Près de 40% du territoire gatinois est zoné agricole, une réalité que peu de citoyens connaissent.

Zone agricole de Gatineau: plan de développement de cinq ans

Gatineau adoptera en décembre un plan qui doit permettre un développement de l’agriculture sur son territoire et de mettre à profit des terres carrément sous-utilisées qui appartiennent souvent à des spéculateurs fonciers.

Les Gatinois l’oublient souvent, mais 40 % de la superficie de leur ville est zonée agricole. Ils l’oublient probablement parce que moins du quart de cette superficie est actuellement cultivée. Même les terres agricoles appartenant à la Ville de Gatineau sont en friche, pour la très grande majorité.

Ce plan qui était réclamé par les agriculteurs depuis longtemps permettra, dès sa première année de mise en application, d’alléger la réglementation applicable au milieu agricole et d’améliorer l’accompagnement que fait la Ville auprès de ce type d’entrepreneur.

L’une des mesures du plan qui a été salué par le président de la commission agricole, Jean Lessard, et par le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, est la désignation d’un « agent de maillage » qui permettra de mettre en contact des propriétaires de terres agricoles en friche est des agriculteurs qui ont des projets d’affaires, mais pas nécessairement les ressources pour acheter une terre.

« C’est un petit geste, mais très concret, note le maire. Il y a toute une communauté de jeunes gens d’affaires qui émergent. On pourra mailler ces gens qui ont des projets intéressants, qui veulent parfois faire de la microagriculture, avec quelqu’un qui a une terre [non utilisée]. »

La Ville, qui possède l’équivalent de 600 terrains de soccer de terres agricoles, se donne deux ans pour mettre en valeur ce potentiel, notamment dans la zone près de l’aéroport, où des projets d’expérimentation et d’activités de recherches pourraient avoir lieu. « On veut mettre nos terres en valeur en les louant ou en les vendant à des agriculteurs, explique M. Lessard. On pourrait en mettre à la disposition des universités qui ont des projets de recherches. C’est quelque chose qui a ressorti de nos consultations. Il y a donc une demande pour ça. »

Gatineau souhaite aussi lutter contre la spéculation foncière avec les terres agricoles sur son territoire.

Elle évalue présentement la possibilité d’imposer une surtaxe aux propriétaires de terres en friche, mais l’opération prendra au moins deux ans en raison de la complexité des cadres réglementaires en la matière.

Gatineau s’engage aussi dès la deuxième année de son plan à faire des représentations auprès du gouvernement provincial afin que les agriculteurs de son territoire puissent bénéficier des mêmes programmes de subvention que leurs pairs établis dans les MRC rurales.

L’objectif principal derrière ce plan de développement demeure de faire en sorte que les Gatinois consomment plus de produits locaux. Pour ce faire, la stratégie municipale sera dès le début de travailler à raffermir les réseaux de commercialisation.

À ce chapitre, les marchés publics, souvent la principale porte d’entrée à l’achat de produits locaux par les citoyens ont un rôle important à jouer.

La conseillère du Plateau, Maude Marquis-Bissonnette, dont le quartier a accueilli un nouveau marché public cet été, soutient que la demande est là, mais que la capacité des agriculteurs à y répondre est fragilisée par la multiplication de ces mêmes marchés. « Si on veut manger plus local et mieux soutenir nos agriculteurs locaux, il faut une réflexion pour arrimer nos systèmes, dit-elle. Il y a des questions au niveau régional à se poser. On doit trouver des façons d’avoir une meilleure mise en marché des produits locaux. C’est un défi pour les agriculteurs et une demande des citoyens. »