L’objectif de la CRRO est d’identifier des solutions raisonnables aux problèmes causées par les inondations qui sont justes et équitables envers les propriétaires.

Zone d'intervention spéciale : les sinistrés forment une coalition

Dans la foulée de la controverse entourant le décret de la zone d’intervention spéciale (ZIS) par le gouvernement du Québec, une coalition a vu le jour, lundi, afin de représenter les citoyens de l’Outaouais affectés par la ZIS.

La Coalition riveraine des rivières de l’Outaouais (CRRO), souhaite notamment devenir « l’organisation crédible qui représente les citoyens de l’Outaouais touchés ou concernés par le décret de la ZIS, et être la source d’information à ce sujet ».

En entrevue avec Le Droit, le fondateur de la CRRO, Marc Legault, indique que la ZIS a créé des injustices et que la CRRO souhaite les dénoncer.

« La majorité des résidents qui sont dans la ZIS et qui se trouvent dans la zone 20-100 ans avaient un droit de reconstruction et de construction. Maintenant, ces droits-là sont perdus. Le problème, c’est que pour beaucoup de ces citoyens-là, leur établissement date d’avant même le premier règlement de la province vis-à-vis le contrôle riverain en 1987 », explique-t-il.

« Quand le gouvernement dit que la raison principale des inondations est l’aménagement riverain, c’est totalement faux, ajoute par ailleurs M. Legault. L’aménagement riverain ne s’est pas passé dans les derniers trois ans, mais bien à travers des décennies et des décennies. Quand on regarde les statistiques des 30 dernières années sur le contrôle des eaux, la situation est stable. Depuis les inondations de 1974, jamais on n’avait eu d’inondations comme celles de 2017 et de 2019. Alors pourquoi tout d’un coup en 2017 et 2019 ça jump ? C’est impossible que ce soit à cause de l’aménagement, car on aurait dû observer une augmentation graduelle de la crue chaque décennie et ce n’est pas le cas. »

Alors qu’un des objectifs de la CRRO est d’identifier des « solutions raisonnables aux problèmes causés par les inondations qui sont justes et équitables envers les propriétaires », M. Legault souligne que 13 solutions ont été proposées pour l’instant.

« La plus raisonnable, dit-il, c’est de faire l’enquête. C’est ça la solution. C’est de trouver la cause réelle des inondations. Lors des assemblées publiques à Hull et à Campbell’s Bay, un bon 50 % des citoyens pointaient le doigt à la gestion des eaux et demandaient des questions à savoir pourquoi la province ne fait pas d’enquête. Durant toute cette assemblée publique là, la province n’a jamais dit un mot à ce sujet et a totalement évité d’aborder le sujet et d’en discuter. En évitant le sujet, la majorité des gens qui sont sortis de l’assemblée publique ont senti qu’on leur cachait quelque chose. »

En date de mardi, M. Legault avait déjà entamé des discussions avec des conseillers de la Ville de Gatineau. Mais éventuellement, c’est aux membres du gouvernement provincial que la Coalition souhaite s’adresser. « Je n’ai pas encore eu la chance de parler au maire, mais c’est dans notre agenda de l’approcher et d’en discuter avec lui, indique-t-il. Et en fin de compte, oui, on a l’intention de contacter les députés et de discuter avec le ministre responsable. »

Les citoyens qui souhaitent suivre les activités de la CRRO peuvent le faire en visitant le site Web de la coalition ou encore en consultant la page Facebook de la CRRO.

« On veut que les gens nous fassent part de leurs solutions et de leurs préoccupations », mentionne M. Legault.