Parents et élèves ont manifesté leur appui aux enseignants ontariens dans les rues d’Ottawa, dimanche après-midi.
Parents et élèves ont manifesté leur appui aux enseignants ontariens dans les rues d’Ottawa, dimanche après-midi.

Grève des enseignants en Ontario: des parents appuient les enseignants

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Des dizaines de personnes se sont regroupées dimanche à Ottawa pour démontrer leur soutien envers les membres du personnel des écoles de l’Ontario qui se trouvent au cœur d’un conflit avec le gouvernement Ford depuis déjà plusieurs mois.

Quatre syndicats d’enseignants et d’enseignantes de l’Ontario tiennent tête au gouvernement provincial depuis l’automne dernier dans le cadre des négociations entourant le renouvellement de leur convention collective.

Les manifestants se sont donné rendez-vous à 14 h dimanche au parc de la Confédération, à Ottawa. Ils ont ensuite sillonné le marché By avant de terminer leur itinéraire au parc Major.

Selon l’une des porte-parole de la manifestation, Claudia Rathjen, le but du rassemblement « c’est vraiment de démontrer notre appui aux enseignants et au personnel de soutien des écoles de l’Ontario ».

La manifestation s’inscrit dans le contexte du récent recul, mardi, du gouvernement ontarien sur plusieurs enjeux dont au niveau de la taille des classes et des cours en ligne.

Malgré cette volte-face du gouvernement Ford, Mme Rathjen est d’avis que ce ne sont pas ces concessions qui régleront le litige.

« Ils ont annoncé ça au public pendant qu’ils étaient à la table de négociation. Selon moi, ç’a été fait de mauvaise foi. De toute façon, les enseignants ont encore beaucoup plus de revendications auxquelles le gouvernement ne semble pas vouloir répondre », a-t-elle déploré en entrevue avec Le Droit.

La manifestation s’inscrit dans le contexte du récent recul, mardi, du gouvernement ontarien sur plusieurs enjeux dont au niveau de la taille des classes et des cours en ligne.

Même si le gouvernement a reculé sur plusieurs enjeux, les enseignants et enseignantes de l’Ontario continuent de se défendre entre autres pour obtenir de meilleures conditions d’emploi permettant ainsi d’assurer une éducation de qualité. Ils continuent aussi de dénoncer la suppression des fonds pour l’éducation de l’enfance en difficulté.

Un autre point de discorde majeur entre les quatre syndicats et le gouvernement ontarien est l’échelle salariale, alors que les travailleurs de l’éducation revendiquent des augmentations de salaire équivalentes au taux d’inflation.

Mme Rathjen dénonce aussi le manque d’écoute du gouvernement provincial, non seulement envers les experts du domaine de l’éducation, mais aussi envers la population ontarienne.

« Je trouve ça inquiétant que nous ayons un gouvernement qui ne semble pas être à l’écoute des experts, donc des enseignants et du personnel de soutien. Il y a eu de grandes consultations publiques initiées par le gouvernement lui-même, mais ils n’ont jamais publié officiellement les résultats de ces consultations. Ça montre qu’ils n’ont jamais obtenu les réponses qu’ils cherchaient durant ces consultations et qu’ils ont un agenda de compressions. »

Étant elle-même mère de deux enfants fréquentant des écoles primaires ontariennes, Mme Rathjen, reconnaît que les nombreuses journées de grève représentent un casse-tête pour les parents, mais elle comprend malgré tout les revendications du personnel enseignant.

« C’est sûr que c’est un inconvénient, mais si on élargit la perspective, c’est aussi un très grand inconvénient pour les enseignants qui ont perdu des journées de salaire. Ils doivent vivre cette situation en salle de classe tous les jours. C’est déstabilisant pour tout le monde, mais plus particulièrement pour les élèves et les enseignants. »

« J’ai l’impression que les syndicats qui représentent les enseignants utilisent simplement les outils à leur disposition pour obtenir de meilleures conditions. C’est clair qu’ils ont à cœur le bien des élèves », poursuit Mme Rathjen.