L’heure de la retraite du SPVG a sonné pour le sergent Jean-Paul Le May.

Vélo, piano et un peu de repos

Le sergent-relationniste du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) troque son bureau du boulevard Gréber pour son vélo et le piano.

« Après plus de 33 ans à servir les citoyens, je prends ma retraite », a indiqué le sergent Jean-Paul Le May dans un courriel envoyé jeudi lors de son dernier quart de travail.

C’est fier et avec le sentiment du devoir accompli que le policier de 55 ans a passé sa dernière journée au quartier général du SPVG.

« J’ai adoré mon travail. La première moitié de ma carrière fut plus axée sur la répression alors que la deuxième moitié fut davantage communautaire, relations publiques », a raconté le sergent Le May en entrevue au Droit.

M. Le May a commencé sa carrière en 1985 à la police de Maniwaki. L’année suivante, il revenait dans sa ville natale, Hull, pour servir dans la police municipale. Il a commencé comme policier dans la patrouille de nuit et a bien connu les nuits mouvementées de la promenade du Portage. Au cours des dernières années, il fut relationniste pour les médias.

Passionné de cyclisme et de plein air, M. Le May profitera de ses journées de retraite bien méritée pour enfourcher son vélo et circuler sur les nombreux sentiers de la région.

« Je vais vouloir suivre des cours de piano. C’est comme un rendez-vous manqué pour moi », a aussi précisé ce père de trois enfants.

Le policier Le May a eu souvent à intervenir lors de crimes importants et très médiatisés commis dans le secteur du quartier du Mont-Bleu, là où il a été élevé, et là où il s’est installé en revenant de Maniwaki. Il pense notamment aux meurtres de Kelly Morrisseau, en 2006, à celui de Valérie LeBlanc, en 2011, et à celui de Thérèse Gauvreau, en janvier 2017, dont il connait la famille.

Le décès de la jeune diabétique Lisanne Manseau, en 1994, dossier dans lequel la naturopathe Louise Lortie avait été reconnue coupable d’homicide involontaire, a aussi été marquant pour le policier Le May, qui avait été appelé à témoigner au procès. Lisanne avait fréquenté l’école primaire où allait M. Le May quand il était jeune.

« Quand ça se passe chez vous, dans ta cour arrière, c’est plus difficile comme événement. On vit pleinement ces dossiers-là », a-t-il expliqué. Sur un point de vue personnel, ça ajoute au drame ».

Le sergent-relationniste a dit avoir eu beaucoup de fierté à représenter ses collègues dans son travail au cours des dernières années.

« Je crois en ce que la police représente dans la société et dans notre communauté. D’être le représentant de mes collègues, pour moi, c’est une grande fierté. On n’est pas toujours parfaits, mais personne ne l’est », a noté M. Le May.