De nombreux élèves, entre autres de première secondaire, doivent traverser à l'heure de pointe l'intersection de la rue Front et du boulevard des Allumettières, dans le secteur Aylmer. 
De nombreux élèves, entre autres de première secondaire, doivent traverser à l'heure de pointe l'intersection de la rue Front et du boulevard des Allumettières, dans le secteur Aylmer. 

Une intersection «périlleuse» pour des écoliers à Gatineau

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Inquiet pour la sécurité des enfants, un père de famille du secteur Aylmer ne sait plus vers quel saint se vouer pour se faire entendre et dénonce que les instances municipales et scolaires ne cessent de lui servir «la même cassette» lorsqu'il les interpelle au sujet d'une intersection très achalandée qu'il qualifie de dangereuse pour les écoliers.

La fille de 12 ans du Gatinois Yanick Savoie se rend à l'école à pied tous les matins et doit traverser l'intersection du boulevard des Allumettières et de la rue Front, où l'on compte quatre voies par direction. 

Comme 230 autres élèves de la voie générale de la première secondaire de l'école secondaire Grande-Rivière, elle fréquente temporairement l'école des Tournesols en raison de la surpopulation à l'établissement de la rue Broad. Pour arriver à destination, elle doit toutefois traverser une intersection qui est la source de stress à la fois pour elle et ses parents. Plusieurs élèves doivent converger vers le nord alors que, selon son père, le corridor piétonnier a été conçu à l'époque «exclusivement» pour le quartier situé au nord des Allumettières.

M. Savoie a donc entrepris ces dernières semaines de vérifier à la fois auprès de l'école, du Centre de services scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSSPO), de la Ville de Gatineau et du ministère des Transports du Québec (MTQ) si des mesures concrètes pourraient être mises de l'avant pour sécuriser l'intersection où plusieurs centaines de véhicules circulent chaque heure et où la flèche autorisant le virage à droite des automobilistes apparaît au même moment où le feu pour piétons apparaît.

«J'ai essayé de contacter tout le monde, mais chaque fois on me rabattait les oreilles en me disant que les brigadiers, par exemple, ce n'est pas pour les élèves du secondaire. Je comprends ça, mais est-ce qu'on peut faire autre chose? Il pourrait y avoir du marquage sur la chaussée, un changement à la programmation du feu de circulation, l'ajout de panneaux pour avertir qu'il y a une traverse de piétons et une zone scolaire. On pourrait aussi réduire la limite de vitesse sur ce tronçon. Je n'en ai aucune idée, les spécialistes ce sont eux. Est-ce que j'en demande vraiment trop?», se désole-t-il.


« Je suis juste un papa inquiet pour sa fille quand elle va à l'école et quand je manifeste mon inquiétude aux responsables, j'ai l'impression d'être dans les 12 travaux d'Astérix. Tout le monde se renvoie la balle. »
Yanick Savoie
Le père de famille Yanick Savoie déplore que les différentes instances ne soient pas en mesure de lui répondre pour un aspect aussi «élémentaire».

Déplorant le manque de collaboration et s'attristant de devoir se tourner vers les médias pour faire avancer une requête aussi «élémentaire» à ses yeux, ce dernier souligne avoir l'impression «de demander qu'on construise une passerelle au-dessus du boulevard avec des investissements de plusieurs millions de dollars», alors que ce n'est vraiment pas le cas, dit-il au Droit.

«Je ne veux pas créer de problème, je suis de bonne foi et je ne cherche pas une notoriété quelconque. Je suis juste un papa inquiet pour sa fille quand elle va à l'école et quand je manifeste mon inquiétude aux responsables, j'ai l'impression d'être dans les 12 travaux d'Astérix. Tout le monde se renvoie la balle. Et je ne suis pas en train de débattre si ma fille peut porter des jeans troués, je parle de se rendre à l'école en sécurité», affirme M. Savoie.

L'intersection de la rue Front et du boulevard des Allumettières.

Avec le boum démographique dans le secteur, il souligne que le flot de circulation a beaucoup augmenté et que de nombreux conducteurs sont impatients, «feignant immanquablement de ne pas voir les piétons» pour essayer de faire le virage à droite avant de les laisser traverser, si bien que le ton monte parfois.

Le CSSPO et la conseillère Bureau réagissent

Le CSSPO affirme avoir posé des actions à la suite de la plainte de M. Savoie. «Le CSSPO a entrepris des démarches auprès de la Ville de Gatineau afin que le feu de signalisation soit modifié pour ajouter un feu donnant priorité aux piétons», a indiqué l’organisation par écrit. Disant avoir à coeur la sécurité de ses élèves marcheurs, elle ajoute toutefois «qu’après vérification auprès du MTQ, le marquage au sol de cette intersection est conforme aux normes».

Précisant ne jamais avoir été interpellée pour cette intersection, la conseillère municipale Audrey Bureau affirme avoir offert à M. Savoie son aide pour faire cheminer ce dossier. «S’il pense que mon intervention est nécessaire pour faire la lumière là-dessus, je lui réitère mon offre afin qu’il ne se retrouve pas dans un jeu d’acteurs qui se relancent la balle», dit l’élue.

Si elle dit être en accord qu'il devrait y avoir un laps de temps réservé uniquement aux piétons avant que les automobilistes puissent faire un virage, Mme Bureau précise cependant que «nonobstant le fait que ce n'est peut-être pas adéquat, le Code de la sécurité routière prévoit toujours que les piétons ont priorité, alors c'est aussi une question de sensibilisation des automobilistes, qui doivent céder la place».