Le Gîte Ami a été victime d'un troisième incendie en l'espace d'un mois vendredi.

Gîte Ami: le CRIO s’inquiète des conditions de vie des usagers

Alors que le Gîte Ami a été victime d’un troisième incendie en l’espace d’un mois vendredi dernier, le Collectif régional de la lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO) soulève plusieurs inquiétudes quant aux conditions dans lesquelles vivent les usagers du refuge.

Ces derniers ont été déplacés dans les locaux du centre communautaire Fontaine et de la Soupe Populaire de Hull à la suite du premier brasier, la veille du Jour de l’An.

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« Les résidents du Gîte Ami qui utilisent les installations du parc Fontaine vivent dans des conditions de réfugiés, déplore Alexandre Deschênes, organisateur communautaire au CRIO. La section des femmes se retrouve directement dans l’entrée, avec seulement des rideaux comme cloison, ce qui rend un minimum d’intimité impossible. Toutes et tous sont entassés dans des lits de camp. Que ce soit les douches froides (en hiver !), l’impossibilité de laver son linge, le manque d’entreposage de leurs effets personnels, la liste est longue. »

Alors que le Gîte Ami prévoit rouvrir ses portes à la mi-février, les deux sites temporaires pourraient cependant continuer de pallier le manque de lits jusqu’au 30 avril.

« Du court terme, nous voyons donc les choses s’allonger vers du moyen terme, indique M. Deschênes. La pression sur les intervenants qui travaillent sans relâche est énorme, leur épuisement est réel. Nous commençons à voir les dommages sur leur santé. Les autres organismes communautaires en périphérie vivent une augmentation prégnante du taux d’occupation. Leurs intervenants respectifs sont de plus en plus sollicités, augmentant les risques d’arrêt de travail. Dans cette spirale, c’est tout le milieu communautaire qui arrive à bout de souffle. »

Selon M. Deschênes, bien qu’appréciée par certains, « la présence policière accrue n’est pas la solution » pour aider les intervenants.

« Les agents sont souvent mal outillés face à la réalité des gens en situation d’itinérance, dit-il. Ce qu’il nous faut, ce sont des intervenants qualifiés. D’ici ou d’autres régions, du milieu communautaire ou institutionnel. »