Au Québec, le taux de césariennes se chiffrait en 2015 à 24,9 % des accouchements. Ce chiffre est jugé préoccupant si on considère que selon l’Organisation mondiale de la santé, le taux idéal se situe entre 10 et 15 %, rappelle l’Observatoire des tout-petits dans son récent rapport.

Hausse préoccupante des césariennes au Québec

L’augmentation des accouchements par césarienne au Québec depuis 2002 est préoccupante, pointe l’Observatoire des tout-petits dans un rapport paru mardi. Cette tendance à la hausse pourrait toutefois être corrigée par davantage d’accouchements vaginaux après césarienne, estiment des chercheurs en obstétrique consultés par Le Soleil.

De 20,9 % des accouchements en 2002, les césariennes constituaient 24,9 %, en 2015, les statistiques les plus récentes disponibles. Le chiffre est encore plus élevé dans la Capitale-Nationale, où le taux est passé 20,4 % à 27,4 % en 13 ans, un sommet dans la province.

Ces statistiques sont parmi les points majeurs ressortant de «Comment se portent les petits Québécois?», le portrait détaillé des 0-5 ans de l’Observatoire des tout-petits, dont le Soleil a pu obtenir une copie, lundi.

Si le taux d’accouchement par césarienne est jugé préoccupant, c’est notamment parce que l’Organisation mondiale de la Santé (OMF) considère que le taux idéal se situe entre 10 et 15 %, rappelle l’Observatoire.

Professeur agréé au département d’obstétrique et gynécologie de l’Université Laval, Nils Chaillet ne voit toutefois pas le taux québécois comme alarmant. Comparé à une majorité de provinces canadiennes et aux États-Unis, le Québec ne fait pas mauvaise figure. Du travail doit tout de même être fait, admet le chercheur, mais les professionnels de la santé québécois en sont tous conscients et des solutions sont déjà en chemin.

Le «cercle vicieux» de la première césarienne

Il est important de savoir, selon Nils Chaillet, que la moitié des césariennes au Québec sont réalisées sur des mères ayant déjà eu une ou plusieurs césariennes préalablement. Ces deuxièmes et troisièmes césariennes amènent d’ailleurs avec elles des risques de plus en plus importants de complications.

Dans les mots d’un de ses collègues chercheurs en obstétrique à l’Université Laval, Emmanuel Bujold, il existe un «cercle vicieux». «Plus on fait de césariennes à une mère pour protéger elle et ses enfants, plus on l’expose à des complications qu’elle n’aurait pas eues en accouchement vaginal».

Des mamans plus âgées

L’étude QUARISMA menée entre 2008 et 2011 dans 32 hôpitaux québécois a permis d’aiguiller les médecins québécois sur les façons de réduire les premières césariennes. La solution passe notamment par des autoévaluations des hôpitaux de manière individuelle.

Mais la première césarienne est néanmoins souvent justifiée. La proportion d’enfants québécois dont la mère avait 35 ans et plus à leur naissance est passée de 15 % à 21 % entre 2006 et 2016, apprend-on dans le rapport de l’Observatoire. Les accouchements de femmes de plus de 35 ans sont généralement déclenchés, et finissent donc plus souvent en césarienne.

Là où Nils Chaillet voit une façon de réduire les césariennes, c’est lors du deuxième accouchement. Depuis le début des années 2000, les cas de rupture utérine lors d’accouchements vaginaux après césarienne (AVAC) ont commencé à effrayer les médecins. «C’est très marquant pour un médecin s’il a vécu en début de carrière un cas de rupture utérine qui a coûté la vie à la mère ou l’enfant. Après ça, il risque de toujours préférer une césarienne pour accoucher des mères qui en ont déjà vécu une», relate le chercheur.

Depuis deux ans, il pilote une nouvelle étude baptisée PRISMA, laquelle est menée dans la quarantaine d’hôpitaux de la province qui ont plus de 300 accouchements par année. À l’aide de nouveaux tests, permettant notamment de mesurer l’épaisseur de l’utérus, l’idée est de déterminer quelles femmes sont à risque de rupture utérine et lesquelles ne le sont pas et pourraient donc opter pour un AVAC sans crainte.

Le but premier est de réduire le taux de morbidité lors d’AVAC. Mais si tout se déroule comme Nils Chaillet l’espère, PRISMA, qui se termine dans deux ans, amènera également un regain de confiance en l’AVAC des médecins et des mamans qui ne sont pas à risque. «Je crois que dans quelques années, cela va faire baisser le taux de césarienne au Québec».

Le trois quarts des enfants québécois de 3 à 5 ans passent trop de temps devant un écran chaque jour.

Le trois quarts des enfants québécois de 3 à 5 ans passent trop de temps devant un écran chaque jour, énonce l’Observatoire des tout-petits dans son nouveau rapport. Le tiers des enfants du même groupe d’âge souffrent par ailleurs d’embonpoint ou d’obésité et ne bougent pas suffisamment. 

Les Directives canadiennes en matière de comportement sédentaire établissent à une heure le temps maximal que devraient passer les enfants de 3 à 4 ans devant un écran. Le temps grimpe à deux heures pour les enfants de 5 ans. Or, seulement 26% des enfants de ces âges respectaient les directives, entre 2012 et 2015, a établi l’Observatoire. Il n’existe pas encore de chiffres plus récent, mais la statistique pourrait avoir empirer. 

Toujours chez les 3 à 5 ans, 34% des enfants souffraient d’embonpoint ou d’obésité, soit 58 000 petits Québécois. Finalement, seulement 33% des 3 à 5 ans respectaient les recommandations canadiennes en matière d’activité physique. Selon ces dernières, les 3 à 4 ans devraient passer 180 minutes par jour à faire de l’activité physique de diverse intensité, alors que les enfants de 5 ans devraient faire 60 minutes par jour d’activité physique modérée (ex: jouer au parc) à élevée (ex: natation).