Gordon défend les employés fédéraux

Paul Gaboury
Paul Gaboury
Le Droit
La crise financière qui secoue la planète devrait inciter le gouvernement Harper à investir dans le secteur public pour aider les gens ordinaires à obtenir des services de qualité au moment où ils en ont grandement besoin.
Tout en se réjouissant des propos du ministre des Finances, Jim Flaherty, qui n'écarte plus l'idée d'un déficit à tout prix, le président de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), John Gordon, rappelle à Stephen Harper qu'il devrait agir dans l'intérêt public en investissant dans les services publics afin d'offrir des services aux personnes et aux sociétés qui souffrent des répercussions économiques.
«Wall Street et Bay Street sont à la source de la crise financière. Les gens ordinaires et les travailleurs du secteur public ne devraient pas faire les frais d'une crise économique causée par l'irresponsabilité du secteur financier et de l'investissement. Pour rebâtir l'économie et réduire la pauvreté au Canada, il faut investir dans une infrastructure et des services publics de qualité» souligne le président de l'AFPC, syndicat qui compte plus de 160 000 membres à travers le pays, dont 130 000 fonctionnaires fédéraux.
Le président Gordon rappelle qu'en cette période d'incertitude, la population a les yeux rivés sur les membres de l'AFPC parce qu'ils sont les employés sur la première ligne qui aident les gens à obtenir de l'assurance-emploi et des chèques de pension, du recyclage professionnel et de l'aide à l'adaptation.
Il souligne que chaque jour, les membres de l'AFPC reçoivent de nombreux appels de personnes qui veulent savoir ce que le gouvernement entend faire pour alléger la crise qui a d'abord frappé le milieu bancaire et financier et qui s'étend rapidement à l'économie traditionnelle. «Le temps est venu d'investir dans l'infrastructure et les services publics», souligne-t-il.
Par ailleurs, M. Gordon s'inquiète de la déclaration de M. Flaherty voulant que le processus d'examen des dépenses au sein du gouvernement soit élargi aux sociétés de la Couronne et aux salaires dans le secteur public alors qu'on devrait plutôt chercher comment venir en aide aux personnes et aux sociétés qui souffrent des répercussions économiques.
«Ce dont le Canada a surtout besoin avant de pousser davantage l'examen des dépenses, c'est d'une nouvelle réglementation dans le secteur des services financiers pour faire en sorte que cette réglementation ne mette plus jamais notre économie en péril», a ajouté M. Gordon.
Plus de 100 000 membres de l'AFPC attendent toujours le renouvellement de leurs contrats de travail. Pour la majorité, ils sont échus depuis juin 2007. Les négociations ont été ralenties par le déclenchement des élections générales. Le dossier est entre les mains du président du Conseil du Trésor, Vic Toews, qui a été maintenu dans ses fonctions par le premier ministre Harper.