Près de 150 personnes étaient présente lors de l’assemblée publique sur le projet de désignation patrimoniale pour le quartier du Musée.

Une consultation à guichets fermés

Signe que le sujet est encore chaud et le restera encore tout l’été, près de 150 personnes ont répondu à l’appel de la Ville de Gatineau lundi soir à l’occasion d’une assemblée publique de consultation sur le projet de désignation patrimoniale pour le quartier du Musée.

La rencontre était tenue devant le Comité consultatif d’urbanisme (CCU), qui a porté une oreille attentive aux commentaires et aura à délibérer dans les semaines à venir avant de soumettre une recommandation au conseil municipal le 3 juillet. Rien n’empêche toutefois celui-ci d’y apporter des amendements.

Chose certaine, la majorité des gens qui ont pris la parole au micro ont fait un plaidoyer en faveur de l’adoption de la citation pour la totalité du périmètre visé.

« Cette demande, c’est la plus importante des dernières années. Ce soir, vous allez sans doute émettre la recommandation la plus importante de votre mandat. Je suis profondément convaincu que le quartier mérite d’être préservé et mis en valeur pour les générations à venir. La Société d’histoire de l’Outaouais (SHO) compte sur vous pour assurer l’avenir de cet ensemble patrimonial exceptionnel », a lancé sous une salve d’applaudissements le président de la SHO, Michel Prévost, s’adressant directement aux trois élus et six citoyens membres du CCU, attablés devant lui.

Une citoyenne a quant à elle plaidé que ce quartier clé du secteur Hull et son environnement « font partie de notre histoire et de nos fondements », faisant même des parallèles avec le marché By, de l’autre côté de la rivière, qui, a-t-elle dit, « n’avait l’air de rien il y a 75 ans car il n’avait pas encore été mis en valeur. »

Pour sa part, l’entreprise Brigil, qui souhaite ériger deux tours de 35 et 55 étages sur ce site avec son projet Place des peuples, a réitéré qu’elle appuyait une citation patrimoniale « moderne, ouverte et flexible », une affirmation qui n’a pas manqué de faire rire et grincer des gens certains citoyens dans la salle.

« Soyons clairs : si vous proposez une citation patrimoniale qui permet cette cohabitation entre le moderne et l’ancien, avec des édifices en hauteur sur Laurier, nous allons l’appuyer pleinement et nous vous demandons même que cette citation inclue nos terrains. Par contre, si vous envisagez une citation à l’ancienne, qui s’éloigne des nouvelles pratiques et qui fige le développement dans une approche rigide, nous préférons en être exclus », a indiqué le directeur de l’urbanisme, du design urbain et de l’architecture de paysage chez Stantec, Steve Potvin.

Le président du CCU, Jocelyn Blondin, s’est fait avare de commentaires au terme de la rencontre, mais a tenu à souligner que même si le dossier soulève les passions, les esprits ne se sont pas échauffés.

« J’ai apprécié le fait que les gens étaient respectueux, autant ceux qui sont en faveur que ceux qui s’y opposent. Maintenant, nous allons délibérer à partir des commentaires que nous avons entendus. Moi-même, j’ai pris cinq pages de notes. On va ensuite prendre position et la soumettre au conseil. [...] Tout va être dans la balance », a-t-il commenté.

Preuve que le sujet est la source d’importantes dissensions et que deux visions s’affrontent, neuf élus dont le maire Maxime Pedneaud-Jobin se sont prononcés en faveur d’une protection patrimoniale lors d’un vote indicatif tenu il y a un mois, alors que les neuf autres s’y sont opposés.

C’est le 28 août que le conseil municipal tranchera une fois pour toutes sur la question, une décision qui aura nécessairement un impact sur la suite des choses pour le projet de Brigil.