Le député Guy Ouellette

Guy Ouellette aurait été piégé par l'UPAC

L’Unité permanente anticorruption aurait piégé le député Guy Ouellette en le contactant avec un cellulaire perquisitionné. Une tactique «jamais vue» par l’ex-policier devenu expert en affaires policières François Doré.

Quelques heures avant l’arrestation du député de Chomedey, mercredi avant-midi, les enquêteurs de l’UPAC ont visé deux policiers avec des mandats de perquisition. Selon Radio-Canada,  l’un des deux serait Richard Despatie, ancien collègue de Guy Ouellette à la Sûreté du Québec. 

Or, c’est avec le cellulaire perquisitionné de M. Despatie que les agents de l’UPAC auraient écrit à Guy Ouellette pour le piéger. Dans le message écrit par les policiers, Richard Despatie insistait pour rencontrer le député rapidement, affirmant qu’il s’apprêtait à «déballer son sac» au quotidien La Presse.

À l’arrivée de M. Ouellette au lieu fixé pour la rencontre, les policiers l’attendaient pour procéder à son arrestation et saisi sur-le-champ son cellulaire, rapporte Radio-Canada. 

Sans détailler les tactiques utilisées pour l’arrestation, l’UPAC a affirmé via communiqué, jeudi matin, avoir «exécuté six mandats de perquisition» et «rencontré une dizaine de personnes», à Québec et Montréal, mercredi, en vertu d’une enquête sur «de possibles infractions d’abus de confiance et d’entrave à la justice».

«Je n’ai jamais vu ça»

Contacté par Le Soleil, l’ex-policier devenu expert en affaires policières François Doré n’a pas caché sa surprise concernant la présumée stratégie utilisée par l’UPAC pour piéger Guy Ouellette. «Ça m’étonne beaucoup. Je n’ai jamais vu ça et ce n’est pas quelque chose que l’on m’a enseigné», a-t-il commencé par expliquer. 

Certes, les policiers avaient vraisemblablement un mandat de perquisition concernant le cellulaire de Richard Despatie. «Le mandat te permet de saisir et de fouiller le cellulaire, mais est-ce que ça te donne le droit de l’utiliser? Je ne suis pas capable de répondre à ça», a pointé M. Doré, avouant que ces questions pointues d’ordre légal dépassent ses connaissances. 

«C’est beaucoup d’imagination et ils ont atteint un but, mais est-ce que ça va soulever un débat?»