Un citoyen a décidé d’en appeler de la décision de la Ville d’autoriser la démolition du vieux presbytère Saint-Rédempteur.

Une procédure rarissime à Gatineau

Une procédure rarissime s’enclenchera officiellement, ce mardi, à Gatineau. Un citoyen a décidé d’en appeler de la décision de la Ville d’autoriser la démolition d’un bâtiment. Il s’agirait de la deuxième fois seulement depuis la fusion en 2002 qu’une telle situation se présente.

C’est l’ancien presbytère de la paroisse du Très-Saint-Rédempteur qui se trouve au cœur du litige. Depuis le 23 octobre dernier, la compagnie Katasa a l’autorisation du comité de démolition pour jeter à terre le vieil immeuble qui a connu de multiples transformations au fil des ans. Le promoteur, Sam Choweiri, souhaite utiliser le terrain pour agrandir la Résidence de l’Île. 

C’est tout sauf anodin d’en appeler de la démolition d’un immeuble. Ça requiert une séance spéciale du conseil municipal où siégeront les 18 conseillers et le maire. Il en coûte d’ailleurs 115 $  pour laisser la démocratie s’exprimer jusqu’au bout dans un enjeu de démolition à Gatineau. C’est le montant qu’a dû payer Bill Clennett pour forcer le conseil à se pencher sur ce dossier. « C’est un peu comme monnayer la démocratie », souligne-t-il. 

Les élus doivent maintenant déterminer une date à laquelle le conseil se réunira pour entendre les délibérations des parties intéressées. Le conseiller du quartier, Cédric Tessier, soutient que l’audience spéciale devrait avoir lieu en janvier et la décision finale en février. « Ce n’est pas la première fois [le recours à cette procédure], mais c’est très rare qu’un citoyen l’utilise, dit-il. De mémoire de fonctionnaires, il n’y a eu qu’un seul autre cas et ce n’était pas lors du dernier mandat. »

Huis clos

Bill Clennett reproche aux autorités municipales de s’être écartées de la Loi, le 23 octobre dernier, lors de l’étude du dossier de la démolition du vieux presbytère situé au 221, rue Saint-Rédempteur. « Après un court échange avec les parties impliquées, le comité de démolition a réclamé le huis clos pour délibérer et prendre sa décision, raconte M. Clennett. Je me suis opposé, mais ils ont insisté. Selon ma compréhension, ça ne respecte pas la loi. »

La Ville de Gatineau soutient que le huis clos au comité de démolition « n’est pas une situation inhabituelle ». Le site Web du ministère des Affaires municipales du Québec précise toutefois que « les séances sont publiques ». La porte-parole de la Ville, Catherine Desfossés, soutient qu’« un huis clos peut être demandé pour la délibération ». Cédric Tessier affirme avoir posé des questions à ce sujet, mais qu’il n’avait pas encore suffisamment d’information pour juger de la situation. Le ministère des Affaires municipales n’a pas donné suite à la demande de précision du Droit

Patrimoine ?

C’est la deuxième fois que l’entreprise Katasa du promoteur Sam Chowieri demande à pouvoir démolir l’ancien presbytère afin d’agrandir sa résidence pour aînés. La première fois, c’était en 2014. Une évaluation de la valeur patrimoniale avait déterminé que la perte de valeur patrimoniale du bâtiment avait été causée par de nombreuses modifications et ajouts au bâtiment au fil des ans. Une deuxième étude faite en 2017 a conclut la même chose. 

Katasa souhaite remplacer l’ancien presbytère qui contient actuellement 35 chambres par un nouvel édifice de 99 logements dont les trois premiers étages rappelleraient l’architecture de l’ancien édifice. 

Selon Bill Clennett, la valeur patrimoniale du bâtiment ne devrait pas être l’unique élément à prendre en considération dans ce dossier. « Autoriser la démolition serait une récompense au promoteur qui a fait les transformations à l’immeuble ». M. Tessier a indiqué vouloir obtenir toutes les informations comprises au dossier avant de faire connaître la position qu’il défendra lors de la séance du conseil municipal sur le sujet en janvier prochain.