Martine Soucie était au bout du rouleau, a témoigné le père de son enfant.

Homicide involontaire: la défense pointe la mère de l’accusée

La défense a pointé du doigt la grand-mère plutôt que sa cliente, Martine Soucie, une jeune mère accusée d’homicide involontaire de son bébé de six mois, en novembre 2014.

Le procès de Martine Soucie, 25 ans, a débuté hier, au palais de justice de Gatineau. Des expertises médicales confirment que la petite Miliange est décédée d’une embolie pulmonaire, résultant d’une fracture du fémur droit. L’os de la cuisse cassé, a indiqué un expert, a perforé les cellules graisseuses, provoquant une hémorragie.

D’autres fractures ont été observées lors de l’autopsie.

Selon l’acte d’accusation, la jeune victime a subi des sévices entre le 18 mai 2014, jour de sa naissance, et le 15 novembre 2014, veille de son décès. La police de Gatineau croit que l’auteur de ces sévices est bien Mme Soucie, la mère de l’enfant.

Témoignage

Le père de Miliange, Ghislain Guilbeault, a témoigné sous le coup de l’émotion, lundi. Les deux parents ne formaient plus un couple au moment de la naissance de l’enfant, mais M. Guilbeault souhaitait quand même s’occuper de la fillette.

Il dit avoir été témoin de « cris extrêmes » du nourrisson lorsqu’il était temps de changer la couche ou de donner le bain. « Elle n’était pas bien, a-t-il dit. Elle avait des problèmes pour boire le lait, elle vomissait, elle avait des rougeurs extrêmes aux fesses. Elle en faisait pitié. »

La mère était au bout du rouleau, souvent impatiente en présence du bébé, a témoigné M. Guilbeault. Le père, qui n’avait pas la garde de l’enfant, a ajouté avoir eu maille à partir avec la mère de Martine Soucie.

L’avocat de l’accusée, Me Gérard Larocque, a profité de l’occasion pour parler de la grand-mère de la victime. « Elle était rough ? On peut le dire ? », a demandé l’avocat, lors du contre-interrogatoire.

M. Guilbeault a expliqué qu’il était en « froid » avec la grand-mère maternelle, qui n’est cependant pas accusée dans cette affaire.

« Martine avait peur de sa mère, a expliqué le père biologique. Sa manipulation... Elle contrôlait tout le monde. »

« Elle était rough », a répété Me Larocque, concernant la grand-mère. « Oui », a laissé tomber le père, qui a dit avoir vu la dame serrer le bras d’autres enfants, dans le passé.

Ghislain Guilbeault a été acquitté, il y a quelques semaines, d’une accusation de menace de mort envers Martine Soucie.

Le procès se poursuit cette semaine.