handicap. Il est le premier pilote de guerre à piloter en ayant qu’un seul bras », détaille Mme Hurst pointant du doigt une vieille photo de son père. « Je le fais aussi pour ma fille qui est la troisième femme de l’histoire à devenir plongeuse pour la Marine royale du Canada. »

Mme Hurst poursuit en soulignant que c’est une tradition familiale de joindre les rangs de l’Armée canadienne. « Ça fait maintenant six générations que ma famille se joint à l’Armée. J’ai été moi-même médecin militaire pour un an. J’ai dû me retirer après un an, car je suis épileptique. Cette course est une belle occasion pour moi de continuer d’honorer la mémoire de ma famille qui s’est battue pour ce pays. »


« Ça fait maintenant six générations que ma famille se joint à l’Armée. »
Ruth Hurst

Étant paralysée de la poitrine jusqu’aux orteils, Mme Hurst doit utiliser une bicyclette de compétition adaptée, coûtant 8000 $, qui lui permet de pédaler grâce à un système de poids dans les pédales. « Le transfert de poids qui se fait dans les pédales me permet de pédaler comme sur une bicyclette normale malgré mon handicap, sauf que je ne sens rien quand je roule », explique Mme Hurst.

« Le poids garde mes pieds dans la bonne position et fait en sorte que mes jambes font un mouvement fluide et continu. Avant j’avais plutôt une bicyclette à main qui me permettait de pédaler avec mes mains, mais comme ma main gauche commence à paralyser, j’ai dû réévaluer mes options. Ça fait maintenant un an que je m’entraîne avec cet engin-là, je commence à m’y habituer. »

Lors de ses cinq présences précédentes à l’évènement, un guide l’accompagnait, car elle est malvoyante. Cette année, elle a toutefois décidé d’y participer seule. « Ç’a bien été ! Il y a un grand esprit de partage et de camaraderie ici, comme dans l’armée. Les gens veulent aider alors je ne suis jamais laissée à moi-même. »

Mme Hurst a d’ailleurs remporté le volet féminin du défi Normandie. Ce parcours est une nouveauté de l’édition 2019 qui commémore le 75e anniversaire du jour J, jour où les troupes alliées sont débarquées pour un assaut sur les plages de la Normandie, en France, durant la Deuxième Guerre mondiale. Le défi Normandie comprend un premier parcours de 5km, puis un second de 10km. Les participants doivent réaliser les deux parcours pour compléter le défi.

« Au tout début, je participais au 5km, puis j’ai essayé le 10km. Quand j’ai vu que cette année, il y avait une nouvelle épreuve qui combine les deux parcours, il fallait que je le fasse. Je suis vraiment fière de ce que j’ai accompli aujourd’hui », a-t-elle conclut, contemplant la médaille spéciale qui lui a été remise au terme de la course soulignant l’anniversaire du débarquement de Normandie.