Le président de l'Association des membres de la police montée du Québec, Serge Bilodeau.

GRC: des policiers de l'Outaouais veulent se syndiquer

Une vingtaine de policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de l'Outaouais font partie des 800 employés du Québec qui désirent obtenir le statut de syndiqués.
Cette demande d'accréditation syndicale est une première au Canada, ajoute le président de l'Association des membres de la police montée du Québec (AMPMQ), Serge Bilodeau.
L'Outaouais compte deux divisions de la GRC sur son territoire, soit la Division C, qui inclut les policiers désirant se syndiquer, et ceux de la Division de la capitale nationale.
Les gendarmes agissant spécifiquement en Outaouais relèvent des postes de Rouyn-Noranda et de Saint-Jérôme depuis quatre ans.
Cette demande de syndicalisation risque de prendre «des mois» à se concrétiser, selon M. Bilodeau. Le projet québécois a même des échos dans le reste du Canada. «
On essaie de s'asseoir à la même table que deux autres associations canadiennes (l'Association canadienne professionnelle de la police montée et la Fédération de la police nationale) qui réunissent 10 000 membres. Notre union serait très forte, mais ces deux groupes sont en compétition. Depuis 2015, on essaie de les asseoir ensemble, avec la collaboration de l'Association canadienne des policiers.»
Le but de cette syndicalisation, au Québec, vise à «changer la culture» qui règne dans le corps de police fédéral, et qui perdure depuis des années. «C'est une culture paramilitaire, dénonce M. Bilodeau. Changer la culture de l'intérieur semble ne pas fonctionner. On n'a pas un mot à dire, c'est difficile. On parle aussi de harcèlement de femmes et d'hommes, des griefs qui durent trop longtemps. La GRC devient juge et partie dans les conflits. Nous voulons des décisions neutres et exécutoires, et pour cela, on doit pouvoir aller en arbitrage.»
En 2004, la Division C comptait 1150 membres. Elle en compte 800 en 2017. 
«On se retrouve avec des mandats de renseignement au lieu de mandats d'enquête, ajoute le représentant de l'AMPMQ. On veut donner une voix et des ressources à nos membres. Ils ont besoin de gens qui peuvent parler en leur nom sans être rabroués.»
La demande d'accréditation a été faite à la Commission des relations de travail et de l'emploi dans la fonction publique.
L'association qualifie cette demande d'«historique».