Un climat de travail difficile règnerait entre les murs du Musée canadien de l'histoire, à Gatineau.
Un climat de travail difficile règnerait entre les murs du Musée canadien de l'histoire, à Gatineau.

«Graves allégations» de harcèlement au Musée de l’histoire

Patrick Duquette
Patrick Duquette
Le Droit
EXCLUSIF - Le Musée canadien de l’histoire, institution muséale la plus fréquentée au pays, se retrouve au coeur de «graves» allégations de harcèlement en milieu de travail, a appris Le Droit.

La situation est à ce point sérieuse que le conseil d’administration a déclenché une enquête indépendante pour faire la lumière sur le climat de travail difficile.

Le président-directeur général Mark O’Neill, en arrêt de travail depuis plusieurs semaines, serait vraisemblablement au coeur des allégations. Des plaintes le visant auraient cheminé jusqu’au bureau du ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault.

«La situation au Musée canadien de l’histoire est très préoccupante et nous sommes en contact avec son conseil d’administration qui a pris des mesures immédiates pour répondre aux plaintes», a réagi le ministre Guilbeault dans une déclaration écrite.

Le conseil d’administration du musée, présidé par l’homme d’affaires torontois James Fleck, parle de son côté d’«allégations graves». «Nous avons nommé une enquêteuse chevronnée en matière de harcèlement pour mener une enquête approfondie et indépendante à ce sujet», a fait savoir le conseil d’administration au Droit.

L’enquête sera menée par Michelle Flaherty, une médiatrice et arbitre spécialisée dans les questions de travail, d’emploi et de droits de la personne. Elle a enseigné le droit pendant plusieurs années à l’Université d’Ottawa.

Elle se rapportera directement au conseil d’administration - de qui relève le président-directeur général du musée.


« Ce qu’on vit au musée, c’est un copier-coller de ce qu’on entend à propos de la résidence de la gouverneure générale. »
Un gestionnaire sous le couvert de l'anonymat

Sous le couvert de l’anonymat, des employés du musée ont dénoncé un «climat de travail toxique» et des «abus de pouvoir» sous la gouverne de l’actuel président-directeur général. Mark O’Neill, a été nommé à la tête du Musée canadien de l’histoire en juin 2011 après le départ de Victor Rabinovitch.

Un gestionnaire a comparé l’ambiance de travail au musée à la culture de peur qui régnait à Rideau Hall, telle que décrite par plusieurs reportages l’été dernier. «Ce qu’on vit au musée, c’est un copier-coller de ce qu’on entend à propos de la résidence de la gouverneure générale», a-t-il indiqué.

Le président-directeur général du Musée canadien de l'histoire, Mark O'Neill. 

L’enquête indépendante comprendra notamment un sondage de tous les employés, des entrevues avec des petits groupes, de même que des entretiens individuels avec certains membres de la direction, selon une note interne.

Mark O’Neill a décliné notre demande d’entrevue. Une note interne obtenue par Le Droit indique qu’il est en congé au moins jusqu’au 29 octobre. C’est Heather Paszkowski qui assure l’intérim.

C’est donc un autre grand musée du pays qui se retrouve au coeur de la tourmente.

En juin, d’ex-employés du musée canadien pour les droits de la personne, à Winnipeg, ont rapporté avoir été victimes de racisme alors qu’ils étaient à l’emploi de l’établissement fédéral.

Et le mois dernier, c’est la directrice générale et conservatrice du Musée des beaux-arts de Montréal, Nathalie Bondil, qui était remerciée. Elle a quitté dans un climat d’affrontement avec son conseil d’administration et d’allégations de harcèlement psychologique au sein de l’organisation.