Les hausses de prix du bitume ne devraient pas retarder les travaux sur le chantier de l’autoroute 50, à Gatineau.

Hausse du prix du bitume: aucun chantier retardé pour l’instant

Ottawa et Gatineau semblent épargnées par la rareté nord-américaine du bitume — et la hausse du prix qui y est rattachée — puisqu’aucun report de chantier n’est prévu à court terme.

Cette flambée des coûts pour la matière première du pavage routier en touche certains de façon assez sévère. La Ville de Québec, par exemple, a annoncé plus tôt cette semaine qu’elle doit reporter d’un an 15 % de ses 850 chantiers prévus en 2018. C’est l’asphaltage planifié d’environ 50 kilomètres de routes qui ne sera pas réalisé cette année.

Dans la région de Québec, la Ville de Lévis se dit en réflexion et que certains travaux pourraient également être retardés sur son territoire.

À Ottawa et Gatineau, pour l’instant, on garde le cap malgré les hausses de prix du bitume. « La Ville d’Ottawa n’a pas eu à retarder des travaux routiers en raison d’une pénurie d’asphalte », affirme sans équivoque la gestionnaire Construction et Design de la Ville d’Ottawa, Carina Duclos.

Du côté de la Ville de Gatineau, le service des communications soutient que « tous les projets de pavage planifiés pour la saison 2018 ont été ou seront octroyés comme prévu ». Bien qu’incapable pour le moment de chiffrer l’impact financier de l’augmentation du coût de l’asphalte, Gatineau a toutefois observé une hausse « des coûts aux items des bordereaux reliés aux travaux de pavage pouvant aller jusqu’à 10 % ».

En ce qui concerne un chantier qui suscite beaucoup d’attention dans la région, celui de l’autoroute 50, aucun retard n’est prévu. Un porte-parole du ministère des Transports du Québec (MTQ), Alexandre Bougie, explique que « les chantiers routiers qui sont en réalisation ou pour lesquelles des appels d’offres ont été publiés se poursuivent comme prévu ».

M. Bougie ajoute que les analystes du MTQ vont se pencher sur les hausses de prix du bitume pour déterminer si certains chantiers doivent être retardés.

« Ces décisions vont toujours être prises dans une perspective de saine gestion des finances publiques, mais aussi, des reports pourraient être envisagés seulement si la sécurité des usagers ou des infrastructures n’est pas affectée », ajoute le porte-parole du MTQ.

Selon le directeur technique de Bitume Québec — organisme qui regroupe des entrepreneurs et des fabricants de bitume —, Florian Lafage, ce sont trois millions de tonnes de bitume qui manquent actuellement sur le marché en Amérique du Nord. La pénurie est due à des réparations en cours dans plusieurs raffineries de la côte est américaine, dont une importante située au Wisconsin qui a été lourdement endommagée par une explosion, au cours des derniers mois.

Pour remplacer le bitume produit en sol américain, les entreprises qui réalisent des travaux d’asphaltage doivent se tourner vers le marché européen. La compétition est féroce pour acquérir l’asphalte transporté en bateau, ce qui crée une surenchère.

Avec Jean-François Néron, Le Soleil