Le maire Maxime Pedneaud Jobin propose un « Sommet du vivre ensemble ».

Vers un « Sommet du vivre ensemble »

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin et les principaux organismes oeuvrant à l'intégration des immigrants sur le territoire de la Ville souhaitent prendre leur distance des débats de principe qui polarisent souvent les opinions et proposent de construire ensemble une « philosophie d'accueil » qui caractérisera Gatineau et ses citoyens à la grandeur du Québec.
Une première étape permettant d'avancer dans cette direction pourrait avoir lieu dès le printemps prochain. Le Droit a appris que le maire Pedneaud-Jobin propose de convier tous les acteurs concernés, dès le début du printemps prochain, à un « Sommet gatinois sur le vivre ensemble » qui permettrait à chacun de partager sa lecture de la situation, ses inquiétudes et de consolider le modèle d'intégration et d'accueil développé au fil des ans. 
C'est à tout le moins ce qui a été convenu vendredi dernier lors d'une séance de travail à laquelle ont participé les députés fédéral et provincial Greg Fergus et André Fortin, ainsi que des représentants de Service intégration travail Outaouais (SITO), du Carrefour jeunesse emploi de l'Outaouais (CJEO), d'Accueil-Parrainage Outaouais (APO), de l'Association des femmes immigrantes de l'Outaouais (AFIO), du Centre d'innovation des Premiers Peuples (CIPP), du Centre islamique de l'Outaouais (CIO), de la Table éducation Outaouais et du secteur de la diversité culturelle de la Ville de Gatineau. 
Le maire souhaitera probablement glisser un mot concernant ce projet à la ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil, qui sera de passage à Gatineau ce jeudi pour annoncer de nouvelles initiatives visant à favoriser la participation des personnes immigrantes. 
« Nous avons des discussions depuis déjà plusieurs mois, mais elles se sont intensifiées après l'attentat à la Mosquée de Québec, précise le maire. Nous avons un modèle et une culture d'accueil qui va assez bien à Gatineau. Nous avons une qualité de vivre ensemble qui est bonne, tout en étant le 2e pôle d'immigration au Québec. Mais nous ne sommes pas imperméables au contexte mondial. Ce qui s'est passé à Québec a inquiété beaucoup de gens. Ce serait de l'aveuglement volontaire de penser qu'on est à l'abri de ça. Nous arrivons à la conclusion qu'il faut se parler plus. Notre modèle d'intégration va bien maintenant, mais rien ne garantit que ça sera toujours le cas dans cinq ou dix ans. Il faut cesser de constamment demander aux immigrants d'où ils viennent. Il faut en venir à se demander où on veut aller tous ensemble. »
Le maire Pedneaud-Jobin explique que l'idée derrière ce sommet serait d'en ressortir avec une « structure permanente », un genre de « conseil du vivre ensemble » ou une table de concertation comme il y avait auparavant à la Conférence régionale des élus afin de permettre aux principaux intervenants d'arrimer leurs actions et de se doter d'outils communs. 
« Un endroit où on pourrait déterminer si on se donne ensemble des campagnes de sensibilisation, explique le maire. Un endroit où on peut décider si on met carrément une philosophie d'accueil sur papier, si des liens particuliers doivent être faits avec le milieu scolaire ou les bibliothèques municipales. Ça permettrait d'avoir des actions plus cohérentes. »
La volonté du milieu de tenir ce « Sommet du vivre ensemble » au printemps ne vient pas d'un sentiment d'urgence lié à des défaillances importantes dans les actions sur le terrain, mais bien du souhait de consolider le modèle actuel. « Nous avons un taux de rétention des immigrants de 97 %, note le maire de Gatineau. Ça veut dire qu'il y a quelque chose qui fonctionne dans ce qu'on fait. Les gens qui arrivent chez nous ne repartent pas. Nous avons aussi des succès au niveau économique. Après dix ans, le taux de chômage des immigrants est plus bas que celui de la population en général. Les immigrants sont aussi bien distribués sur le territoire. Il n'y a pas de ghetto à Gatineau. Nos communautés se transforment et les gens vivent ensemble. »