Une photo d'archives des Festivals de Hull, ancêtres des Olympiques de Gatineau.

Une existence liée à des projets de loi privés

Alors que les élus gatinois s'apprêtent, la semaine prochaine, à débattre et voter sur le projet du futur domicile des Olympiques après des mois, si ce n'est pas des années de querelles politiques, la revue d'histoire régionale Hier Encore rappelle, dans son tout nouveau numéro qui sort en kiosque le 23 février, que le tumulte et les jeux de coulisses ont fait partie intégrante de la naissance de cette organisation, il y a 40 ans.
Le hasard fait parfois bien les choses. Pour une deuxième fois de leur histoire, l'avenir des Olympiques pourrait être en partie déterminé par l'adoption d'un projet de loi privé à l'Assemblée nationale. 
Pierre Maltais, auteur du texte Des Festivals aux Olympiques : histoire d'un conflit, publié dans le 9e numéro d'Hier Encore, rappelle avec justesse que c'est par l'adoption d'un projet de loi privé, en juin 1976, que l'ex-Ville de Hull, alors dirigée par le maire Gilles Rocheleau, a obtenu le droit d'opérer la franchise de la Ligue de hockey junior majeure du Québec. 
C'est ainsi, après une longue querelle entre les deux principaux actionnaires et d'importantes difficultés financières qui ont fait couler beaucoup d'encre, que les Festivals sont devenus les Olympiques. Certains observateurs de l'époque ont affirmé que le maire Rocheleau avait tout manigancé afin de faire mal paraître l'un des propriétaires des Festivals, Claude Gratton, qui avait affronté le maire de Hull à l'élection à la mairie, un an auparavant. 
Dans les faits, la pagaille régnait depuis déjà longtemps parmi les actionnaires des Festivals. Miné par des difficultés financières évidentes, l'avenir des Festivals ne tenait plus qu'à un fil en 1976. Comme les propriétaires ne parvenaient pas à payer le dépôt de garantie du club, la ligue a demandé à la Ville de Hull de prendre la franchise en main. 
Les anciens propriétaires, Paul Grant et Claude Gratton, mettront fin à leurs querelles pour intenter une poursuite commune de 45 000 $ contre la Ville de Hull. Ils seront rapidement déboutés en Cour supérieure du Québec. 
Les Olympiques demeureront la propriété de la Ville de Hull jusqu'en 1985, lorsqu'un certain Wayne Gretzky a décidé d'en faire l'acquisition. 
Orphelinat Sainte-Thérèse
Le nouveau numéro d'Hier Encore consacre aussi plusieurs pages à l'Orphelinat Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus, dont le bâtiment est aujourd'hui occupé par le Conservatoire de musique de Gatineau, sur le boulevard Alexandre-Taché. L'auteur de l'article, Jean Delisle, y relate la vie des enfants qui ont eu le malheur d'y passer une partie de leur jeunesse.
Le texte rappellera sans aucun doute de douloureux souvenirs à plusieurs aînés de la région. L'orphelinat accueillait, évidemment, des orphelins, mais aussi des enfants de familles démunies, temporairement incapables de subvenir à leurs besoins. 
Tous les témoignages abondent dans le même sens, précise l'auteur. Dans les années 1930, les pensionnaires étaient élevés à la dure par les soeurs Chanoinesse des Cinq Plaies du Sauveur, dans un environnement complètement dénué de tendresse et d'affection, où la froide discipline absolue, voire terrifiante, était la norme. Les Soeurs Dominicaines du Rosaire ont pris la relève en 1941 en insufflant un peu d'humanité et de bonté à l'institution qui a finalement fermé ses portes en 1971.