Les Gatinois doivent s'armer de patience, car la situation en vue du grand nettoyage est encore «intense».

Une grande corvée de nettoyage

L'élan de solidarité vécu au cours des deux dernières semaines à Gatineau est appelé à se répéter la fin de semaine des 20 et 21 mai dans le cadre d'une première grande corvée de la solidarité.
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a annoncé vendredi que cette grande corvée consistera en « opération de ramassage de sacs de sable » dans les quartiers touchés par les inondations historiques ayant frappé la région.
« On veut canaliser la volonté extraordinaire des gens de Gatineau de donner un coup de main », a souligné le maire. Cette grande corvée sera coordonnée par les autorités municipales. Les bénévoles - qui devront être âgés de 16 ans et plus - seront invités à se rendre à l'un des quatre points de ralliement, soit le centre Robert-Guertin, l'aréna Duchesnay, l'aréna Baribeau et le centre Robert-Rochon. Des autobus de la STO les conduiront alors dans les quartiers.
« On procède comme ça parce que depuis le début, un des défis, c'est de gérer la solidarité et on ne veut pas congestionner les endroits où il y a du travail à faire, parce qu'il va y avoir des camions qui vont passer pour ramasser les sacs », a expliqué le maire.
La Ville pourra ensuite réutiliser le sable pour effectuer du remplissage lors de la construction de nouvelles rues. Le maire a précisé que les citoyens ne doivent pas l'utiliser, puisqu'il est contaminé.
Deux départs seront organisés chaque jour (vers 8 h et 13 h 30), dans l'objectif que les bénévoles ne passent pas plus de deux heures et demie à ramasser des sacs, puisque le sable gorgé d'eau les rend « très lourds ». Les détails sont disponibles sur le site Internet de la Ville.
Il n'est pas impossible qu'une autre corvée soit organisée dans les semaines suivantes, puisque certaines rues pourraient ne pas être assez sécuritaires lors de la première.
« On y va en fonction de la décrue et de l'accessibilité des rues, donc les points où on va vouloir travailler vont être en fonction de la sécurité et des inspections qu'on va avoir faites sur ces rues-là, a indiqué M. Pedneaud-Jobin. C'est pour ça que ça pourrait recommencer dans un deuxième temps, la fin de semaine suivante ou l'autre après. »
Des conteneurs pour les déchets domestiques ont aussi été installés dans les quartiers concernés afin que les résidents puissent se débarrasser rapidement de leurs biens n'ayant pas pu être sauvés des inondations.
Patience
Comme la situation est encore « intense » par endroits, le maire a invité les sinistrés à faire preuve de patience avant de retourner chez eux, car plusieurs artères sont affectées par des trous sous la surface, de l'asphalte arraché ou des affaissements non visibles.
 « On le sait que c'est difficile, les gens veulent retourner dans leur maison le plus rapidement possible, mais nos policiers essayent et doivent limiter l'accès à certaines rues, a mentionné M. Pedneaud-Jobin. Ce n'est pas parce qu'ils veulent le faire, ce n'est pas parce qu'on est trop prudent, c'est parce que la réalité le nécessite. »
Le lieutenant-colonel du 12e Régiment blindé du Canada, Éric Landry, a pour sa part fait savoir que « les patrouilles  continuent » pour ses troupes, en appui aux équipes municipales, que ce soit pour surveiller les niveaux de l'eau ou l'état des infrastructures. « Tant qu'il y a un besoin que l'armée reste, l'armée va rester, a-t-il ajouté. Présentement, il y a toujours des enjeux de sécurité, il y a toujours des tâches que mes soldats font qui aident beaucoup, que ce soit la police ou les pompiers. Donc tant que ça va être le cas, je ne vois pas pourquoi on partirait. »
Répit pour les familles sinistrées
Un groupe d'animateurs, d'intervenants et d'étudiants a trouvé un moyen original d'offrir un répit aux familles touchées par les inondations. 
Ils proposent une journée d'activités, samedi, sur le terrain de l'aréna Campeau. 
Ce groupe espère ainsi offrir un répit aux parents et permettra à tout le monde de se changer les idées pour un instant. 
Des étudiants en travail social et en psychologie seront sur place pour offrir leur aide à tous ceux qui vivraient les sinistres de façon plus difficile. Pour l'occasion, on invite les bons samaritains à apporter des collations pour les sinistrés rassemblés. 
On demande toutefois d'éviter les produits qui peuvent susciter des réactions allergiques. 
Des boîtes seront également installées pour recueillir des vêtements et des denrées non périssables.