La mairesse de Cantley, Madeleine Brunette
La mairesse de Cantley, Madeleine Brunette

Un veto de la mairesse soulève l’ire à Cantley

La mairesse de Cantley, Madeleine Brunette, a bloqué une résolution qui la concernait. Accusée par des conseillers municipaux d’avoir dépassé son rôle en ramenant un élu à l’ordre, la magistrate a utilisé son droit de veto vendredi, en séance extraordinaire, pour empêcher qu’un cabinet juridique examine les faits qui lui sont reprochés.

L’affaire remonte au mois de juin. Le conseiller du district des Lacs, Jean-Nicolas de Bellefeuille, a eu des discussions avec un fonctionnaire au sujet de la demande d’un citoyen. Le 2 juillet, la mairesse lui a envoyé une lettre de réprimande, le menaçant de « mettre une note à son dossier ».

Vendredi, le torchon brûlait entre la mairesse et les conseillers. Lors de la séance extraordinaire, Madeleine Brunette a expliqué avoir envoyé la lettre en son nom personnel, et non au nom du conseil municipal, afin d’exiger « le respect, comme notre Code d’éthique et de déontologie l’exige ».

M. de Bellefeuille soutient que ces allégations ne sont pas fondées. Il n’a pas émis d’autre commentaire.

Proposée par M. de Bellefeuille, la résolution 3.6 de cette séance prévoyait octroyer un mandat à la firme Dufresne Hébert Comeau Avocats pour un montant maximal de 1200$ afin d’examiner les rôles et responsabilités de la mairesse dans ce dossier. Cette firme représente habituellement Cantley en droit municipal, a expliqué le conseiller Aimé Sabourin au Droit. Pendant la rencontre, Mme Brunette a signalé son désaccord à plusieurs reprises en avançant que la même firme avait déjà émis un rapport semblable en 2016 et qu’un nouvel avis juridique représenterait un gaspillage de fonds publics. Elle a aussi proposé de donner deux mandats à deux firmes différentes ou d’embaucher une firme spécialisée en relations de travail « pour avoir de l’objectivité ».

Une majorité a voté en faveur de la résolution. Pressée par plusieurs conseillers de s'abstenir de se prononcer, Mme Brunette a rétorqué que le dossier devenait «personnel» et suggéré que M. de Bellefeuille paie de sa poche pour un examen légal. « J’ai exprimé, et j’exprime ma dissidence, a conclu la mairesse. Et j’informe le grand public que j’exerce mon droit de veto sur celle-ci. »


« On est en politique; les seuls qui peuvent nous juger, ce sont nos électeurs. »
Aimé Sabourin

Une majorité de conseillers ont voté en faveur de la résolution. « J’ai exprimé, et j’exprime ma dissidence, a conclu Mme Brunette. Et j’informe le grand public que j’exerce mon droit de veto sur celle-ci. »

M. Sabourin s’explique mal l’utilisation de ce veto. « On n’est pas des employés de la mairesse », a-t-il déploré après-coup. Selon le conseiller du district des Monts, la seule autorité qui puisse ramener les élus municipaux à l’ordre est le gouvernement provincial. « On est tous indépendants. Si on laisse ça passer, je pense qu’il y aura beaucoup de notes aux dossiers qui vont se faire donner quand quelque chose ne fera pas son affaire. » (…) On est en politique; les seuls qui peuvent nous juger, ce sont nos électeurs. »

Questionné lui aussi par Le Droit, M. Joanisse a reproché à la mairesse de trop souvent utiliser son droit de veto. « Je pense que c’est son quatrième ou cinquième veto en quelques années. Je n’ai jamais vu ça de toute ma carrière politique, s’est étonné l’ancien conseiller à Gatineau. Je pense que c’est de la mauvaise foi et je trouve ça inacceptable. »

Mme Brunette n’a pas retourné les messages du Droit.

Une autre séance extraordinaire aura lieu cette semaine. La résolution sera présentée de nouveau, de même qu’une nouvelle proposition voulant rémunérer deux firmes pour faire le même examen.