La campagne intitulée « Je coopère pour mon journal » se déploie dès cette semaine.

Groupe Capitales Médias: une campagne pour appuyer le projet de coopérative

Inspirés par la vague d’amour et les nombreux appuis des communautés pour ses journaux, les employés des six quotidiens du Groupe Capitales Médias (GCM) lancent une campagne coordonnée de démarrage de coopératives de solidarité.

Au départ, le comité de relance pour les six journaux de GCM songeait à une coop de travailleurs associés.

« Mais nous nous sommes rendu compte que dans la communauté, chez les lecteurs et chez les gens d’affaires, il y avait une grande volonté de nous appuyer. Ils ont compris qu’il est important de préserver l’information régionale, que c’est important pour la démocratie locale. Nous avons donc migré vers un modèle qui permet à toutes sortes de gens de contribuer à la coopérative de solidarité », a expliqué Patrick Duquette, membre du comité provisoire du projet de relance et chroniqueur au Droit.

Le comité de chaque journal s’est donc dirigé vers une coop de solidarité, dans laquelle les travailleurs de l’entreprise participent financièrement, et où toute la communauté est appelée à contribuer au projet. Ce comité provisoire chargé de développer le projet représente tous les employés, qu’ils soient syndiqués ou non. Il est composé de six représentants provenant des cadres de GCM des journaux Le Quotidien, La Voix de l’Est, Le Nouvelliste, Le Soleil, Le Droit et La Tribune.

La campagne intitulée « Je coopère pour mon journal » se déploie dès cette semaine. Les personnes, organisations et entreprises qui le souhaitent pourront contribuer via la plateforme web coopmonjournal.com ou lors de sollicitations qui se dérouleront dans les régions où sont implantés les journaux.

Les représentants des journaux de GCM demandent aux communautés respectives de signer des lettres d’engagement comportant des montants de contribution volontaire pour le démarrage de la coopérative de leur journal. L’objectif est de déposer une offre de reprise cohérente soutenue par un plan d’affaires viable sur un horizon de cinq ans.

« On demande présentement des lettres d’engagement, plutôt que de l’argent. On agit de cette façon-là en raison du temps très court qu’on a pour ramasser un montant important. Notre plan doit être déposé au plus tard le 25 octobre », a précisé Jean-François Néron, membre du comité provisoire du projet de relance et journaliste au quotidien Le Soleil, à Québec. Les parties intéressées à reprendre les journaux ont jusqu’à cette date pour déposer une offre.

L’initiative de coops de solidarité, conjuguée à l’aide fédérale annoncée il y a un an et aux crédits d’impôts provinciaux annoncés la semaine passée par le premier ministre Legault, donne un élan intéressant pour la survie des journaux de GCM et du Droit en particulier, a précisé M. Duquette.

« La réponse de la communauté est excellente. Les gens attendaient qu’on mette en place un pareil véhicule pour pouvoir concrétiser leur désir d’engagement envers la continuité des journaux régionaux. Ça va très bien de ce côté-là », a indiqué M. Duquette.

« C’est une façon pour les lecteurs, les annonceurs, les entreprises de faire une contribution dans le projet de coopérative à la hauteur de leurs moyens. C’était peut-être le modèle de véhicule coopératif qui permettait de rallier le maximum d’appuis en très peu de temps et de manière très efficace. C’est ce qu’on avait besoin », a continué M. Duquette.

Le comité provisoire est soutenu entre autres par le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité ainsi que par la Fédération nationale des communications de la CSN.

Au plus tard le 6 novembre

Il y a deux semaines, le syndic PricewaterhouseCoopers a fait savoir que les intéressés à GCM devront mettre certaines de leurs cartes sur la table s’ils déposent une offre visant à acquérir une partie ou l’ensemble du groupe de presse à l’abri de ses créanciers depuis août. Chaque acquéreur potentiel devra notamment indiquer le nombre d’emplois qui seront vraisemblablement maintenus et le traitement envisagé des accréditations syndicales.

Le syndic devrait présenter au plus tard le 6 novembre à la Cour supérieure du Québec l’offre jugée la plus avantageuse.

En août, GCM a reçu une aide d’urgence de 5 millions $ du gouvernement du Québec. Il traîne des créances approximatives de 26 millions $.

Le groupe de presse est aussi confronté à un déficit actuariel du régime de retraite des employés qui atteint 65 millions $ d’après la plus récente évaluation qui remonte à la fin de la dernière année. 

Avec La Presse canadienne