Le projet Bloome, situé au coin des boulevards Saint-Joseph et Montclair dans le secteur Hull, fait face à une opposition citoyenne.

Vers un référendum pour Bloome

Il pourrait y avoir tenue d’un référendum pour déterminer si le promoteur du projet Bloome, à l’angle des boulevards Saint-Joseph et Montclair, pourra construire des édifices de plus de dix étages.

Avec 38 signatures, les opposants au projet de construction de trois tours de 10, 17 et 30 étages ont été suffisamment nombreux, mercredi, à se présenter à l’hôtel de ville de Gatineau pour signer le registre.

Le conseiller du quartier, Cédric Tessier, s’est dit ouvert à tenir un référendum, mais souhaite d’abord attendre une décision du groupe immobilier Kevlar. « C’est une possibilité. Il faut y réfléchir, mais il faut voir ce que le promoteur veut faire, un référendum ou refaire le projet. »

M. Tessier a rappelé qu’une demande de renonciation au registre a été déposée mardi.

«Il devait y avoir 75 signatures, il y en a eu 69, qui sont des gens qui résident presque exclusivement au Blackburn. Donc on peut dire sans se tromper que la majorité des résidents du Blackburn appuient le projet Bloome. Ceci dit, comme la loi elle est faite, au registre [mercredi], les opposants [avaient] besoin de 26 signatures, donc beaucoup moins que les 69.»

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Un contre-registre prévu pour Bloome

M. Tessier affirme ne pas avoir été surpris d’apprendre que près d’une quarantaine de personnes avaient signé le registre.

Si le projet Bloome est annulé, y a-t-il lieu de changer les règles du jeu ? «On le sait que la loi 122 donne aux municipalités certaines possibilités pour changer les règles [...]. Pour l’instant, il y a très peu de villes qui l’ont fait. Ce qu’on nous dit, c’est que c’est extrêmement compliqué.»

Il y a «environ un» registre par année à Gatineau, «des fois deux». «Est-ce qu’il faut qu’on se donne encore plus de difficulté dans d’autres projets où tout va bien pour ces exceptions-là ? Il faut se poser la question. Si on change les règles, on change les règles pour tous les projets, pas seulement pour les projets où il y aurait des registres. Donc est-ce qu’il faut se donner tout ce trouble-là pour les autres projets ? [...] Je ne suis pas certain.»

Le dernier référendum concernant un projet immobilier à Gatineau remonte à 15 ans.

L’un des signataires du registre, Réal Brunet, possède cinq unités qu’il loue dans l’édifice Blackburn. Il a indiqué que même si ses logements perdraient leur vue avec le maximum de dix étages actuellement prévu pour le terrain où le promoteur Kevlar souhaite s’installer, il a signé le registre «pas solidarité avec les autres». «Je respecte les gens qui sont là, a-t-il mentionné. Ils ont acheté une vue. Cette vue-là, ils ont payé pour à ce moment-là. Pourquoi les priver de ça lorsque le zonage légal est un dix étages et que le propriétaire — ou le futur propriétaire du terrain, quand il l’a acheté — était bien conscient que le zonage était de dix étages», a-t-il ajouté.

Ayant lui-même déjà habité dans le Blackburn, M. Brunet s’inquiète aussi des impacts sur la circulation dans le secteur si le projet Bloome peut aller de l’avant.

Avec Émilie Pelletier, Le Droit