Le président de Brigil, Gilles Desjardins, lors de la présentation de son projet

Une première impression réussie pour Brigil

À chaque grande ville sa signature, affirme l'entrepreneur Brigil, qui rappelle que les exemples sont multiples : Montréal a sa Place Ville-Marie, Toronto sa célèbre tour du CN, Mississauga ses tours Absolute, Chicago son Aqua Tower et New York son 432, Park Avenue.
Voilà que d'ici huit à dix ans, Gatineau devrait avoir sa propre icône avec la construction au 61 et 77, rue Laurier d'une tour de 55 étages baptisée Le Renaissance disposant d'un observatoire de 360 degrés, d'une tour de 35 étages nommée L'Alliance, sans compter l'aménagement d'un espace public qui portera le nom de Place des Peuples.
Même s'il n'a encore reçu aucune approbation de la Ville - puisque le zonage de ce secteur de la rue Laurier ne permet pas d'ériger un immeuble de plus de trois étages - le projet de mégacomplexe hôtelier et résidentiel évalué à 400 millions $ a semblé faire l'unanimité mardi soir lors d'une présentation publique organisée par Brigil au Musée canadien de l'histoire, en face du futur emplacement des immeubles.
Lors du dévoilement des maquettes architecturales, gardées secrètes depuis des semaines, le parterre composé de quelque 250 gens d'affaires, élus et citoyens a applaudi à tout rompre.
Le projet, annoncé comme le plus important investissement privé de l'histoire gatinoise et qui devrait rapporter à terme 8,1 millions en impôts fonciers, comprendra au total 320 chambres d'hôtel, 420 unités de condominiums, des restaurants et 55 000 pieds carrés de superficie commerciale. Un lien piétonnier menant vers le Vieux-Hull pourrait également être aménagé.
Le président de Brigil, Gilles Desjardins, qui a fait l'acquisition des terrains en 2013, n'a pas caché son enthousiasme face à la réaction des gens.
« Les gens ont été très emballés, alors comme promoteur, ça m'encourage. Je suis optimiste. Je rêvais d'un projet d'une telle envergure depuis une trentaine d'années, mais j'étais à la recherche du site idéal. [...] Ça va apporter de la visibilité et de la fierté à Gatineau. C'est un immeuble icône, au même titre que Paris et sa tour Eiffel. La beauté, c'est qu'avec l'observatoire au sommet, on offrira aux gens une vue imprenable sur toute la région. Et ce sera le plus bel endroit pour prendre le Parlement en photos », affirme l'homme d'affaires.
Aucun échéancier précis n'a encore été établi, mais advenant que le conseil municipal donne son aval au projet, les travaux ne s'amorceraient pas avant 2017, soutient M. Desjardins, qui mentionne que la tour de 55 étages nécessitera quatre ans de construction. Quant à l'ensemble du projet, il ne devrait pas être complété avant 2025.
Une ombre au tableau
Question d'apaiser les craintes de certains résidents des environs, qui pensent que les deux tours pourraient créer de l'ombrage, notons que Brigil a réalisé une étude d'ensoleillement, laquelle conclut que les ombres projetées par les immeubles seront minimes au printemps et à l'été, mais assez notables en période hivernale.
Appelé à réagir au sujet du projet de Brigil, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin a maintenu sa position des dernières semaines en affirmant qu'il ne compte pas se prononcer avant la tenue de la consultation publique prévue le 15 juin.
M. Desjardins dit respecter la réaction du maire, ajoutant qu'un centre de présentation situé au 61, rue Laurier, sera ouvert dès aujourd'hui pour la population qui souhaite en savoir davantage sur le projet d'envergure qui n'en est encore qu'à un stade préliminaire. Une exposition, une projection visuelle 3D et de la documentation sont disponibles sur place.