Le député fédéral de Pontiac Will Amos estime qu’il est « essentiel » que le gouvernement Legault consulte davantage la population avant de mettre un point final aux cartes de la zone d’intervention spéciale.

Zone d'intervention spéciale: on doit corriger le tir, dit Will Amos

Sans vouloir trop s’immiscer dans les décisions de Québec, le député fédéral de Pontiac Will Amos estime qu’il est « essentiel » que le gouvernement Legault consulte davantage la population avant de mettre un point final aux cartes de la zone d’intervention spéciale (ZIS), qui aura un impact sur des milliers de citoyens.

L’élu, dont la circonscription a été durement touchée par les crues printanières de 2017 et 2019, affirme que le délai entre les consultations publiques, au début juillet, et le décret de la ZIS, qui a depuis été modifié, mais fait toujours l’objet de critiques, a « peut-être été trop court ».

« Quand on parle de patrimoine familial, des maisons de nos résidents, on parle d’un sujet très sensible et très important. Il faut absolument que la consultation soit à la hauteur de l’importance de l’enjeu. On parle de communautés entières. Il est essentiel que la province augmente et bonifie sa consultation. Il y a toujours l’opportunité de corriger le tir, j’ai envoyé une lettre au ministre Lacombe (responsable de la région de l’Outaouais) pour lui faire part des préoccupations des maires et des résidents », lance-t-il.

Dans sa missive acheminée il y a une dizaine de jours, M. Amos souligne notamment que « le dialogue avec les municipalités est primordial » et que « les interdictions de reconstruire et l’effet que la ZIS aura sur la valeur des propriétés vont potentiellement créer un manque à gagner pour (les) municipalités rurales ».

Interrogé par Le Droit, le député fédéral soutient qu’un bâtiment qui n’a jamais été inondé, y compris dans les deux dernières années, ne devrait « probablement pas » se retrouver dans la ZIS.

« Je suis convaincu que oui, il va falloir revoir le zonage en milieu inondable, c’est normal. On entre dans une nouvelle réalité de changements climatiques. Ceci étant dit, il faut le faire de la bonne façon. Nos petites municipalités avec quelques centaines de personnes, nous savons tous qu’elles n’ont pas les ressources nécessaires, n’ont pas d’ingénieurs, n’ont pas d’experts », indique-t-il.

M. Amos penche par ailleurs en faveur d’une étude indépendante sur la gestion des barrages lors des inondations, insistant pour que toutes les instances collaborent à un tel processus.

« Nos concitoyens ont des préoccupations et ne savent pas exactement ce qui s’est passé. Ils veulent obtenir des réponses et c’est normal quand on est en crise familiale, qu’on a perdu sa maison. Depuis deux mois, je travaille pour communiquer clairement à notre gouvernement (fédéral) qu’il est essentiel qu’il y ait une étude approfondie et compréhensive, avec les trois paliers de gouvernement autour de la table et les compagnies qui opèrent les barrages. On n’a pas de données qui nous indiquent que c’est le cas [que le tout a joué un rôle dans les inondations], mais il faut maintenir la confiance de la population envers les institutions qui gèrent et coordonnent les barrages et les niveaux d’eau dans le bassin versant de la rivière des Outaouais », lance-t-il.

Les municipalités ont jusqu’au 19 août pour soumettre au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation des demandes d’ajustements à la délimitation du territoire de la ZIS. 

Les citoyens doivent communiquer avec leur municipalité. 

Rappelons que Québec entend élaborer d’ici la fin de l’année un plan d’action en matière d’aménagement du territoire relatif aux inondations.