Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud Jobin, fait face à un barrage de questions de la part de certains conseillers municipaux depuis qu’il a permis à un haut fonctionnaire de s’entretenir avec Le Droit.

Volée de bois vert pour le cabinet du maire

Le cabinet du maire Maxime Pedneaud-Jobin reçoit une sévère réprimande de la part d’élus du conseil municipal de Gatineau à la suite de l’entrevue accordée au Droit par la haute direction du service des infrastructures.

Après Mike Duggan qui s’est plaint, mardi, d’avoir été visé par l’administration pour expliquer les retards dans la réalisation de la première phase du grand chantier de l’eau jaune, c’est au tour des conseillères Audrey Bureau et Louise Boudrias de dénoncer ce qu’elles jugent être un double discours politique qui permet au cabinet du maire de tenir le conseil dans un brouillard de plus en plus opaque.

«J’ai un grand malaise avec ce double discours, lance Mme Bureau. Le maire ne peut pas affirmer d’un côté qu’il ne faut pas exposer nos fonctionnaires et s’en servir pour éviter de présenter des dossiers publiquement en comité plénier, et de l’autre, envoyer un haut fonctionnaire donner une telle entrevue à un journaliste. Le conseil n’avait pas été saisi de toute cette information. Ça ne se fait pas.»

Devant la presse, au terme d’une réunion expéditive du comité exécutif, mercredi matin, le maire a indiqué que les élus qui cherchent à obtenir de l’information sur les enjeux qui les préoccupent peuvent simplement poser leurs questions au cabinet et les détails seront transmis.

La conseillère Bureau assure avoir interpellé le cabinet dans les jours précédant la publication du dossier dans Le Droit afin de savoir quand le sujet des ressources humaines aux infrastructures allait revenir au conseil municipal.

«La vérité, c’est que j’ai posé des questions parce que j’ai des préoccupations et on m’a servi une réponse vague et ambiguë qui me porte à croire que le cabinet ne veut pas amener ce dossier devant les élus pour l’instant, affirme Mme Bureau. On m’a dit que le dossier est sur la pile. On ne me répond pas, mais on accorde une entrevue d’une heure à un journaliste. C’est aberrant. Comment peut-il y avoir si peu de présentations publiques en comité plénier alors que le cabinet admet avoir une pile de dossiers à présenter? Le cabinet ne le fait pas parce que le cabinet juge que ce n’est pas le bon moment pour le faire.»

Louise Boudrias est d’avis qu’il revenait d’abord au maire de répondre au journaliste du Droit, et à l’administration d’informer les élus. Prenant le maire au mot, elle a fait parvenir au cabinet un courriel dans lequel elle demande que soit partagée avec l’ensemble des élus la liste des dossiers qui doivent prochainement être présentés au conseil et dont parlait l’attachée de presse du maire, Laurence Gillot, dans l’édition du Droit de mercredi.

Le président du conseil municipal, Daniel Champagne, affirme pour sa part avoir appris des informations «intéressantes et pertinentes» dans le journal. Il affirme que cette façon de faire «soulève des questions», mais selon lui, les tiraillements sur ce type d’enjeu interne n’ont pas leur place en public. «Les citoyens sont très peu intéressés aux relations entre les élus et l’administration, dit-il. Ils me parlent surtout de notre capacité de livrer nos projets. Il y a tellement d’enjeux dans le dossier des infrastructures. Ne bifurquons pas de vrais problèmes et des défis que nous avons vers une affaire qui doit se gérer à l’interne.»