Collecte des déchets a Gatineau avec le conseiller municipal Marc Carriere.

Une collecte pour démontrer la gravité de la situation

Le débat sur la gestion des déchets encombrants se poursuit à Gatineau. Pour illustrer l’étendue du problème, le conseiller de Masson-Angers, Marc Carrière, a décidé d’organiser une collecte dans son district.

« À la quantité de courriels que j’ai reçus, ça ne fonctionne pas par nombre de plaintes. Ce n’est pas comme ça qu’il faut travailler. On a vraiment une demande, c’est des services que les citoyens demandent. On a la preuve de ça. »

M. Carrière lance ainsi une flèche à sa collègue Maude Marquis-Bissonnette – présidente de la Commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement – qui s’appuyait sur le nombre de plaintes reçues au 3-1-1 pour affirmer que l’enjeu des encombrants à Gatineau n’est pas urgent.

« On dessert, à Gatineau, 130 000 portes. Il y en a 67 qui nous ont contactés pour des problématiques. Pour moi, qu’il y ait 67 requêtes pour 130 000 portes, ce n’est pas une situation alarmante », affirmait notamment Mme Marquis-Bissonnette.

Les citoyens de Masson-Angers ont reçu une invitation de Marc Carrière jeudi dernier. S’ils souhaitaient se débarrasser d’objets volumineux, ils n’avaient qu’à lui envoyer un courriel.

« Je traite juste ceux qui m’ont écrit par courriel. Sinon, on pourrait faire ça jour et nuit pendant je ne sais pas combien de temps », soutient M. Carrière.

Des changements « s’imposent »
Ce dernier ne pourra assister à la rencontre spéciale du conseil municipal prévue le 23 août prochain afin de discuter de la gestion des encombrants. Ça ne l’empêche pas d’indiquer ce qu’il souhaite voir se produire.


«  Je suis sûr et certain qu’on va se ramasser dans cette situation-là chaque mois.  »
Marc Carrière, conseiller de Masson-Angers

Marc Carrière se réjouit de la volonté exprimée par Maude Marquis-Bissonnette d’abolir les frais de 50 $ pour ceux qui se rendent directement au centre de transbordement afin de se défaire de leurs déchets. Cependant, comme son collègue Jocelyn Blondin, il croit que ce n’est pas suffisant et aimerait qu’il y ait au moins une collecte par mois pour les encombrants.

« Il y a des modifications à la politique qui s’imposent, entre autres avec le nombre de cueillettes. Partir de 26 à 4, c’est pas normal. Les gens n’étaient pas prêts à ça, explique M. Carrière. Ç’a du sens parce qu’on va se retrouver dans cette situation-là à chaque premier du mois, au moment où il y aura des déménagements. Je suis sûr et certain qu’on va se ramasser dans cette situation-là chaque mois. »

Des ajustements sont nécessaires, selon Bureau et Champagne

Les encombrants sont devenus un «vrai problème» qui ne peut plus être ignoré et qui mérite «absolument» des ajustements au Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) estiment les conseillers Daniel Champagne et Audrey Bureau.

«Je me suis promenée dans mon quartier et on a vraiment un problème, note la conseillère du quartier Aylmer, Audrey Bureau. On voit des divans, des matelas et des vieux meubles traîner. On commence à voir de plus en plus de résidus de construction jetés dans les milieux ruraux. Il faut faire preuve de souplesse. Il faut trouver une solution.»

Tous les élus ont été invités, à la demande de la conseillère Louise Boudrias, à une séance spéciale du conseil municipal  le 23 août prochain. Le conseiller Daniel Champagne rappelle que les citoyens s’attendent à ce que leurs élus «gardent la tête froide et posent des gestes» pour mettre fin à cette situation.

«Il faut garder en tête notre objectif de réduction de déchets, mais il faut absolument faire des ajustements», dit-il. Ce dernier affirme que la gestion des matières résiduelles pour les gens qui habitent dans des condominiums est plus complexe qu’envisagé au départ par la Ville de Gatineau. Il se désole aussi de la multiplication de dépôts sauvages de matériaux de construction dans les zones plus rurales.

Audrey Bureau est d’avis que la population comprend et adhère aux objectifs du PGMR, mais elle ajoute que ce n’est pas tout le monde qui a les moyens de transporter des encombrants à l’écocentre ou au centre de transbordement.

«Il faut faire preuve de souplesse, dit-elle. Deux solutions semblent émerger, à savoir une collecte d’encombrant sur appel au 3-1-1 ou encore une collecte une fois par mois. On pourrait commencer par faire preuve de souplesse et ensuite, progressivement, recommencer à réduire la fréquence des collectes lorsque les gens se seront habitués.»