La Ferme Moore et sa coopérative ont des difficultés financières qui remettent en question la relance de l’organisme.

Une relance difficile pour la Ferme Moore

La Ferme Moore n’est pas sortie du bois. Après avoir cessé ses activités quelques mois en début d’année, la coopérative est toujours plombée par des difficultés financières. Des divergences d’opinions survenues au cours des derniers mois au sein du conseil d’administration concernant la relance de la ferme ont forcé le président et le directeur général à démissionner, a appris Le Droit.

Une éclaircie semble toutefois de profiler à l’horizon. Le nouveau président de la coopérative, Pablo Berlanga, qui est aussi président d’Apicentris, un organisme voué à l’apiculture partenaire de la ferme depuis ses débuts, est enthousiaste face à la mobilisation des partenaires et à l’engagement du conseil d’administration dont plusieurs nouveaux membres ont été élus en mai dernier. La Commission de la capitale nationale (CCN), propriétaire du terrain, a procédé à l’irrigation du champ. La culture maraîchère pourra reprendre dès le printemps prochain.

M. Berlanga explique cependant que si la ferme veut consolider financièrement sa mission de mise en valeur de l’écologie, de l’agriculture urbaine et du patrimoine, elle doit nécessairement s’ouvrir à d’autres sources de financement qui ne seront pas toujours nécessairement en lien avec sa première raison d’être. « La mission de la ferme ne change pas, mais il faut accueillir des activités qui permettront d’être financièrement viable, explique M. Berlanga. Nos mots d’ordre sont coopération et ouverture. Il y a énormément de partenaires qui ont toutes sortes d’intérêts et qui nous proposent toutes sortes d’activités qui offrent des possibilités de financement. On invite les gens à venir nous visiter et ceux qui souhaitent devenir des partenaires, qu’ils viennent nous lancer leurs idées. Nous sommes ouverts. »

M. Berlanga admet aussi que la Ferme Moore n’est pas aussi connue de la population qu’elle devrait l’être. « Il y a eu de grosses lacunes au niveau du marketing dans le passé, dit-il, et ce sera résolument un élément sur lequel le nouveau conseil d’administration mettra beaucoup d’efforts. Pour que la ferme soit viable, il faut que les gens, d’abord du quartier, mais aussi de tout Gatineau s’approprient ce lieu. » 

Une importante rencontre des différents partenaires de la Ferme Moore a eu lieu le 28 août dernier. ID Gatineau, la Coopérative de développement régional Outaouais, la CCN, Tourisme Outaouais et la Ville de Gatineau y ont tous dépêché des représentants. 

« La Ferme n’est pas encore au bout de ses peines, pas encore, mais avec autant de gens qui souhaitent le succès du projet autour de la table, j’ai très bon espoir, indique le conseiller du quartier, Jocelyn Blondin. Nous avons eu une rencontre très encourageante. »

Le conseil d’administration de la Ferme Moore analyse actuellement plusieurs possibilités qui permettraient à la coopérative de retrouver son élan. M. Blondin explique que des approches seront bientôt faites auprès du Cégep de l’Outaouais et de l’Université du Québec en Outaouais. 

« La Ferme Moore pourrait devenir un lieu de formation », dit-il. 

Marché public régional

L’idée d’accueillir un éventuel marché public régional à la Ferme Moore a déjà été lancée et elle continue de faire son chemin dans la tête des administrateurs. 

« Ce sujet n’a pas encore fait l’objet de discussions, mais nous sommes conscients que c’est un manque dans la région et que la Ferme Moore serait l’endroit idéal pour l’accueillir. Nous considérons l’idée parce que ça permettrait de créer un achalandage important et d’attirer une clientèle régulière. » 

Le conseiller Blondin est aussi d’avis que cette opportunité doit être étudiée sérieusement.

+

Délaisser la coopérative pour l’OBNL

Fondée en coopérative de solidarité, la Ferme Moore pourrait changer de modèle de gouvernance et migrer vers le statut d’organisme à but non lucratif afin, notamment, de pouvoir profiter d’une exemption de taxes municipales. 

La Ville de Gatineau avait relayé cette demande de la coopérative à la Commission municipale du Québec en février dernier, mais le modèle coopératif actuellement en place ne le permet pas. Le président de la Ferme Moore, Pablo Berlanga, explique que les revenus engendrés par les activités de la ferme ne sont pas compatibles avec une telle demande. «Nous sommes en fait une entreprise, dit-il. Il faudrait que tous nos revenus proviennent d’activités d’organisme à but non lucratif. La discussion est en cours, nous analysons tout ça, on pourrait envisager de passer du modèle coopératif à celui d’OBNL», dit-il.