La police de Gatineau demande aux citoyens d’être patients et de mieux planifier leurs déplacements pour éviter la tentation des voies réservées.

Voies réservées: le nombre de constats d’infraction explose

Les automobilistes délinquants qui ne respectent pas les voies réservées sont de plus en plus nombreux à Gatineau. Le nombre de constats d’infraction émis pour un tel geste a explosé de presque 300 % en l’espace d’un an, selon des données obtenues par Le Droit.

Entre le 1er janvier et le 30 septembre dernier, un total de 1426 billets d’infraction s’élevant à 247$ chacun ont été distribués par les agents du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG). Pour la même période l’an dernier, 492 constats ont été remis à des conducteurs pris en flagrant délit sur l’un des huit tronçons routiers où l’on retrouve des voies destinées à l’usage exclusif des autobus, des taxis et des véhicules pratiquant le covoiturage.

C’est donc dire que ces infractions ont permis à la Ville d’engranger une somme de 352 000$ jusqu’à présent en 2018, alors que le montant avoisinait les 121 000$ pour les neuf premiers mois de 2017.

Plaintes et réseaux sociaux enflammés 

Selon le SPVG, la hausse du nombre d’opérations liées aux voies réservées (70 entre le 1er janvier et le 31 août) s’explique par l’accroissement notable du nombre de plaintes à ce sujet au Centre d’appels non urgents 311. À titre d’exemple, uniquement entre le 1er et le 4 octobre dernier, 44 plaintes ont été formulées, un bond de 70 % par rapport au même intervalle de temps en 2017.

« Les gens se plaignent davantage, on le voit bien avec les réseaux sociaux. Nous-mêmes, quand on publie des informations sur les voies réservées, ça enflamme la toile, c’est incroyable. On reçoit des centaines et des centaines de commentaires. Les gens nous disent où aller, ce qui nous aide à diriger nos opérations. [...] Ça frustre les automobilistes de voir que d’autres ne respectent pas les règles et n’attendent pas en file comme tout le monde », de dire la porte-parole du SPVG, Andrée East.

C’est majoritairement à l’heure de pointe matinale que les policiers ont sévi. Par exemple, sur les 382 constats d’infraction remis entre le 3 septembre et le 3 octobre, 59 % ont été décernés entre 6 h et 9 h.

Boulevard Fournier

Tout en rappelant que chaque secteur fait l’objet d’une surveillance régulière, les autorités ne nient pas que le boulevard Fournier est un endroit qui a fait l’objet de plus d’opérations cette année.

« Les travaux majeurs d’infrastructure qui ont eu lieu à cet endroit l’an dernier ont limité les possibilités d’y effectuer des opérations aussi fréquemment que cette année », souligne Mme East.

Pourquoi le message passe si difficilement auprès de certains conducteurs ?

« Ceux qui empruntent ces voies-là alors qu’ils n’ont pas le droit, c’est qu’ils veulent arriver plus vite à la maison. Mais malheureusement, c’est réservé au transport collectif. Il suffit d’être patient et de mieux planifier ses déplacements, sinon c’est à ce moment-là qu’on ressent du stress et qu’on a envie d’utiliser cette voie-là. [...] En plus, on ne gagne pas tant de temps que ça, car le roulement se fait assez bien dans les voies régulières », affirme-t-elle.

Le SPVG tient également à rappeler que les automobilistes qui circulent illégalement dans une voie réservée et qui se rangent à la dernière minute dans l’autre voie lorsqu’ils aperçoivent les policiers courent eux aussi le risque d’être interpellés quelques mètres plus loin.

« Le gros bon sens prime, mais s’ils l’ont fait sur une longue distance, les agents peuvent leur émettre un constat », note Mme East.