Le spécialiste du développement Yvon Leclerc prédit que les Gatinois ne reconnaîtront par leur centre-ville dans 25 ans.

Un tout autre centre-ville dans 25 ans

Les Gatinois se sont dotés, l’automne dernier, d’un conseil municipal apte à faire les choix qui s’imposent pour léguer aux prochaines générations un centre-ville digne de ce nom, croit l’auteur Yvon Leclerc.

«C’est un conseil qui compte beaucoup de jeunes volontaires ayant une ardeur communicative et qui partagent de belles visions du développement urbain, dit-il. L’ouverture est très favorable pour que les choix qui s’imposent se prennent à l’intérieur de ce mandat-ci.» 

Les Gatinois ne reconnaîtront plus leur centre-ville dans 25 ans si les élus continuent dans la direction prise il y a quelques années. 

«Le centre-ville sera beaucoup plus peuplé, prévoit M. Leclerc. Les gens vont vouloir s’y établir (...). Ce sera un centre-ville dont les Gatinois seront fiers et qui permettra à Gatineau de se positionner parmi les autres villes.» 

Le centre-ville qu’entrevoit le spécialiste du développement ne comprend toutefois pas les tours de 35 et 55 étages du promoteur Gilles Desjardins. 

«Il ne faut pas que ça arrive, affirme celui dont l’adhésion au parti Action Gatineau n’est pas un secret. C’est trop loin des attentes de la population. Ça me fait penser au projet gigantesque, complètement hors proportion, que certains promoteurs avaient dans le quartier Saint-Roch. La tendance actuelle est à la protection des cachets locaux et au respect de l’échelle humaine. Développer un centre-ville par la culture ça doit se faire dans le respect des hauteurs, des formes, des usages et de l’histoire du lieu. Le projet des tours, il faut cesser de prétendre le contraire, viendrait détruire tout un quartier.»

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La suite du dossier sur l’économie mauve à Gatineau. Le point de vue des artistes, la fin de la timidité dans le centre-ville et le rôle d’une nouvelle institution culturelle majeure.