La présidente du PSUO-SSUO, Marcelle Desmornes, accompagnée du président de la FEESO, Harvey Bischof, en visite à Ottawa pour appuyer les troupes.
La présidente du PSUO-SSUO, Marcelle Desmornes, accompagnée du président de la FEESO, Harvey Bischof, en visite à Ottawa pour appuyer les troupes.

Grève à l'UdO: «Nous avons droit à du respect», clame le syndicat [VIDÉO]

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Trois jours après le déclenchement d'une grève générale, les négociations «sont au point mort» entre l'Université d'Ottawa et le syndicat représentant les quelque 1300 employés de soutien de l'établissement d'enseignement supérieur.

C'est ce qu'a affirmé la présidente de l'unité de négociation du personnel de soutien de l'UdO (PSUO-SSUO), Marcelle Desmornes, mercredi midi sur un piquet de grève, à l'angle des rues Nicholas et Waller, au centre-ville de la capitale. 

«L'Université ne nous a toujours pas contactés. Nous leur avons fait savoir que nous étions disponibles à n'importe quel moment pour retourner à la table (de négociations)», a-t-elle lancé.

Sous une pluie battante, pancartes à la main et portant le couvre-visage, quelques syndiqués ont manifesté notamment en présence du président de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (OSSTF/FEESO), Harvey Bischof, en visite à Ottawa. 


« L'employeur n'arrête pas de dire que ses employés ont de la valeur, mais en pleine pandémie on veut leur imposer des coupures. C'est tout simplement inhumain, injuste et inacceptable. »
Marcelle Desmornes, présidente du PSUO-SSUO

C'est donc pour l'instant l'impasse entre les deux parties après 72 heures de conflit, si bien que le ton monte au PSUO.

«Nous avons droit à du respect. L'Université nous a manqué de respect dès le début de la ronde de négociations. L'employeur n'arrête pas de dire que ses employés ont de la valeur, mais en pleine pandémie on veut leur imposer des coupures. C'est tout simplement inhumain, injuste et inacceptable. On veut une convention (collective) juste et équitable pour tout le monde», s'exclame-t-elle.

Mme Desmornes, qui affirme que «les employés aiment leur travail et aimeraient mieux être à leur emploi que de faire la grève dans des conditions pareilles», soutient qu'en plus des coupures dans le régime d'assurances santé, dont la couverture passerait de 100% à 80%, certains autres points causent la grogne et empêchent d'en venir à une entente satisfaisante.

Les nombreux postes vacants non comblés, ce qui a généré des millions de dollars en surplus ces dernières années, prétend-t-elle, ainsi que la réduction de certains autres avantages sociaux, sont au nombre des aspects où les négociations achoppent. 

«Nos employés ne sont pas ceux des autres syndicats. Notre salaire annuel moyen est de loin inférieur à celui des profs et d'autres groupes ou syndicats qui ont accepté des coupures. On a des mères et des pères monoparentaux qui nous ont clairement indiqué dès le début que des coupures dans leurs avantages sociaux aurait un effet négatif, voire dévastateur, dans leur portefeuille», dénonce la leader syndicale.

La convention collective des employés concernés est, rappelons-le, échue depuis avril 2019. La dernière offre avait été rejetée dans une proportion de 80%.

Services maintenus, interrompus ou annulés

En raison de ce débrayage, l'UdO affirme que des retards pourraient survenir pour les demandes reçues par courriel en lien avec les services de première ligne.

«Nous mettons tout en œuvre pour assurer un service avec un personnel réduit. Pour cette raison les services en personne et au téléphone sont interrompus dans la majorité des facultés à InfoService, le Service de l’aide financière et les bourses, le Service de la Carte uOttawa et InfoAdmission», indique l'institution sur son site web. On précise aussi que les services importants, tels que le soutien en santé mentale ou les services d'appui académique pour les étudiants, sont assurés.

De plus, les séances d'information virtuelles sur l'admission et les programmes d'études sont annulées en raison du conflit de travail, alors que  l'événement Portes ouvertes virtuelle, prévu le 24 octobre, est reporté à une date ultérieure. 

Certaines activités de conditionnement physique sont encore disponibles par l'entremise du web, mais les activités socio-culturelles sont annulées.