Le député fédéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, s’est entretenu avec Aymen Derbali, un survivant de la fusillade de la grande mosquée de Québec, lors d’une cérémonie de commémoration tenue mardi soir au Centre islamique de l’Outaouais.

Un survivant de la tuerie de la mosquée de Québec accueilli en héros à Gatineau

Aymen Derbali, un survivant de la fusillade à la grande mosquée de Québec, a été accueilli en héros mardi soir au Centre islamique de l’Outaouais lors d’une cérémonie en mémoire des victimes de l’attentat meurtrier du 29 janvier 2017.

Quelque 150 personnes, incluant plusieurs politiciens municipaux, provinciaux et fédéraux, se sont réunies à la mosquée de Gatineau pour se souvenir des six hommes tués « sous les balles de l’ignorance », a spécifié la présidente du Centre islamique de l’Outaouais, Hayet Laggoune. Les personnes présentes à la soirée marquant le deuxième anniversaire de l’attentat ont aussi eu une pensée particulière pour les blessés et les familles de toutes les victimes de la fusillade.

Se déplaçant en fauteuil roulant en raison de sa paralysie, M. Derbali, qui a faut le voyage de Québec pour participer à l’événement, est demeuré philosophe dans ses propos lors d’une allocution. Il a appelé les gens à « aller vers l’autre et à essayer d’aider son voisin, ses proches ».

« Si on oppose le mal par une bonne action, l’ennemi peut devenir un ami très proche. Nous, dans les communautés musulmanes, nous avons l’obligation de nous ouvrir, d’aller vers l’autre », a précisé l’homme qui a été atteint de sept projectiles d’arme à feu venant du tireur Alexandre Bissonnette.

M. Derbali a signalé que la communauté doit encourager les jeunes à s’activer dans des organismes locaux.

« C’est vrai que nous avons organisé beaucoup de portes ouvertes, mais ce n’est pas suffisant. C’est l’action. C’est l’action concrète sur le terrain qu’il faut », a-t-il souligné.

Mme Laggoune a salué Aymen Derbali qui, a-t-elle dit, « trouve la force et le courage de continuer à mordre dans la vie bien que la sienne ait été complètement chamboulée depuis cette journée fatidique ».

encore du travail

Mme Laggoune a déploré que les progrès en matière du « vivre ensemble » depuis deux ans ne sont pas aussi séduisants que la communauté l’aurait souhaité.

« Chers concitoyens, chers décideurs. Notre responsabilité est partagée. La paix, la fraternité, la tolérance, le respect, la démocratie, l’écoute, l’inclusion de toutes les minorités sont des valeurs que nous devons chérir et promouvoir pour que notre société soit une société plus forte, une société plus inclusive, plus harmonieuse, et exempte de discrimination », a-t-elle suggéré.

L’imam de Gatineau, Ahmed Limame, a indiqué que les jours, les semaines et les mois qui ont suivi l’attaque de Québec n’ont pas été faciles puisque la communauté continue d’être témoin d’islamophobie et de haine envers les musulmans. Il a cependant précisé que personne n’est à l’abri de tels actes, « des signes de maladie dans la société ».

« Nous observons aujourd’hui même des signes de telle maladie dans diverses régions du monde, comme des attaques contre des églises, des synagogues et des mosquées. Ce sont des manifestations du rejet, d’actes antisémites et islamophobes », a-t-il précisé, signalant du même élan que tout le monde a la responsabilité d’aider à éliminer la haine.

À cet égard, dans un message du premier ministre Justin Trudeau livré par le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, M. Trudeau a indiqué que le rassemblement en ce deuxième anniversaire de la fusillade rend hommage aux victimes de la tragédie, et montre que « nous continuerons à lutter ensemble contre toute forme de haine et de discrimination ».

La fusillade au Centre culturel islamique de Québec a coûté la vie à Ibrahima Barry, 39 ans, Abdelkrim Hassane, 41 ans, Mamadou Tanou Barry, 42 ans, Aboubaker Thabti, 44 ans, Azzeddine Soufiane, 57 ans, et Khaled Belkacemi, 60 ans.