L’entreprise basée dans le secteur Masson-Angers, à Gatineau, organisait jeudi une tournée médiatique de ses installations et une séance d’information technique, dans la foulée de la nouvelle loi fédérale qui enterrera en vigueur le 17 octobre.

HEXO prête à livrer la marchandise

À quelques jours de l’entrée en vigueur de la légalisation de la marijuana à usage récréatif au Canada, HEXO, le plus important fournisseur de la Société québécoise du cannabis (SQDC), dit être fin prêt à assumer ce rôle et à affronter les nombreux défis associés à cette industrie qui en est à ses balbutiements.

L’entreprise basée dans le secteur Masson-Angers, à Gatineau, organisait jeudi une tournée médiatique de ses installations et une séance d’information technique, dans la foulée de la nouvelle loi fédérale qui enterrera en vigueur le 17 octobre.

À l’intérieur de l’usine du chemin de la Rive, les quelque 245 employés étaient à pieds d’œuvre afin qu’il n’y ait aucune rupture de stock ces prochaines semaines dans les différentes succursales de la SQDC.

Les produits HEXO ont déjà été distribués dans tous les points de vente avec lesquels l’entreprise a signé des ententes, confirme la directrice des communications de la compagnie, Isabelle Robillard. « On a pleinement l’intention de s’assurer que tous nos produits soient en magasin dans la matinée du 17 octobre », dit-elle.

Pierre Killeen, vide-président des relations gouvernementales chez HEXO

HEXO, le plus important des six fournisseurs retenus par la SQDC, devra fournir 20 000 kilogrammes de cannabis à la société d’État durant l’an un de la légalisation, une quantité représentant 30 % du marché québécois.

En plus de ses 300 000 pieds carrés de serres actuellement en opération, le producteur gatinois pourra compter sur 1 million de pieds carrés d’espace de production supplémentaire d’ici la fin 2018. Avec ses 1,3 million de pieds carrés de serres de culture au total, HEXO pourra alors produire 108 tonnes de cannabis séché par an.

Ces objectifs de rendement occasionnent inévitablement un défi de main d’œuvre considérable.

« On embauche entre 10 et 15 personnes par semaine. On fait ça de façon agressive. On prévoit se rapprocher de 500 employés d’ici la fin de l’année », note Mme Robillard.

Acceptabilité sociale

Si HEXO — anciennement connue sous l’appellation d’Hydropothicaire — entend devenir « le fleuron du cannabis au Québec » et « aider les villes et les entrepreneurs à participer dans cette économie », ses dirigeants envoient le message qu’ils sont bien au fait des inquiétudes de la population face à la légalisation de la marijuana pour le marché adulte.

Lors d’une table ronde organisée après la visite des serres, le vice-président des relations gouvernementales pour HEXO, Pierre Killeen, a reconnu qu’il y avait « beaucoup de travail à faire » en matière d’acceptabilité sociale et qu’un « projet d’éducation » est nécessaire auprès des citoyens.

« Notre industrie est caractérisée par une croissance rapide et incroyable. Les décideurs, les instituts qui nous réglementent et le public ont été pris par surprise par la rapidité de ce mouvement. En terme de plan vis-à-vis l’acceptation sociale, c’est notre priorité de jour à jour. Dans un premier temps, il s’agira de s’introduire au nouveau gouvernement du Québec, leur donner une perspective des enjeux pour cette industrie. Ensuite, nous travaillerons avec notre association nationale sur une campagne d’information pour aider les gens à comprendre qui nous sommes, quelle réglementation ils doivent respecter et où l’industrie s’en va dans l’avenir », a expliqué M. Killeen.

Toute l’équipe de Hexo, installée dans le secteur de Masson-Angers à Gatineau, est fin prête à jouer son rôle du plus important fournisseur de cannabis pour la société d’État québécoise.

Ce dernier a souligné que le Canada devait s’inspirer des exemples américains où la légalisation de cette drogue douce à des fins récréatives a été autorisée ces dernières années.

« Nous avons 5 ou 6 ans d’expérience avec le cannabis légal aux fins adultes au Colorado, dans l’État de Washington, récemment au Nevada et aussi récemment en Californie. Il y a des inquiétudes, mais nous avons des exemples où cette acceptation s’est faite aux États-Unis. Selon nous, lorsque les gens nous connaissent, et ça va prendre du temps pour que les gens nous connaissent, lorsqu’ils ont une perspective sur la gamme de nos produits et sur l’avenir du cannabis, de jour en jour, nous gagnerons sur nos efforts en termes d’acceptation sociale », a-t-il affirmé.

C’est en offrant un produit « salubre, de haute qualité et meilleure pour la santé » et en favorisant l’accès des consommateurs aux SQDC que l’industrie réussira à contrer le marché noir, croit M. Killeen. « Sur le marché noir, vous ne savez pas ce que vous achetez. Sur le marché légal, vous savez ce que vous achetez. C’est la grande différence », a-t-il dit.

Quant aux produits qui se retrouveront en vente sur les tablettes des SQDC, ce sera aux gouvernements d’en décider la teneur.

Ottawa a déjà fait savoir que la vente de produits comestibles et de concentrés de cannabis sera autorisée au plus tard un an après l’entrée en vigueur de la légalisation.

« Nous, on se prépare pour les produits comestibles, mais comme partenaire du gouvernement du Québec, nous respectons la loi. Ce sera aux législateurs de décider quels produits Santé Canada et le gouvernement du Québec rendront disponibles. Ensuite, on va respecter ces lois », a indiqué M. Killeen.

Rappelons qu’HEXO et Molson Coors ont confirmé plus tôt cette semaine la création d’une coentreprise dont le mandat sera de développer des boissons non alcoolisées à base de cannabis.