Grève à OC Transpo: le syndicat n'est pas prêt à plier

Dominique La Haye
Dominique La Haye
Le Droit
Le syndicat représentant les employés d'OC Transpo, en grève depuis près d'une semaine, est sorti de son mutisme, hier, mais n'est pas prêt à plier l'échine face aux demandes formulées par le maire d'Ottawa, Larry O'Brien, vendredi.
Le maire se disait prêt à remettre sur la table l'offre finale à condition que le syndicat permette à ses membres de s'exprimer en votant sur l'offre.
Le vice-président international de la section 279 du Syndicat uni des transports (SUT), Randy Graham, accuse la Ville de chercher à diviser les membres comptant le moins d'ancienneté de ceux en comptant le plus, relativement à la question des horaires de travail.
Il s'agit du principal point en litige ayant fait échouer les négociations.
L'employeur souhaite reprendre le contrôle de la gestion des horaires de travail, estimant que cette mesure lui ferait économiser plus de 3 millions $ par année, accroîtrait la sécurité au travail et serait plus équitable pour les employés ayant le moins d'ancienneté.
Système établi par la Ville
« Si la Ville veut sauver de l'argent, nous croyons que c'est en réglant la question de la sous-traitance. Elle pourrait épargner des millions de dollars et ça fait 18 mois que nous lui en faisons part », indique M. Graham.
« Actuellement, ajoute-t-il, vous avez un autobus qui se brise le matin et qui est réparé à contrat et donc hors service pour quelques jours, alors qu'il pourrait être réparé par nos employés et de retour en service en après-midi. »
Selon le porte-parole syndical, la Ville a tort de penser que le système des horaires avantage uniquement un petit groupe d'employés – ceux ayant le plus d'ancienneté.
Il précise que c'est l'employeur lui-même qui, en 1999, à la suite des attentats ayant fait plusieurs victimes à OC Transpo, a instauré ce système, confiant aux employés la responsabilité de faire leur propre horaire.
« Le moral des employés était très bas et pour améliorer leur qualité de vie, ces derniers ont alors accepté l'offre de la Ville, sachant qu'ils devraient mettre de côté la question des salaires. »
La Ville dit pour sa part vouloir s'assurer que les employés bénéficient d'un repos de huit heures entre deux journées de travail.
Elle veut aussi éviter que des employés soient payés plus d'heures qu'ils ne travaillent réellement.
M. Graham rétorque que depuis 1999, les employés travaillant plus de sept heures réparties sur les quarts du matin et de l'après-midi, par exemple, sont payés pour huit heures ou plus sans que ce ne soit considéré comme du temps supplémentaire.
Demande tardive
« Cette façon de faire visait, en 1999, à inciter les gens à combler cette case horaire peu attrayante et d'attirer les plus jeunes. Avant 1999, les chauffeurs étaient obligés de travailler les fins de semaine, alors que maintenant ils le font par choix, selon leur ancienneté », dit-il.
M. Graham critique aussi le fait que la Ville ait présenté la question des horaires sur le tard durant les négociations, c'est-à-dire le 25 novembre, laissant peu de temps, selon lui, pour trouver un terrain d'entente.
Le syndicat se dit prêt à mettre fin à la grève si la municipalité accepte la proposition d'un médiateur fédéral qui a suggéré que cette question des horaires soit discutée à part du contrat de travail par un comité spécial. La Ville a pour sa part refusé l'offre.