Clément Bélanger, qui a tenté sa chance à la mairie de Gatineau lors des dernières élections municipales, multiplie les démarches dans le but de fonder un nouveau parti politique municipal.

Vers un deuxième parti politique à Gatineau

Les chances sont de plus en plus fortes qu’Action Gatineau doivent affronter un autre parti politique lors des prochaines élections.

Le Droit a appris que l’ancien candidat à la mairie lors des élections municipales de 2017, Clément Bélanger, multiplie les rencontres, déjeuners et appels avec plusieurs intervenants des milieux politique, économique et culturel dans le but avoué de jauger l’accueil qu’aurait un deuxième parti politique dans le paysage gatinois. « L’accueil est extrêmement positif », dit-il.

M. Bélanger a été aperçu avec l’ancien ministre Norman MacMillan et l’ancien maire Robert Labine, la semaine dernière, dans un restaurant du secteur Gatineau. Il a aussi fait des approches auprès d’Action Gatineau pour connaître la façon dont s’y était pris la formation politique pour fonder un parti. Le conseiller Marc Carrière qui a récemment affirmé publiquement songer à la création d’un parti politique fait partie de son entourage et affirme que la réflexion à ce chapitre prend de l’ampleur.

En entrevue, Clément Bélanger confirme travailler à mettre en place les éléments préalables à la formation d’un parti. Il précise avoir fait une croix sur sa candidature à la mairie pour 2021, mais il ne ferme pas du tout la porte à se présenter comme conseiller municipal.

« En 2013, on était plusieurs à croire qu’Action Gatineau était un accident de parcours, affirme M. Bélanger. Mais après l’élection de 2017, il faut reconnaître qu’ils sont là pour rester. Nous cherchons une façon d’améliorer la démocratie et de voir, dans ce contexte, s’il y a lieu de fonder une nouvelle formation politique pour faire contre poids à Action Gatineau. Avant l’arrivée du parti, à Gatineau, la politique était un sport individuel. Aujourd’hui, c’est devenu un sport d’équipe. Dès qu’il y a un parti au pouvoir, ça prend une opposition officielle forte. Là, il n’y a que des indépendants et ils n’arrivent pas à jouer ce rôle. »

Celui qui a terminé 4e dans la course à la mairie il y a un an, affirme ne pas être encore convaincu à 100 % de la nécessité d’offrir aux Gatinois une troisième alternative qui viendrait s’ajouter à celles Action Gatineau et des indépendants. « Je ne sais pas encore si les citoyens le souhaitent vraiment, souligne-t-il. Mais comme je poursuis la démarche, on peut imaginer de quel bord je penche. Nous avons encore bien du temps devant nous. »

Carrière ouvert à la chefferie

Ce n’est cependant pas Norman MacMillan qui aura poussé M. Bélanger à concrétiser son projet. L’ancien ministre affirme l’avoir rencontré à sa demande. « Ce n’était pas officiel, c’était un déjeuner privé, dit l’ancien député libéral de Papineau. J’ai accepté de le rencontrer. Il avait des questions et je lui ai donné mes réponses. Il m’a parlé de parti politique municipal. Je lui ai dit clairement que j’étais contre ça, je ne participe pas à son projet, mais je sais qu’il consulte beaucoup de gens. »

Le conseiller Marc Carrière dit avoir eu plusieurs discussions avec M. Bélanger. « On se demande tous si la présence d’un autre parti est nécessaire, affirme-t-il. Je persiste à croire que les partis ne sont pas nécessaires au municipal, mais à partir du moment où il y en a un dans le portrait, un seul, la réflexion doit se faire pour un deuxième. »

Tant M. Bélanger que Carrière affirment que la question du chef ne s’est pas encore posée. Si M. Bélanger ferme la porte à prendre la tête du parti, M. Carrière, pour sa part, se laisse toutes les portes ouvertes. Ce dernier soutient toutefois qu’il devra y avoir une course à la chefferie si un nouveau parti devait émerger des présentes discussions.