La Ville de Gatineau a octroyé à Derichebourg un contrat valide de 2017 à 2021 pour la collecte des matières résiduelles.

Une grève pourrait perturber la collecte des matières résiduelles à Gatineau

La collecte des matières résiduelles à Gatineau pourrait être perturbée dès la fin du mois alors qu’une menace de grève plane au-dessus de l’entreprise Derichebourg.

La suite des choses dépendra de l’issue de la ronde de négociations de la dernière chance prévue mercredi entre l’employeur et le syndicat. Les 70 employés de la multinationale européenne sur le territoire gatinois, affiliés à Unifor, sont en quête d’une première convention collective, mais les discussions achoppent sur quelques aspects, principalement la rémunération. 

À l’issue de ce dernier sprint de négociations, une grève pourrait être déclenchée si les deux parties ne parviennent pas à une entente. 

Par contre, comme l’enlèvement des ordures ménagères est assujetti dans une certaine mesure à la Loi sur les services essentiels, il ne pourra y avoir en cas de débrayage une interruption complète du service de ramassage des matières résiduelles. 

« On a une rencontre à l’horaire, sauf que c’est clair que si on ne s’entend pas, on va déposer un préavis de grève. Il y aura un protocole à suivre et nous n’en sommes pas encore là, mais on a le mandat de le faire. D’un autre côté, il est évident qu’on espère l’éviter. [...] On doit s’entendre, car c’est sûr qu’il y aurait un impact sur la collecte », explique le représentant d’Unifor, Normand Nault. 

Ce dernier rappelle qu’un préavis doit être acheminé au minimum sept jours ouvrables avant le déclenchement de la grève et qu’il reviendra au syndicat et à l’employeur de s’entendre sur la nature des services à maintenir. Si les parties n’arrivent pas à le faire, ce sera au Tribunal administratif du travail (TAT) de trancher. S’il y a arrêt de travail, le tout ne s’enclencherait donc pas avant le 1er décembre, selon Unifor. 

Des critères précis seront évalués pour déterminer les services jugés essentiels. 

« Les services essentiels reliés à la collecte des ordures varient selon la durée de la grève, la fréquence habituelle des collectes et la saison. Ils varient également selon qu’il s’agit d’une collecte de matières putrescibles dans un secteur résidentiel ou de matières imputrescibles dans un secteur industriel », indique le TAT sur son site web. 

Du côté de l’employeur, on affirme qu’il est faux et prématuré de prétendre qu’il y aura débrayage, estimant que ce n’est qu’une stratégie consistant à resserrer l’étau. 

« Nous en sommes rendus au point monétaire, donc forcément, c’est le jeu des négociations. La grève totale n’est pas possible, alors c’est plutôt rassurant. Je crois que c’est simplement une façon de mettre plus de pression ou encore de la mauvaise volonté. Le syndicat nous a déjà avertis qu’il utiliserait son pouvoir de nuisance pour nous faire plier. On est encore très loin de cette étape-là, la première [le dépôt d’un préavis] n’a même pas été franchie », indique le directeur des activités pour Derichebourg, Cyrille Nottoli. 

Le syndicat prétend que les conditions de travail des employés sont loin d’être roses et que le taux de roulement atteint 200 %. La question salariale demeure le principal point en litige. 

« Les éboueurs gagnent 13 $ l’heure, je ne suis pas certain que les Gatinois s’imaginent cela. Quand Derichebourg a obtenu le contrat qui était auparavant détenu par Waste Management, les employés qui ont été réembauchés pour le même travail sont passés de 15 à 13 $ du jour au lendemain. Et là, Waste Management haussera le taux horaire à 16,10 $ dès 2019. On voudrait un rattrapage. La différence de 3 $ est énorme, c’est un emploi très physique », lance M. Nault. 

Invitée à réagir, la conseillère municipale et présidente de la Commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette, a affirmé qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter pour l’instant.

« On sait qu’ils sont en négociation pour une convention collective alors c’est normal qu’il y ait de la pression de part et d’autre. S’il y a effectivement une grève, la question des services essentiels s’imposera. On va demeurer vigilant », a-t-elle dit. 

Le géant Derichebourg s’est vu il y a deux ans octroyer par la Ville de Gatineau un contrat valide de 2017 à 2021 pour la collecte des matières résiduelles. L’entente de 45 millions $ inclut aussi trois années additionnelles en option.