La résidence du Portage, dans le secteur Hull, est l'un des nombreux établissements de l'Outaouais à accueillir des aînés.

Gicleurs: des programmes d'aide réclamés en Outaouais

Frappés par la tragédie de L'Isle-Verte et se disant incapables de payer eux-mêmes l'installation de gicleurs permettant de ralentir la propagation d'incendies, des propriétaires de résidences pour personnes âgées de l'Outaouais demandent à Québec de débloquer des fonds en ce sens. Le plus tôt possible.
Marcelin Chaumont n'en fait pas un secret. Il souhaite, depuis plusieurs années, rénover l'une des deux résidences dont il est propriétaire afin d'installer des gicleurs d'eau au plafond. S'ils ne garantissent pas de stopper des drames comme ceux de L'Isle-Verte, ils ont l'avantage de ralentir le brasier, dit-il.
«La ministre des Aînés (Agnès Maltais) est bouleversée, c'est normal, on l'est tous, dit-il. Si vous voulez que les normes soient remplies plus vite, mettez un programme de l'avant, soit une subvention pour les bâtiments non conformes, ou encore donnez-nous une garantie de prêt. S'ils faisaient ça, ça se serait fait partout en deux ans. On ne demande pas la charité, on demande qu'on nous aide.»
Il y a cinq ans, l'installation de gicleurs à la résidence du Portage lui avait coûté pas moins de 125000$, pour 20 chambres. «J'aimerais faire de même pour la résidence Jean-Bosco, mais ça me coûterait au moins 150000$, pour 26 chambres.»
Le coroner a recommandé à maintes reprises ces dernières années l'amélioration de la sécurité incendie dans les établissements pour personnes âgées, notamment au niveau de la présence de gicleurs. Une enquête préliminaire du site de L'Isle-Verte laisse croire que des gicleurs n'étaient pas installés dans l'aile la plus durement touchée du foyer.
«On est tous d'accord à mettre des gicleurs, on comprend que c'est plus sécuritaire, même que ça aurait pu retarder le feu et sauver des vies. Le dilemme, c'est que le gouvernement ne veut pas nous aider», souligne M. Chaumont. Il précise que ses résidences sont conformes aux normes actuelles, mais que les exigences gouvernementales pourraient évoluer pour exiger la présence d'extincteurs.
Québec d'accord sur le fond
Québec se montre ouvert à l'idée d'appuyer financièrement les propriétaires de résidences.
Un groupe de travail, le comité intersectoriel de sécurité incendie dans le cadre de la certification des résidences pour personnes âgées (CISIC), se penche déjà sur la question, affirme Jean-Thomas Grantham, l'attaché de presse de la ministre Maltais. «C'est sûr que la tragédie va peut-être accélérer les travaux. On n'a pas encore la formule (de financement) d'arrêtée, mais c'est sûr que les discussions vont se faire. On veut trouver une façon de financer tout ça.»
Nommée récemment à la commission parlementaire sur les conditions de vie des adultes hébergés en centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), la députée libérale de Gatineau Stéphanie Vallée a dit espérer que la tragédie de L'Isle-Verte puisse ramener la question de la sécurité dans les résidences à l'avant-scène.