Julie Gauthier et l'infirmière Hélène Prévost
Julie Gauthier et l'infirmière Hélène Prévost

Hémodialyse nocturne à domicile : une première qui change une vie en Outaouais

Justine Mercier
Justine Mercier
Le Droit
Le 17 novembre, Julie Gauthier retrouvera sa liberté. Les visites à l'hôpital trois fois par semaine seront chose du passé, puisqu'elle deviendra la première personne en Outaouais à bénéficier du programme d'hémodialyse nocturne à domicile (HND).
Mme Gauthier, 41 ans, a su cet été qu'elle avait été sélectionnée pour cette première régionale.
«Je me suis dit: enfin quelque chose qui va me sortir de l'hôpital, se rappelle-t-elle. C'est arrivé au bon moment, parce que ça commençait à être déprimant.»
Les maladies rénales chamboulent en effet le mode de vie de ceux qui en souffrent. La fréquence des traitements en force plusieurs à quitter leur emploi. La diète, de son côté, est loin d'être attrayante. «Tout ce que t'aimes, t'as plus le droit d'en manger, lance Mme Gauthier. Il y a une tonne de restrictions, que ce soit le fromage, le yogourt, les fruits, les légumes crus, les noix, les céréales à grains entiers ou encore le lait.»
Mère d'un garçon de 17 ans et d'une fille de 12 ans, la préparation des repas à la maison est rapidement devenue un casse-tête. «Avec la dialyse nocturne, les restrictions seront moins grandes», se réjouit Mme Gauthier.
L'espoir d'un retour au travail est aussi apparu. Infirmière auxiliaire au CHSLD le Foyer du bonheur, elle est en arrêt de travail en raison des nombreux traitements.
«Mais avec l'hémodialyse nocturne, on purifie le sang beaucoup plus longtemps, on réduit la médication, la diète est plus libérale, explique le D rNormand Proulx, néphrologue responsable de ce programme au Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG). Ça donne un regain d'énergie, ce qui permet aux gens de retourner au travail.»
Les traitements d'HND, qui servent à purifier le sang à la place des reins, nécessitent cependant une préparation considérable. La formation de Mme Gauthier s'étend sur six semaines, à raison de quatre heures par jour, du lundi au vendredi.
L'appareil utilisé est imposant. Des tubulures, des fils des branchements de toutes sortes et toute une panoplie de boutons rendent l'apprentissage complexe. Il est donc primordial que la volonté soit au rendez-vous.
«Le premier critère, c'est la motivation, explique Hélène Prévost, l'infirmière formatrice pour l'HND. Ça prend une capacité d'apprendre, mais aussi une stabilité médicale, et on regarde aussi la salubrité du domicile.»
Lorsqu'on lui demande pourquoi le programme d'HND a été implanté au CSSSG, le chef de programme en néphrologie par intérim, Serge Gauvreau, n'hésite pas une seule seconde: «pour faire une différence dans la vie des patients, leur permettre de retrouver une vie normale».