La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault.

Guilbault prête à voir la SQ dans de nouvelles villes

La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault est ouverte à ce que des villes de plus de 50 000 habitants abandonnent leur police municipale pour être desservies par la Sûreté du Québec (SQ).

Mme Guilbault a ainsi voulu répondre jeudi à l’insatisfaction de certaines villes, comme Saint-Jérôme, Granby et Saint-Jean-sur-Richelieu, qui payent pour leur propre service de police et qui ne toucheront pas un sou de la subvention ponctuelle que son gouvernement octroie aux municipalités qui sont couvertes par la SQ.

«Si une municipalité ou une autre veut discuter avec nous de l’opportunité ou de l’éventualité d’intégrer la desserte par la Sûreté du Québec, je suis ouverte», a indiqué la ministre. 

À l’heure actuelle, toutes les villes québécoises de plus de 50 000 habitants doivent obligatoirement se payer leur propre corps policier. Sauf certaines villes qui étaient déjà desservies par la SQ avant les fusions municipales du début des années 2000. 

Mme Guilbault n’a pas voulu s’avancer sur le nombre maximal de citoyens qu’une ville devrait avoir pour être desservie par la SQ. «C’est le genre de chose qui pourra être précisé plus tard.»

Elle a toutefois tenu à préciser que la SQ fournit déjà des services gratuits aux villes qui ont leurs propres corps de police. Comme des techniciens en scène de crime, des groupes tactiques d’intervention et des services d’enquête spécialisés, lors d’un meurtre par exemple. 

Subvention applaudie

Alexandre Cusson, président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), et Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), ont tous deux applaudi la subvention de 33,1 millions $ octroyée par la ministre et la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest. Elle évitera aux municipalités couvertes par la SQ de subir un «choc financier» en 2019 et de refiler une hausse de taxes salée à leurs concitoyens. 

L’augmentation du coût de la SQ par municipalité ne pourra pas dépasser 3,13 %. «Pour le Québec des régions, c’est beaucoup d’argent», s’est réjoui M. Demers. 

C’est le renouvellement de la convention collective des policiers de la SQ en 2017 qui fait gonfler la facture. Le gouvernement souhaite maintenant travailler sur une solution à long terme, «avec l’objectif de tendre vers un partage des coûts à 50-50 entre le gouvernement et les municipalités», a précisé Mme Guilbault. 

Alexandre Cusson dit comprendre les villes de moyenne et de grande taille qui cherchent elles aussi à freiner la hausse de leurs coûts policiers. Il a annoncé la création d’un comité de travail sur la question, présidé par Marc-Alexandre Brousseau, maire de Thetford Mines. Cette ville de Chaudière-Appalaches compte 25 000 habitants et a fait le choix de conserver son propre corps de police. 

M. Cusson croit que l’offre de la ministre Guilbault de joindre la SQ peut représenter une belle opportunité pour ces villes, mais espère aller plus loin. «Il y a d’autres façons de soutenir ces municipalités-là.»

Il reconnaît que la question de l’équité entre les villes pour les services de sécurité est sensible. «On va pas faire ça dans une guerre de policiers municipaux, policiers provinciaux, les bleus contre les verts. On va travailler ensemble», prévient-il. 

Pour arriver à faire des économies, de nombreuses villes ont abandonné leurs services de police municipaux ces dernières années. Selon le site Web du ministère de la Sécurité publique, le Québec comptait 109 corps de police municipaux en 2001 alors qu’il n’en compte plus que 30 aujourd’hui.