Selon la directrice du Secrétariat au développement économique de la Ville de Gatineau, Isabelle Veilleux, le secteur de la Fonderie accueillerait le siège social de la future zone d’innovation.

Une vaste zone du centre-ville dédiée à l’innovation en cybersécurité

Le Secrétariat au développement économique de Gatineau élabore depuis plusieurs semaines déjà le modèle de « zone d’innovation » que la Ville entend présenter au gouvernement du Québec plus tard cet automne. Les détails du plan sont encore préliminaires, mais Le Droit a appris que la zone visée sera beaucoup plus vaste que celle évoquée au départ qui se résumait aux terrains de la Fonderie. Gatineau semble aussi vouloir privilégier les domaines des technologies numériques et de la cybersécurité comme moteur d’innovation.

Un ingrédient primordial manque cependant toujours à l’appel pour que le projet de Gatineau soit sérieusement considéré par le gouvernement ; un centre de recherche autour duquel graviteront l’ensemble des joueurs impliqués. Il s’agit d’un critère essentiel identifié par Québec pour établir et financer une zone d’innovation.

En entrevue avec Le Droit, la semaine dernière, la directrice du Secrétariat au développement économique de la Ville de Gatineau, Isabelle Veilleux, a reconnu que cet élément du projet gatinois fait toujours défaut. « Présentement, on n’a pas de centre de recherche, dit-elle. C’est clair qu’il faudra intégrer ça dans notre proposition, mais nous n’avons pas encore de réponse à cet enjeu pour l’instant. »

Vaste zone

Au moment de l’annonce gouvernementale de la mise en place éventuelle de zones d’innovation partout au Québec, ce printemps, et de l’octroi à la Ville de Gatineau d’une subvention de 10 millions $ pour procéder à de la décontamination, seuls les terrains de la Fonderie étaient évoqués comme étant susceptibles d’accueillir un tel projet. Les choses se sont cependant précisées au cours des dernières semaines. Le Droit a appris que la zone d’innovation que présentera Gatineau s’étendra de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) jusqu’au projet Zibi. Elle englobera au passage les terrains de la Fonderie et tout le secteur identifié comme le pôle culturel de la rue Montcalm.

« Rien n’est encore définitif, mais on parle d’une zone dont le siège social serait dans le secteur de la Fonderie, précise Mme Veilleux. On pourrait y retrouver un incubateur d’entreprises, un centre de recherche, des espaces de collaboration, de congrès et de colloques. L’endroit serait le coeur de notre zone d’innovation et il serait arrimé avec Zibi qui développe son offre pour les entreprises technologiques et évidemment avec l’UQO, ses chercheurs et ses étudiants. »

Cybersécurité

La volonté de Gatineau de devenir une plaque tournante dans le domaine de la cybersécurité ne fait plus aucun doute. Les signaux en ce sens sont de plus en plus nombreux. Ce n’est donc pas une surprise si ce secteur en émergence est au coeur du projet de zone d’innovation que la Ville entend présenter au gouvernement.

« Les technologies numériques, l’Internet des objets, la cybersécurité et le domaine du manufacturier innovant nous apparaissent tous comme des éléments porteurs pour Gatineau, note Mme Veilleux. Nous avons une synergie qui se développe rapidement en cybersécurité. Nous avons In-Sec-M et le Centre collégial de transfert des technologies au Cégep de l’Outaouais. L’UQO est en train de développer des programmes en cybersécurité et d’autres en génie informatique. Il y a une opportunité importante pour arrimer le milieu de l’éducation et les entreprises dans ce domaine. »

D’ici le dépôt officiel d’un projet de zone d’innovation, la Ville de Gatineau entend avoir des échanges avec le gouvernement afin de lui faire une proposition préliminaire de son projet. « On veut faire ça à l’automne », précise Mme Veilleux.

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Le plan d’innovation de Québec

Les zones d’innovation annoncées par Québec il y a quelques mois sont au coeur de la vision économique du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Elles visent à regrouper, dans un même endroit géographiquement délimité, des chercheurs, des enseignants, des créateurs, des entreprises et des investisseurs ayant tous des liens avec un même secteur de développement.

Les zones d’innovation doivent toutes être développées autour d’un centre de recherche scientifique afin de passer plus rapidement «de l’idée à la mise en marché». Le gouvernement doit présenter, cet automne, un projet de loi-cadre qui reconnaîtra les zones d’innovation et déterminera leurs orientations et leurs paramètres.

Toutes les villes pourront présenter des projets au gouvernement. L’objectif derrière ces zones d’innovation est d’augmenter les exportations, les investissements étrangers et le nombre d’emplois payants.

La Ville de Gatineau a reçu une somme de 10 millions $, il y a quelques mois, pour procéder à la décontamination des terrains de la Fonderie, un secteur identifié par la Ville pour y accueillir une éventuelle zone d’innovation.

La manne de la cybersécurité

Conscient d’avoir négligé la cybersécurité pendant trop longtemps, le gouvernement du Canada a annoncé, en 2018, un investissement de 507 millions $ sur cinq ans pour appuyer sa nouvelle stratégie en la matière. Les investissements seront par la suite de 108 millions $ par année. Le financement comprend 155 millions $ pour créer le Centre canadien pour la cybersécurité.

L’organisme a été institué en 2018 et a depuis publié plusieurs rapports, notamment sur l’évaluation des cybermenaces ainsi que sur le risque qui pèse sur le processus démocratique du Canada. Le centre a pignon sur rue sur la promenade Vanier et doit être pleinement opérationnel en 2020.

La GRC va aussi bénéficier d’un financement de 116 millions $ sur cinq ans pour mettre sur pied une Unité nationale de lutte contre la cybercriminalité. Services partagés Canada va aussi bénéficier d’une somme de 220 millions $ afin de mieux protéger les réseaux et les données du gouvernement. 

Le gouvernement fédéral identifie la cybersécurité comme un secteur d’innovation et de débouchés économiques important pour les prochaines années. Ce secteur représente actuellement 1,7 milliard $ du PIB du Canada et génère plus de 11 000 emplois à travers le pays.

Ottawa s’attend à ce que l’industrie de la cybersécurité connaisse une croissance de 66 % d’ici 2021 pouvant générer des milliers d’emplois supplémentaires au pays. Le fédéral invite le milieu universitaire et le secteur privé à travailler ensemble pour stimuler les investissements et favoriser la recherche dans le domaine.