Babe Ruth et Lou Gehrig au parc Dupuis à Hull en octobre 1928.

Une place spéciale pour Gatineau au futur Musée du Panthéon des sports du Québec

La collection du Musée des sports de Gatineau ne tombera pas dans l’oubli en étant déménagée à Montréal, assure le président du Panthéon des sports du Québec, Jacques Baril. Elle sera intégrée à celle du futur musée québécois des sports qui doit être aménagé d’ici 2026 dans la tour du Stade olympique, un projet de plusieurs millions de dollars.

« Notre idée n’est pas d’assimiler le Musée des sports de Gatineau, mais de lui permettre de survivre, insiste M. Baril. Il deviendra un partenaire du Musée des sports du Québec. Il aura un endroit particulier dans ce futur musée, ainsi que l’espace nécessaire pour entreposer sa collection qui demeurera toujours accessible pour votre région. Notre prétention n’est pas d’acquérir ces biens historiques et ces artefacts, mais de les protéger et les mettre en valeur pour que toute la population puisse les apprécier. »

Le Droit révélait, mardi, que faute d’espace et de partenaire régional pour protéger ses artefacts et ses documents d’archives, le Musée des sports de Gatineau avait entamé les discussions avec le Panthéon des sports du Québec pour y déménager la totalité de sa collection à Montréal. Le déménagement doit avoir lieu plus tard cet automne, précisait le président du musée gatinois, Jean-Claude Trottier.

M. Baril précise que des discussions sont en cours avec la Régie des installations olympiques ainsi que les gouvernements fédéral et provincial pour aménager le futur musée provincial. Selon nos informations, le projet avoisinerait les 20 millions $.

« Le Québec est la seule province à avoir eu les Jeux olympiques, mais qui n’a toujours pas de musée des sports à l’intérieur de ses installations sportives, dit-il. Nous avons déjà les dessins architecturaux de l’aménagement du futur musée et le plan d’affaires. On sollicite un apport gouvernemental dans ce dossier. Les discussions sont positives. Personne ne s’oppose à la mise en place d’un tel musée au Québec. Il reste à obtenir le financement. L’objectif est d’avoir un musée ouvert et fonctionnel pour 2026, pour fêter les 50 ans des Jeux olympiques de Montréal. »

Courir contre Bruny Surin

Les plans de ce futur musée ne sont évidemment pas définitifs et pourront continuer d’évoluer au cours des prochaines années, mais déjà, M. Baril entrevoit une infrastructure muséale qui n’a rien à voir avec l’image d’un musée que se font les gens.

« On ne parle pas d’un musée contemplatif, avec de longues plaques à lire, dit-il. On pense, par exemple à un simulateur pour faire une descente de bobsleigh, ou encore à une piste d’athlétisme où les gens pourront se mesurer à Bruny Surin avec des écrans allant du plancher jusqu’au plafond, mentionne le président du Panthéon des sports du Québec. Il y aurait aussi une grande place de réservée à la science du sport et à l’avancement des technologies dans le sport. Tout ça pourrait être relié aux téléphones portables des visiteurs. »

M. Baril répète qu’il n’y aura jamais d’empêchement à ce que la collection du Musée des sports de Gatineau puisse revenir dans la région si tel était le souhait éventuel des dirigeants du musée.

+

UN MUSÉE RÉGIONAL ET ÇA PRESSE, DIT LE MAIRE

C’est à regret que le maire Maxime Pedneaud-Jobin a appris, cette semaine, que le Musée des sports de Gatineau s’apprêtait à déménager la totalité de sa collection à Montréal. 

« Je ne suis pas content que ça sorte de la région, mais en même temps, ça permettra de protéger les artefacts », a-t-il affirmé. 

Faisant écho aux propos tenus plus tôt cette semaine par le directeur général du Réseau du patrimoine de Gatineau et de l’Outaouais, Louis-Antoine Blanchette, le maire de Gatineau affirme que la solution pour éviter l’exode du patrimoine gatinois réside dans la construction d’une véritable infrastructure muséale régionale capable d’entreposer et gérer des collections d’artefacts. L’Outaouais est la seule région du Québec à ne pas disposer d’un musée régional. 

« Le cas du Musée des sports confirme que ça presse et que le dossier du musée régional doit avancer et que Québec doit accepter de le financer, a-t-il dit. J’ai déjà dit qu’à mon avis le délai pour déposer ce projet est un peu long. Il faut que ça aille rapidement. »

M. Pedneaud-Jobin ne souhaite cependant pas pointer du doigt le Réseau du patrimoine pour la vitesse à laquelle avance le dossier du musée régional. « À leur défense, il n’y a jamais eu un projet qui avait réuni tout le monde du patrimoine, explique-t-il. C’était toujours compliqué. Il y avait des chicanes. Là, le Réseau a réussi ça et ça relève de l’exploit. Si le Réseau juge que c’est le temps que ça prend pour conserver ce consensus, je ne me chicanerai pas, mais je continue de dire que ça presse. »