Harry et Meghan au Canada: ce qu’en pensent les Canadiens

Agence France-Presse
MONTRÉAL — La décision du prince Harry et de son épouse Meghan Markle de vivre entre le Royaume-Uni et le Canada, sans totalement tourner le dos à la monarchie, a ébranlé la couronne britannique. Mais qu’en pensent les Canadiens, directement concernés par cette décision du duc et de la duchesse de Sussex?

Pourquoi le Canada?

Le prince Harry, sixième dans l’ordre de succession au trône, et son épouse Meghan ont annoncé leur décision de renoncer à leurs obligations protocolaires après un séjour de plusieurs semaines au Canada, où ils ont passé les fêtes de fin d’année avec leur fils Archie.

Meghan connaît bien le Canada. L’ex-actrice américaine y a vécu plusieurs années lorsqu’elle jouait dans la série «Suits».

Le couple princier a également des «amis» au Canada, explique à l’AFP David Johnson, spécialiste de la royauté à l’université du Cap-Breton, dans la province de Nouvelle-Ecosse.

Quand elle s’est installée à Toronto en 2011, Meghan a rencontré la styliste Jessica Mulroney, épouse du présentateur Ben Mulroney, fils d’un ancien Premier ministre canadien, qui est devenue une amie proche.

À tel point que, selon la presse britannique, la Canadienne de 39 ans aurait assuré la garde du petit Archie, âgé de 8 mois, pendant que le couple se rendait au Royaume-Uni pour annoncer sa décision de renoncer à ses obligations protocolaires.

Le Canada est «un refuge assez sûr pour eux», ajoute l’universitaire David Johnson.

Selon lui, le couple peut s’attendre à «moins de harcèlement» de la part de la presse qu’au Royaume-Uni ou aux États-Unis, alors que Harry et Meghan n’ont pas caché leur malaise face aux attaques des tabloïds britanniques sur leur train de vie et leur difficulté à trouver leur place dans la famille royale.

Qu’en dit la presse canadienne

L’annonce du couple princier a été en grande partie éclipsée dans la presse canadienne par l’accident du Boeing ukrainien abattu «par erreur» par l’Iran, qui a viré à la tragédie nationale au Canada, d’où sont originaires 57 des 176 victimes.

En revanche, depuis le début de la semaine, les médias s’interrogent sur les coûts liés à la protection du prince Harry et de Meghan et pour savoir qui, au final, paiera la note.

Des médias ont estimé ces coûts à environ 1,7 million de dollars canadiens (1,2 million d’euros). Le gouvernement canadien n’a cependant pas encore décidé s’il les assumerait, a assuré le premier ministre Justin Trudeau, sans rien exclure.

Le quotidien National Post a estimé mardi que Harry et Meghan devraient agir «comme tous les autres» et faire une demande de citoyenneté canadienne avant de venir vivre dans le pays.

Un éditorialiste du Post estime que «le Megxit» a «réveillé une sorte de monarchisme dormant» chez certains Canadiens, tout en provoquant «l’indignation totale de ceux qui pensent que les monarchies sont d’un anachronisme grotesque».

Plus cinglant, le Globe and Mail de Toronto a exhorté mardi Justin Trudeau à refuser au couple de venir s’installer au Canada, invoquant dans un éditorial le fait que le pays n’a «jamais eu de système de classes avec des aristocrates héréditaires comme la Grande-Bretagne».

Quelle est l’image de la famille royale au Canada?

Bien des Canadiens se montrent plus accueillants que leurs médias. Une majorité d’entre eux (61 %) aimeraient même voir le prince Harry devenir leur prochain gouverneur général, représentant la reine Elizabeth II dans cette ex-colonie britannique, selon un récent sondage.

Harry n’a pourtant jamais publiquement exprimé d’intérêt pour ce poste, occupé depuis les années 1950 par des Canadiens, comme l’actuelle gouverneure générale, l’ancienne astronaute Julie Payette.

Cette idée recueille ses plus fermes soutiens dans les provinces anglophones du Canada.

«Les Québécois seraient les moins intéressés et les plus prompts à dire qu’il faut rompre les liens avec la monarchie britannique», affirme David Johnson.

«Il n’y a pas d’affection profonde pour la famille royale» au Québec, seule province canadienne comptant une majorité de francophones et cédée par la France à l’Angleterre en 1763, note-t-il.

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Le «Megxit» (un clin d’oeil au «Brexit») a fait l’objet d’une une humoristique du New York Post, le 9 janvier dernier.

Les Canadiens ne veulent pas payer la note

Les Canadiens aiment bien le prince Harry, mais la grande majorité d’entre eux affirme ne pas vouloir assumer les coûts de sécurité liés à son séjour au Canada, où il compte venir vivre à temps partiel avec son épouse Meghan Markle, selon un sondage publié mercredi.

Une forte majorité (73 %) de Canadiens interrogés par l’institut Angus Reid estime que le duc et la duchesse de Sussex doivent payer «eux-mêmes» tous les coûts liés à leur venue au Canada, notamment les frais de sécurité.

Un Canadien sur cinq (19 %) accepterait de défrayer une partie des coûts, et seulement 3 % toute la note, selon ce sondage en ligne réalisé lundi et mardi auprès de 1154 personnes.

Des médias canadiens ont estimé les coûts liés à la protection du prince Harry et de Meghan Markle à environ 1,7 million de dollars canadiens (1,2 million d’euros) par an.

Le gouvernement canadien n’a cependant pas encore décidé s’il les assumerait, a assuré le premier ministre Justin Trudeau, sans rien exclure.

«Le Québec n’a pas à payer ça», a tonné de son côté Yves-François Blanchet, chef des indépendantistes du Bloc québécois au parlement canadien, formation politique qui a effectué un retour en force aux législatives d’octobre en triplant son nombre de députés élus dans la province francophone.

Par ailleurs, l’étude révèle que le prince Harry est le membre de la famille royale le plus populaire au Canada, où 69 % des gens ont une opinion favorable de lui.

Ce qui n’empêche pas les Canadiens de le considérer d’abord et avant tout comme une «célébrité», indique l’institut Angus Reid.

La moitié des Canadiens se disent par ailleurs «indifférents» face à la volonté du couple princier de vouloir passer plus de temps au Canada.

Une majorité de Canadiens affirment leur attachement à la reine Elizabeth II, chef d’État en titre du Canada, mais seulement 39 % estiment que le pays devrait continuer d’être une «monarchie constitutionnelle» après son décès.

L’option la plus populaire pour remplacer la reine comme chef d’État serait de confier ses pouvoirs au premier ministre du Canada, selon 27 % des personnes interrogées.

L’attachement à la reine, qui règne depuis 66 ans sur le Canada, est fort partout au pays, sauf au Québec, où 47 % des sondés ont une opinion «favorable» de la souveraine, contre 30 % «défavorable». Agence France-Presse

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Un refuge pour femmes de Vancouver a reçu mardi la visite de Meghan, la duchesse de Sussex.

La duchesse visite un refuge pour femmes à Vancouver

L’épouse du prince Harry, Meghan Markle, a visité mardi les locaux d’une association caritative de Vancouver, sa première sortie publique depuis que le couple a annoncé renoncer à ses obligations protocolaires et partager sa vie entre Royaume-Uni et Canada.

«Regardez avec qui nous avons pris le thé aujourd’hui», a écrit sur son compte Facebook le Downtown Eastside Women’s Centre, qui se consacre à aider des femmes et des enfants en difficulté dans la métropole de la côte ouest du Canada.

L’association a posté une photo de ses membres entourant la duchesse de Sussex, dans une ambiance décontractée.

«Elle était simple et adorable», a dit la directrice du centre, Kate Gibson, à la chaîne publique CBC.

«Elle voulait simplement faire connaissance avec l’association. Nous savons qu’elle va venir au Canada et peut-être sur la côte ouest. Je pense qu’elle ne veut pas passer pour une étrangère. Elle veut connaître les gens», a indiqué Mme Gibson.

Meghan Markle a passé un peu plus d’une heure dans ce centre, qui sert aussi de refuge pour la nuit et vient en aide à environ 500 femmes par jour, selon son site internet. Mme Gibson a précisé que la visite avait rapidement été organisée après que le centre a reçu lundi un e-mail «quelque peu mystérieux» d’un assistant de Meghan Markle, qui voulait savoir si la duchesse de Sussex pouvait visiter l’établissement.

«Elle était très terre à terre. Elle a été fantastique», a noté Mme Gibson.

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