Le terrain situé au 1415, rue Saint-Louis à Gatineau est considéré comme une « infrastructure naturelle » par des spécialistes en écohydrologie.

Une «infrastructure naturelle» à préserver

De plus en plus de villes au Québec font des efforts particuliers pour préserver des terrains comme celui du 1415, rue Saint-Louis afin de mieux contrôler les eaux sur leur territoire, affirme une spécialiste en écohydrologie de l’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT) de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Audrey Maheux.

« De manière générale, ce type de terrain est une infrastructure naturelle qui joue un rôle important pour favoriser l’infiltration de l’eau, dit-elle. Ça agit comme une éponge dans leur secteur. Il y a de plus en plus de villes qui misent beaucoup sur ce type d’infrastructures naturelles plutôt que d’investir des sommes importantes pour construire des bassins de rétention. Ce n’est pas nouveau, mais c’est un mouvement qui prend de l’ampleur. Beaucoup de villes comprennent maintenant qu’il faut une diversité de solution pour faire face, parfois, à des événements extrêmes. »

Le directeur général du Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO), Benoît Delage, estime que Gatineau a encore beaucoup de chemin à faire avant de prouver qu’elle adhère aux nouvelles tendances en matière d’environnement et d’adaptation aux changements climatiques. 

« Les gens sont au courant des changements climatiques, mais nous ne sommes pas prêts à leur faire face, dit-il. Il faut s’adapter et à ce chapitre, les gens d’affaires de la région, les élus et les fonctionnaires ne sont visiblement pas rendus là. Le dossier du terrain sur Saint-Louis en est le meilleur exemple. »

M. Delage est convaincu que Québec n’accordera jamais la modification au schéma d’aménagement que défendent une majorité d’élus à la table du conseil municipal de Gatineau pour permettre à l’homme d’affaires Normand Poirier d’y développer un projet commercial d’envergure. 

« Si Gatineau ne le comprend pas, les experts à Québec vont bloquer ça, dit-il. Les villes doivent s’adapter aux changements climatiques et ce terrain-là doit servir à ça et non pas à construire par-dessus. Le monde se redéfinit rapidement. On ne peut plus faire comme avant. Ce promoteur doit, selon moi, faire le deuil de son projet à cet endroit. »