Gatineau demeure l’une des rares municipalités ayant une zone agricole sans avoir un inspecteur agraire au sein de son administration pour faire respecter les règlements et les droits liés à une activité agricole.

Une réglementation et une gouvernance mal adaptées aux réalités agricoles

La « faible connaissance du secteur agricole », la « gouvernance locale » et une réglementation « peu adaptée » ont été identifiées comme des faiblesses que la Ville de Gatineau devra tenter de corriger avec la mise en place de son Plan de développement de la zone agricole (PDZA) prévue au courant de l’été prochain.

Le président de la section des Collines-de-l’Outaouais de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Stéphane Alary affirme que le premier enjeu pour les agriculteurs gatinois est très terre à terre. « C’est la réglementation municipale, lance-t-il. La Ville doit mettre en place une réglementation adaptée à notre industrie, une réglementation qui ne traite pas les agriculteurs comme n’importe quel autre homme d’affaires, commerçant ou entrepreneur. Actuellement, les agriculteurs sont soumis aux mêmes règlements que tout le monde. Si je veux couper un arbre sur ma terre parce qu’il est mort, j’ai besoin d’un permis comme n’importe qui à Gatineau. Ce n’est pas un commerce comme un autre qu’un agriculteur fait vivre. »

L’énoncé de vision proposé par le consultant embauché par la Ville pour la réalisation de son PDZA propose d’ailleurs la mise en place d’une gestion administrative « plus encourageante » et une adaptation de la réglementation municipale au contexte de développement des entreprises agricoles. 

Gatineau demeure l’une des rares municipalités ayant une zone agricole sans avoir un inspecteur agraire au sein de son administration pour faire respecter les règlements et les droits liés à une activité agricole.

M. Alary ajoute que d’avoir une ressource municipale dédiée à faire le lien entre les agriculteurs et l’administration serait un avantage indéniable. « Ça prendrait quelqu’un capable de mailler les entreprises agricoles pour développer des projets collectifs et faciliter la mise en marché », dit-il. La réponse à ça pourrait se trouver dans le PDZA. Faciliter le cheminement des projets au sein de l’administration fait partie de l’énoncé de vision actuellement proposé.

RECHERCHE, INNOVATION ET TRANSFORMATION POUR DYNAMISER LA ZONE AGRICOLE

Les enjeux auxquels doit répondre le Plan de développement de la zone agricole (PDZA) de Gatineau sont nombreux, mais la Ville a la chance de pouvoir s’appuyer sur des « forces » à ne pas négliger pour permettre au secteur agricole de jouer pleinement son rôle comme moteur économique. 

La zone agricole gatinoise est collée sur un marché de plus d’un million de consommateurs. Cela se traduit par un fort intérêt de la part des agriculteurs, notamment ceux de la relève, pour l’agriculture dite de proximité. 

Le portrait de la zone agricole de Gatineau laisse d’ailleurs entrevoir plusieurs opportunités liées à la transformation, la recherche, l’innovation et l’agrotourisme. Le président de la section des Collines-de-l’Outaouais de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Stéphane Alary, estime que la Ville de Gatineau pourrait s’inspirer de ce qui se fait déjà dans la municipalité de L’Ange-Gardien où une plateforme agricole a été mise en place il y a quelques années pour favoriser le développement de projets de la relève. 

« Les jeunes peuvent y louer une petite superficie pour tester leur plan de production et leur modèle d’affaires, explique-t-il. Quand ils sont prêts à voir plus grand, cette relève cherche habituellement à acquérir une terre. Les projets sont souvent dans l’agriculture de proximité. Gatineau aurait très bien la capacité d’aller dans cette direction avec les terres en friche qu’elle détient. L’agriculture à Gatineau s’est très peu développée au fil des ans parce que la Ville ne réalisait pas le potentiel économique et de création d’emplois qu’elle avait. Là, il y a une prise de conscience et les choses changent. »