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L'église Notre-Dame-de-Lorette
L'église Notre-Dame-de-Lorette

Vendue au privé, l’église Notre-Dame-de-Lorette échappe à une coopérative d’habitation

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
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La Fabrique de la paroisse Saint-Joseph de Hull a finalement fait faux bond à la Coopérative de quartier de la Petite-Chaudière en vendant à des promoteurs privés l’ancienne église Notre-Dame-de-Lorette dans le quartier Val-Trétreau. 

La coopérative  tentait depuis un an de faire l’acquisition de l’ancienne église pour y construire une soixantaine d’unités de logements abordables destinées aux familles et aux aînés. Le projet est évalué à environ 17 millions $. Le Droit a appris que la fabrique a plutôt vendu l’immeuble, quelques semaines avant les Fêtes, au Groupe Marc Dubé et son associé dans ce projet, l’homme d’affaires Marcel Raymond.

«Nous avions espoir d’une collaboration plus ouverte avec la fabrique de la paroisse Saint-Joseph, a affirmé le président de la coopérative, Jean-Pierre Maheu. Il nous paraissait évident que le projet d’établissement d’une coopérative d’habitation s’inscrivait dans la mission d’une paroisse qui a animé le coeur de cette petite communauté qu’elle délaisse aujourd’hui. Les impératifs financiers semblent avoir eu le dessus sur la mission communautaire de cette paroisse. Je crois que la fabrique n’a finalement jamais été intéressée à nous vendre l’église, ni même de négocier avec nous. À notre avis, la fabrique n’a pas été de bonne foi avec nous. On comprend mal l’attitude de ses représentants.»

Interpellée par Le Droit, la présidente du conseil de Fabrique de la paroisse Saint-Joseph de Hull, Andrée Lachaîne, a refusé d’expliquer ce qui a motivé la décision de l’organisation. «Nous n’avons pas à justifier ni à expliquer la façon dont nous avons procédé dans ce dossier», a-t-elle lancé avant de mettre un terme à la discussion. 


« Je vais vouloir m’assurer que le promoteur privé présente un projet acceptable pour les citoyens du quartier. »
Jocelyn Blondin

La directrice générale du Groupe Marc Dubé, Katherine Villeneuve-Belfoy, précise que les détails du projet rendu possible par l’achat de l’église ne sont pas encore déterminés. «Ce sera de l’immobilier, mais les caractéristiques du projet ne sont pas encore déterminées, dit-elle. Nous souhaitons clairement collaborer avec la Ville de Gatineau et les associations du quartier pour être en mesure de développer un projet qui permettra de répondre à des besoins identifiés dans le secteur et qui sera acceptable pour les résidents. Toutes les possibilités seront analysées.»

Le conseiller municipal du quartier, Jocelyn Blondin, qui appuyait le projet de coopérative d’habitation affirme avoir été «surpris» de la décision de la fabrique de vendre l’église à des promoteurs privés. Il ajoute toutefois que la fabrique était dans son droit de vendre l’église à qui elle voulait. «Je vais vouloir m’assurer que le promoteur privé présente un projet acceptable pour les citoyens du quartier, dit-il. Je souhaite que le projet comprenne du logement abordable et accessible pour les personnes âgées parce que c’est un réel besoin dans le quartier. J’espère aussi que le projet comprendra un minimum d’activités commerciales au rez-de-chaussée.»

Coopérative toujours en vie

Jean-Pierre Maheu précise que la vente de l’église Notre-Dame-de-Lorette ne signifie pas la fin du projet de nouvelle coopérative d’habitation dans Val-Tétreau. 

«Nous sommes prêts à explorer d’autres pistes et nous sommes à la recherche d’un autre emplacement, dit-il. Le souhait réitéré depuis de nombreuses années de ramener les familles dans le centre-ville exige une mixité dans l’offre de logement. L’enjeu de l’acquisition de terrain est un défi de taille si on veut offrir des milieux permettant l’installation de personnes seules, de couples et de familles, à des prix abordables.»